"Spoon & White T5" : Funky Junky

20 novembre 2003 0 commentaire
  • Je reproduis machinalement ses répliques, gave de pop-corn mon Gooffie et surveille autour de moi pour dégoter un tireur embusqué et le dérouiller au besoin. La dernière diffusion du «{Retour de l'Inspecteur Harry}» me donne le rythme pour chroniquer le dernier {{Spoon & White}}. Mon clavier crépite pendant que les experts de la balistique triment sur mon petit écran.

Avant même d’ouvrir l’album, première surprise : c’est Vents d’Ouest désormais qui publie la série, depuis que Dupuis a mis un contrat sur la collection Humour Libre. Dommage : c’était une excellente collection adulte où l’on trouvait Lolo et Sucette, La Vie est courte... Deuxième petit regret : pas vraiment d’idées percutantes dans ce nouvel album, ça sent un peu le recyclage de personnages, blaxexploitation(1) en prime. Il est vrai que Bruce Ali est une figure géniale et que sa sœurette mériterait une petite nuit d’interrogatoire.

Par contre, la signature de la série est toujours au rendez-vous : violence, sadisme gratuit, bavures à gogo et au moins trois références par planche. C’est entre quatre planches, en revanche (haha), que finissent les passants atteints par des balles perdues. Faut dire que les deux seuls flics blancs de Harlem n’y vont pas de main morte en dégâts collatéraux, régulièrement, et avec préméditation.

Passage à tabac

Il suffit qu’un type tente de traverser à gué l’Hudson avec des bottes en béton et la course-poursuite commence. Objectif : récupérer une malette en vulgaire skaï, un modèle très ordinaire, du genre à se faire "emprunter" au JFK Airport par le moindre prédateur à touriste. Nos deux flics vont se faire la course au coude à coude pour tenter de la récupérer et de la livrer, scoop saignant, à leur icône fantasmatique : la belle Balconi, la bien nommée... Mais la journaliste vedette de BNN n’a rien à battre de deux flics losers et collants. Ce qu’elle veut, c’est décrocher son Prix Pulitzer.

Si cet album de transition goûte un peu le réchauffé, il n’y a cependant pas de quoi lui trouer la peau. On attendra patiemment une prochaine édition plus inspirée.

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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(1) La Blaxploitation est un genre créé dans les 70s par des producteurs hollywoodiens alléchés par un public qui vient d’accéder à la société de consommation : celui des Afro-Américains, alors en pleine lutte de reconnaissance. Cela donne des films d’action menés exclusivement avec une distribution "de couleur", coupe afro, tenues discos et bande-son funky dans une production très cheap. « Shaft » en est le meilleur exemple.

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