Spirou : Les septante ans d’un groom

24 avril 2008 1 commentaire
  • Créé par Robert Velter alias Robvel en avril 1938, Spirou reste en dépit de son costume rouge, toujours vert. Hier soir, le grand hôtel bruxellois Le Métropole faisait la fête au groom, à l’occasion de la sortie du récent album d’Émile Bravo, Spirou, le journal d’un ingénu.

Cela aurait une soirée de lancement comme les autres, si ce n’était le lieu : L’Hôtel Métropole, un endroit où Albert Einstein avait ses habitudes depuis qu’il y était venu pour assister aux congrès Solvay avec Marie Curie, Max Planck ou Henri Poincaré. Si ce n’était le moment aussi : l’arrivée à la tête de Spirou de l’éditeur Frédéric Niffle qui augure bien des changements dans la vie du journal. La transformation est en cours et le journal a été remis à plat, comme le confirme l’intéressé qui s’en explique dans nos colonnes en répondant aux questions de Nicolas Anspach.

Spirou : Les septante ans d'un groom
Comble du raffinement, Emile Bravo portait les couleurs de Spirou
(c) N. Anspach

Selon les confidences recueillies hier soir, le nouveau patron éditorial de Dupuis, Sergio Honorez, attend que le magazine de la bonne humeur soit remis en ordre avant d’y débouler pour bousculer l’ordre établi. Si l’on comprend bien les propos de Frédéric Niffle, il s’agit de récupérer toutes les bonnes idées que Spirou a produites depuis 70 ans et de faire entrer de nouveaux talents dans la « famille ». Il semble bien que l’ « esprit Spirou » mis en avant lors de la crise de 2006 ait marqué les esprits.

Parmi les convives, plusieurs animateurs de l’histoire du journal, notamment Alain De Kuyssche, rédacteur en chef historique du Spirou de la période « hauts de page » et qui fait partie de l’équipe qui a réfléchi sur la refonte actuelle du journal. Tome ou Yann étaient aussi de la fête, ainsi que le ban et l’arrière-ban des responsables de la maison de Marcinelle.
Bravo était bien entendu le héros du jour.

Philippe Tome
(c) N. Anspach

Simple, sympathique, il n’a pas « le melon ». Quand on l’interroge sur la façon dont il s’est documenté sur les éléments « belges » de l’album, il explique que cela ne l’a pas vraiment turlupiné. Tout au plus demandait-il à son éditeur Benoît Frippiat des conseils : « Où y a-t-il un lieu un peu romantique à Bruxelles, où des amoureux pouvaient se retrouver ensemble à la fin des années trente ? » lui demanda-t-il. Voilà pourquoi Spirou et sa copine (dont on ne sait pas plus le nom que lui) se retrouvèrent au Bois de la Cambre… Ils étaient d’ailleurs présents hier soir, nos jeunes héros, des acteurs incarnant le groom et la soubrette, cette dernière espionnant toutes les conversations que pouvait tenir un soldat nazi en uniforme avec les invités de la soirée. Ce n’est pourtant pas le Métropole qui a été le haut lieu de la collaboration avec l’Allemagne, mais bien l’Hôtel Plaza à cent mètres de la place de Brouckère.

Une petite fête sympathique où la famille Spirou se trouvait réunie après bien des péripéties. Le prochain numéro sort en kiosque ces jours-ci avec un supplément conçu par Lewis Trondheim. Un Grand Prix d’Angoulême, figure de la « nouvelle BD » venant donner main forte à un vieillard de 70 ans, coincé entre une page de Cauvin et une autre de Tome & Janry, voilà qui relève pour le moins du contraste. Au moins, c’est dans Spirou que cela se passe, ce qui le remet au cœur de l’actualité.

Les éditions Dupuis avait engagé la « La Compagnie des Bonimenteurs » pour animer la soirée. Ici, Spirou et sa copine...
(c) Nicolas Anspach

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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L’interview du rédacteur en chef de Spirou, Frédéric Niffle

Lire notre article sur l’album "Spirou : les origines d’un ingénu"

En médaillon : Hier soir, à l’Hôtel Métropole, des acteurs rejouaient des scènes du dernier Spirou.

Photo (c) N. Anspach

 
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