Stephen Desberg ("IR$ Team, Miss Octobre") : « Le football est un business qui rapporte énormément d’argent » (1/2)

30 septembre 2013 6 commentaires
  • Le deuxième tome d'[{IR$ Team}->art15014] vient de sortir. Une bonne occasion de faire le point avec son scénariste sur cette thématique particulière, tout en abordant l'avenir de la série-mère qui va subir sa petite révolution.

Quelle chance de débarquer avec une spin-off axée sur le football, en pleine année de préparation à la Coupe du Monde !

Stephen Desberg ("IR$ Team, Miss Octobre") : « Le football est un business qui rapporte énormément d'argent » (1/2)
IR$ Team T.1
Bourgne & Desberg (c) Le Lombard

Cela peut vous sembler étrange, mais je ne voulais pas surfer sur le phénomène de Mundial ! Je désirais plutôt épingler les dérives du sport au sein d’une série financière. La série principale IR$ ne convient pas vraiment à ces sujets, car j’y aborde normalement des thématiques plus dures, telle que la politique américaine, les banques suisses ou le trafic d’armes comme dans les tomes 15 et 16 à venir. Après le succès d’All Watcher, je voulais donc réécrire une autre mini-série.

Parmi tous les sports, comment vous est alors venue l’idée de centrer sur le foot ?

Assez naturellement, car c’est un sujet de discussion qui m’occupe très souvent. Avec mes amis ou ma famille, on ressent une évolution assez désespérante du foot alors que nous continuons à apprécier ce sport. En tant que fans d’Anderlecht [1], nous avons vécu au premier degré une extraordinaire fin de championnat jusqu’à la dernière seconde, avec du stress et une joie incroyable. Tandis que dans le même temps, nous continuons à avoir plein de doutes sur le foot en général et la façon dont les clubs sont gérés. Y a-t-il des arrangements ? Du dopage ? Quel jeu jouent réellement les agents de joueurs ? Nous parvenons donc encore à nous passionner pour le sport, alors qu’on devine toute une série d’aspects sinistres qui se cachent derrière. C’est un paradoxe assez répandu, et c’est ce qui m’a donné envie d’écrire sur le sujet.

Quelles sont alors les thématiques sous-jacentes que vous abordez dans Ir$ Team ?

En réalité, le football est certainement gangréné par des magouilles de toutes sortes : les paris, le dopage qui masque le dopage, les mafias serbes, asiatiques et italiennes, etc. J’ai effectivement abordé le sujet des agents de joueurs, qui ont des poulains à gauche et à droite, et pourraient donc influencer le cours d’un championnat en jouant sur divers leviers. Et j’ai bien entendu relié cela à d’autres enjeux, comme des investissements économiques ou immobiliers dans les attributions de Coupe de Monde ou les constructions de stade...

Le premier album d’IR$ Team nous avait donné l’impression d’une mise en bouche. De quelle manière va évoluer la série dans les trois prochains épisodes ?

L’idée de base était de montrer un peu tout ce qui ne va pas dans le monde du football à travers les différents personnages qui symbolisent tout cela. Il y a bien entendu les agents de joueurs, les WAGS (femmes et petites amies des joueurs célèbres), la corruption lors d’attribution des grandes compétitions internationales. J’ai également voulu aborder l’aspect médical avec le dopage. Je m’intéresse d’ailleurs à démontrer comment on rend le dopage indécelable. Il y a aussi les matchs truqués et bien d’autres aspects. Il y a effectivement énormément de choses à dire sur le milieu du football et je tenais à le faire dans ce premier album. Au fur et à mesure de la série, tous ces milieux vont se rejoindre et on se rendra compte que ce ne sont en fait que des composantes qui permettent de faire beaucoup d’argent avec ce sport.

Dans le journal l’Express, il y a eu un très bon article sur le sujet des femmes de joueurs. Il expliquait que les entraineurs se préoccupent souvent de l’entourage de leurs footballeurs et en particulier, de leurs femmes, car les jeunes sportifs professionnels n’ont quasiment pas d’adolescence. Ils entrent très tôt dans la vie d’adulte, ils sont souvent loin de leurs familles et ressentent donc le besoin de se mettre rapidement en ménage avec des enfants afin de retrouver un équilibre affectif. Ainsi, il était fréquent lors des enquêtes que Sir Alex Fergusson commandait sur les joueurs qui l’intéressaient qu’il demande des infos sur les compagnes de ces sportifs. Autre anecdote, l’ancien entraineur français de l’AJ Auxerre Guy Roux convoquait les femmes et compagnes de ses joueurs à chaque début de saison afin de leur prodiguer quelques conseils en diététique, en gestion du ménage et du quotidien car la tranquillité d’esprit des joueurs conditionnait leurs performances sur le terrain. Aviez-vous pensé à cet aspect de la vie des joueurs lorsque vous avez abordé la question des WAGS ?

