Stan & Vince font du cinéma !

30 juillet 2003 1 commentaire
  • Ces deux auteurs, inséparables, ont donné vie à la série {Vortex} et à différents one-shots ({l'Imploseur} & {La Bombe}), sur un scénario de Benoît {{Delépine}}. Le neuvième et dernier album de {Vortex} sortira fin août. Nous avons rencontré {{Stan & Vince}} afin de mettre en lumière un des aspects les plus méconnus de leur carrière: leur travail de story-board pour le cinéma.

Sur son site internet, Jan Kounen dévoilait différentes illustrations que vous avez réalisées pour l’adaptation cinématographique de Blueberry. Celles-ci étaient signées Stan & Vince, c’est une des premières fois que votre travail pour le cinéma est montré au grand public…

Notre collaboration avec Jan date de son premier film. Nous avions dessiné l’Homme Chien de Doberman (1996). Par après, nous avons illustré deux projets non aboutis, à savoir SpeedyBoy, ainsi qu’une adaptation de Rapaces de Joël Houssin… Quelques dessins ont également été esquissés pour un projet d’une série télévisée que Jan mijotait avec Marc Caro ( La Cité des Enfants Perdus ).

Stan & Vince font du cinéma !
Recherches pour le Film Doberman
© Stan, Vince & Jan Kounen

Le story-board d’un film comme l’adaptation de Blueberry vous prend-t-il beaucoup de temps ?

Environ six mois, en parallèle avec le dernier Vortex ! Ce n’était pas toujours évident de cumuler ces deux activités, mais nous l’avons fait car nous apprécions le personnage de Blueberry, et également par amitié envers Jan. C’est aussi grâce à ce travail que nous avons été engagés par Albert Dupontel pour storyboarder trois séquences de son prochain projet, Enfermé dehors. Encore une expérience passionnante !

Que vous apporte ce type de travail, par rapport à la bande dessinée ?

C’est confortable de travailler sur la base des idées des autres en étant juste la main qui transcrit la vision d’un réalisateur. En sachant, bien entendu, qu’en aval, une équipe va étoffer nos dessins avec d’autres matériaux… Afin d’être efficace, nous demandons une certaine collaboration avec le réalisateur. Il nous serait difficile de travailler avec quelqu’un dont nous n’apprécions pas le travail ou qui serait imbuvable. Mais heureusement, cela n’a pas été le cas jusqu’à maintenant : nous travaillons avec des gens aussi décontractés que doués.

Ce type de collaboration nous permet de nous familiariser avec la technique du découpage cinématographique. Stan et moi-même comptons, dans un avenir proche, nous tourner vers le cinéma. Sans pour autant abandonner la bande dessinée, bien sûr…

Percevez-vous le story-board comme de la création ou de la commande ?

De la commande, bien entendu ! Il ne faut pas se voiler la face. Notre tâche consiste simplement à coucher sur papier les idées de quelqu’un d’autre ! Cela ne peut sûrement pas être considéré comme de la création !

Lorsque vous regardez un film auquel vous avez collaboré, reconnaissez-vous votre travail ?

Nous disséquons surtout le travail des personnes qui ont collaboré au film après nous. Le réalisateur s’éloigne bien souvent du story-board. Ce fut d’ailleurs le cas pour Blueberry  !

Malheureusement, certains des projets cinématographiques auxquels vous participez n’aboutissent pas toujours…

Hélas, cela fut le cas pour Speedyboy de Jan Kounen. Mais aussi, par exemple, pour un film où Eric & Ramzy devaient incarner des super-héros. Nous avions dessiné l’univers des personnages principaux, les costumes, les personnages secondaires, etc… Le film devait être réalisé par Michel Hazanavicius. Il ne se fera pas.

La publicité ne vous a t’elle jamais tenté ?

Oui. Nous avons travaillé avec les frères Poiraud pour une publicité pour Orangina Rouge (celle avec les morts vivants), ainsi que pour Hollywood Chewing Gum (celle où l’on voit la statue de la liberté plonger dans l’Hudson river). Ce sont des réalisateurs très talentueux. Ils tournent actuellement leur premier long métrage : Le Retour de James Bataille. Benoît Poelvoorde et Vanessa Paradis y tiennent les rôles titres. Nous en avons fait le story-board. Nous avons également participé à la publicité que Jan a tournée pour la Vodka Smirnoff : celle où des insectes volent avec un 747…

Et les dessins animés ?

Nous venons de terminer notre collaboration avec Pierre Coffin, autour d’un projet appelé Pat & Stanley. Nous en avons dessiné le story-board et écrit certaines histoires, en compagnie de cinq autres personnes. Ces dessins animés, réalisés par Pierre Coffin, devraient être diffusés en septembre sur TF1.

Vous avez récemment travaillé sur l’adaptation cinématographique de CatWoman. Il s’agit de votre première collaboration avec l’industrie cinématographique américaine…

Effectivement. Mais nous ne travaillions absolument pas sur le story-board. Nous avons été engagés pour dessiner les décors du film.

Percevez-vous déjà des différences par rapport à l’industrie cinématographique française ?

Oui et non. Tout est très hiérarchisé, tout est accentué par rapport au travail en France. Là-bas, c’est le producteur le vrai capitaine du navire, pas le réalisateur qui peut être viré à tout moment s’il ne suit pas les directives du studio. C’est commun de dire ça, mais c’est VRAI !

Comment avez-vous été amené à travailler sur ce projet ?

Nous avons été engagés par Jean Rabasse, le chef-déco de La cité des enfants perdus, entre autres. On avait déjà été amenés à travailler ensemble il y a un an de ça, mais le projet était tombé à l’eau... Il nous a contacté nouveau pour Catwoman.

Comment résumeriez-vous ce film en terme d’ambiance ?

On n’en sait rien ! Notre travail a été jeté à la poubelle après notre départ. Une direction complètement différente à été préférée par le studio et Jean a quitté le film, remplacé par le chef-déco de... Stuart Little !

Véritable Arlésienne des éditions Delcourt, l’ultime album de Vortex sortira fin août, pouvez-vous nous résumer l’histoire ?

La fin de l’histoire, enfin, dix ans après le commencement ! Plus qu’un mois d’attente les gars.... Nous n’en dirons pas plus !

Vous comptez également dessiner un nouveau récit pour Albin Michel, toujours sur un scénario de l’atypique Benoît Delepine… Pourriez-vous nous résumer l’histoire de God Killer ?

Benoît, atypique ? Pas tant que cela. Notre collaboration nous permet de raconter des histoires et de développer des univers que nous n’aurions pas eu l’idée de faire autrement. God Killer sera dans le même univers que les deux premiers albums (La Bombe & L’imploseur ).

On raconte, et vous venez de nous le confirmer, que vous travailleriez activement vos propres projets de film !

C’est encore un peu tôt pour en parler, car nous sommes beaucoup trop en amont du projet. Nous ne souhaitons pas vous dévoiler des surprises que l’on compte vous faire dans le futur… Nous peaufinons deux projets de film. Dont Brother Brotherman qui sera peut-être un film d’horreur. Peut-être qu’après toutes ces années d’efforts et de tractations, on pourra voir un jour « Un film de Stan & Vince » sur le grand écran ! Qui sait ?

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[N’oubliez pas de visiter le site officiel de Stan & Vince. Vous y trouverez une multitude d’illustrations & autres croquis.

 
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