Non, ce genre de prise en charge ne peut se réaliser que dans les clubs d’une certaine importance. Dans les clubs de province aussi, la direction souhaite que les joueurs soient encadrés au mieux par leurs familles. Mais le football possède également un côté glamour. Les joueurs sont des stars au même titre que des acteurs ou des chanteurs célèbres. Ils sont épiés par les paparazzi, logent dans des palaces, voyagent en jet privé, etc. Ils deviennent donc des proies pour certaines femmes ou des agents de joueurs mal avisés. C’est plutôt le côté glauque que j’ai essayé de mettre en avant dans IR$ Team.

Bourgne & Desberg (c) Le Lombard

On parle beaucoup de l’argent dans le football et du prix des transferts des joueurs stars. Cet été, des records ont encore été battus avec les ventes de sportifs tels que Gareth Bale au Real Madrid ou Edinson Cavani au PSG. Mais ce que l’on dit moins c’est qu’une partie de ces sommes sont redistribuées vers tous les clubs dans lesquels ces footballeurs ont été formés. Ainsi, sur les 32 millions d’euros qu’a coûté le transfert du joueur belge Marouane Fellaini à Manchester United cet été, 25% de cette somme ont été dans la poche du Standard de Liège, son dernier club formateur.

Oui mais ce ne sont pas des indemnités de formation dans le cas de Marouane Faillaini, c’est un contrat de vente. C’était la même chose avec les anciens joueurs d’Anderlecht Vincent Kompany et Romelu Lukaku. Les clubs ont mis en place des mécanismes qui leur permettent de faire des plus-values lors de la vente de leurs meilleurs éléments, mais les indemnités de formations sont peu élevées. C’est de l’ordre de quelques centaines ou milliers d’euros. Ces sommes ne représentent rien par rapport à la valeur marchande d’un joueur qui serait devenu une star. Je trouve qu’il y a fondamentalement quelque chose d’absurde dans ce système car il y a des clubs qui sont en déficit ou au bord de la faillite mais comme ce sont des institutions, on n’ose pas s’attaquer à eux. Le jour ou l’on mettra hors des compétitions européennes des clubs tels que le Real Madrid ou le Barça parce qu’ils ne respectent pas les règles du fair-play financier, je pense que nous aurons déjà franchi un grand pas mais je sais que cela n’arrivera pas. Dans certains pays comme en Belgique, des commissions contraignent les clubs à remplir les conditions pour obtenir leur licence. Malheureusement, ce type de règle est totalement bancal, car elle n’est pas appliquée dans les autres pays européens.

Vous voulez dire qu’il n’y a pas d’uniformisation des règlements au niveau européen ?

Exactement, c’est de la concurrence déloyale. Par exemple, certaines municipalités en France interviennent directement dans les clubs en payant d’importantes subventions, ce qui est interdit en Belgique. On peut dès lors regretter que l’Union européenne intervienne par exemple dans le secteur de la métallurgie mais pas dans le football.

Il y a eu récemment une excellente émission sur France 2, Cash Investigation, dans laquelle ils demandaient aux clubs, à la FFF [2] et à la FIFA pourquoi ils continuaient de travailler avec certains agents de joueurs qui ont été condamnés par la justice. Les règlement de l’UEFA et de la FIFA l’interdisent formellement, pourtant ceux-ci continuent d’exercer. Pour toute réponse, les personnes interrogées déclaraient que ce sont de très bons agents, qu’ils les connaissent et qu’ils font du bon boulot. Ils ne respectent même pas leur propre règlement ! C’est un peu tout cela que je dénonce dans IR$ Team. Le football est un business qui rapporte énormément d’argent et il est difficile de faire respecter le fair-play financier. Les clubs les plus puissants sont en train de contourner cela grâce à des contrats de sponsoring.

Koller & Desberg (c) Le Lombard

Comme avec le PSG, qui a rebaptisé son centre d’entraînement, le fameux Camps des Loges, en "centre d’entraînement Ooredoo", du nom de son sponsor. C’est une pratique très courante en Europe. Manchester United avait fait la même chose il y a quelque années et cela lui avait rapporté plus de 200 millions d’euros.

Effectivement. Les clubs ne peuvent plus recevoir de l’argent en direct mais ils utilisent des moyens détournés, difficiles à contrôler. Et puis, il n’y a pas de réelle volonté de s’attaquer à ces choses-là. Les règles telles que le fair-play financier ne sont que de la poudre aux yeux. C’est pour cela que j’en parle dans mes albums, en tant que grand fan de football. Je sais très bien que cela ne changera rien mais je me sens mieux d’en avoir parlé ! (rire).

D’origine américaine, suivez-vous l’évolution du football aux États-Unis ?

IR$ Team T.2
Koller & Desberg (c) Le Lombard

Je pense que le problème du Soccer [3] aux USA réside dans la télévision. Les chaînes de télé ne s’y intéressent pas assez car il n’y a qu’une seule pose durant un match de foot, occasion pour diffuser des réclames publicitaires. Les coupures publicitaires sont très nombreuses chez eux et cela casserait trop le rythme des matchs. Pourtant, il y a eu quelques tentatives d’augmenter le nombre de pauses mais les clubs européens ne veulent pas en entendre parler. Le soccer est très pratiqué dans les universités, les écoles et dans les parcs. C’est un sport populaire mais il n’est pas encore assez professionnel à cause de la télé. Mon père avait une autre théorie concernant le développement du foot aux States : le foot sera vraiment un sport populaire aux États-Unis le jour ou il jouera un rôle d’ascenseur social pour les minorités. Cela reste un sport sympathique mais il n’est pas suffisamment populaire pour que les jeunes s’y donnent corps et âme, comme on le voit dans le reste du monde.

Avant la fin de All Watcher, vous nous aviez confié vouloir réaliser une autre spin-off d’IR$. Vous croyez donc fondamentalement au concept de ces mini-séries ?

Après les deux saisons d’Empire USA et les sept tomes d’All Watcher, j’ai voulu faire le bilan : il y avait de belles réussites, mais aussi des signes de lassitudes du public, comme la seconde saison d’Empire USA qui ne bénéficiait plus de l’effet de surprise, mais s’est tout de même vendue à 20.000 exemplaires par titre, ce qui reste très bien. Reste que mon idée initiale d’une parution très rapide, tel un feuilleton américain, posait deux problèmes : la somme à débourser pour le public (6 livres sur trois mois en fin d’année est un financement important alors qu’il y a beaucoup d’autres sorties intéressantes) ; et le souci de la multiplication des dessinateurs, car si une partie du public joue le jeu d’accepter que les personnages soient interprétés par différents dessinateurs, les autres lecteurs refusent ces modifications. J’en déduis cette spécificité franco-belge : « peu importe si on doit attendre un ou deux ans pour avoir la suite de notre série, mais nous voulons garder une vraie approche graphique où je retrouve mon personnage, tel que je l’apprécie ! »

Koller & Desberg (c) Le Lombard

Oui, mais cette approche multi-dessinateurs permet également au public de découvrir des dessinateurs dont il n’aurait sans doute pas ouvert les propres albums. Je pense à Queireix dont la participation à All Watcher vous a permis de lancer Miss Octobre, ce qui n’aurait sûrement pas été le cas s’il était resté sur le scénario décevant d’Ava Dream !

C’est exact ! Mais la conclusion de mon analyse n’a pas influencé les cycles en cours, car je le poursuis avec IR$ Team. Je me suis dit qu’il valait mieux diminuer un peu le nombre de tomes, et le nombre de dessinateurs, donc resserrer les rangs, comme dans le cas qui nous occupe, et qui comprend quatre tomes répartis entre deux dessinateurs, soit Marc Bourgne et Daniel Koller. On se rapproche donc des canons du franco-belge, tout en permettant de boucler la série sur une année. Ce n’est pas pour autant que nous multiplierons à l’infini ces cycles d’IR$, car il faut que la série principale puisse également respirer. Et surtout, il faut que l’idée de base parte d’une réelle envie !

Auriez-vous mal ressenti les critiques sur la thématique d’

IR$ Team

portera sur le trafic d’armes ?

Oui, ainsi que sur les implications au sein de la politique intérieure américaine. L’écriture de ces épisodes m’a beaucoup plu, car je vais enfin au bout de ce que je voulais réaliser avec Larry : il se rend compte qu’il existe des limites à son combat, imposées par des pressions politiques. Il est donc confronté à un choix : s’il veut aller au-delà d’un certain point, il doit quitter l’IR$. On va donc faire rebondir la série en changeant un peu la donne, et en rajoutant des éléments de sa vie personnelle.

IR$ Team T.2
Quelques planches du T.2.
Koller & Desberg (c) Le Lombard

Est-ce qu’il est obligatoire de secouer une série dès qu’on atteint un certain point ?

Je suis assez critique envers le chemin que suit la bande dessinée aujourd’hui : il ne s’y passe pas énormément de choses. Si l’on devait donner des références à un néophyte, il serait compliqué de citer les séries où cela bouge réellement. On demeure braqué dans l’exploitation de grandes directions : l’aventure, le polar, etc. Mais l’ensemble reste sans réelle surprise, et je m’adresse également cette critique. Et voilà donc la réponse que j’ai envie de donner : nous allons continuer à vous raconter des thrillers politico-financiers avec IR$, tout en maintenant une réflexion globale qui et celle notre personnage.

Avant d’exploiter ce chemin de traverse, vous allez réaliser une autre série avec Bernard Vrancken. Cela signifie que pendant ce temps, IR$ Team occupera le terrain, footbalistiquement parlant, et que cela reportera le prochain cycle d’IR$ ?

Oui, nous travaillerons sur une série moyenâgeuse fantastique avec Bernard : H.ELL, mais cela n’handicapera pas trop IR$ car nous avons trouvé une autre façon de fonctionner : nous avons mis au point une réelle synergie avec Daniel Koller qui va réaliser les crayonnés des planches, tandis que Bernard gardera l’encrage et le lavis. On va donc également sortir de l’évolution trop photographique de la série. Cet appui a été un moment nécessaire pour Bernard afin d’avancer dans sa technique, mais il fallait qu’on en sorte à un moment ou l’autre.

Daniel Koller pourra donc exprimer sa créativité dans la mise en scène, ce qui formera une combinaison gagnante avec la présence des personnages de Bernard. On maintient donc notre présence avec IR$, tandis que Bernard peut aussi s’épanouir dans un autre registre. Et j’en retire également beaucoup de plaisir ! Le T1 de H.ELL sortira en novembre 2013. Nous laisserons effectivement IR$ Team occuper le terrain et publierons le T15 d’IR$ à la fin 2014, ce qui nous permettra d’aborder une date de sortie autre que le traditionnel mois de juin.

Après André Koller, je reviens à un autre des dessinateurs d’All Watcher et Empire USA à qui vous avez donné une autre série, c’est-à-dire Alain Queireix et Miss Octobre. Avez-vous écrit ce polar ’sixties’ pour coller à son graphisme ?

C’est le fruit d’une longue discussion lorsqu’on cultive une relation ouverte avec un dessinateur. C’est une personne très particulière, qui possède une réelle passion pour la bande dessinée classique. Il a lui-même apporté cette idée des années soixante, qui sont une période que j’appréciais également : elle représente une époque où se côtoyaient à la fois une vision de la vie très puritaine et le changement de la vision du monde chez les jeunes.

Cela ressort dans votre série, où chaque personnage présente une façade bon chic bon genre, puis révèlent des passions sordides dès que le vernis craque !

C’est vrai que j’apprécie beaucoup Ellroy, qui présente souvent un univers de flics corrompus ou en concurrence. C’est une Amérique avec beaucoup de choses cachées derrière ce puritanisme de façade, très protestant. J’ai réellement grandi dans cet univers, avec mon père américain qui représentait la MGM en Belgique : il partait au bureau et rentrait à heure fixe, toujours en costume-cravate. Et dans le même temps, le monde évoluait, avec les stars du rock, et mon père devait représenter cet esprit rebelle sans l’apprécier pour autant. « Le Lauréat » est ainsi un film que j’apprécie beaucoup et qui explique à merveille ce moment-charnière intéressante : on comprend que ce jeune diplômé ne veut pas devenir comme ses parents, alors c’était le moule qu’on devait suivre à cette époque !

Miss Octobre T2 - Desberg & Queireix - Le Lombard

Cela passe très bien dans votre série, mais vous apportez un autre élément innovant : la surdité de votre héroïne, fort bien soulignée par la police de caractère que vous employez.

Oui, j’ai beaucoup aimé cette histoire, dont le premier cycle se termine dans le tome 3 avec une conclusion d’une grande intensité. Nous allons prolonger la série, mais sans doute pas sous la forme du triptyque, qui s’avère finalement assez complexe : le tome deux s’avère souvent être le ventre mou. Même si on essaye de travailler les chutes pour que cela tombe à un moment, cela reste une seule histoire et ces coupures ne les servent pas toujours au mieux. Dès le tome 4, nous travaillerons donc sur des one-shots ou des diptyques pour Miss Octobre. Nous sommes réellement dans une période de réflexion et de mutation en bande dessinée… C’est le moment de bouger !

Cette interview est composée de deux entretiens réalisés par Charles-Louis Detournay et Christian Missia Dio

Miss Octobre T2 - Desberg & Queireix - Le Lombard

(par Charles-Louis Detournay)

(par Christian MISSIA DIO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire demain la seconde partie de cette interview : « Les codes de la bande dessinée sont parfois trop stricts »

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Lire
- notre chronique du tome 1 d’IR$ Team
- nos chronique du cycle précédent d’IR$ : tomes 13 et 14
- notre présentation d’IR$ All Watcher et la chronique du tome 3 de cette série
- La présentation et le lancement d’Empire USA saison 1.
- « Empire USA Saison 2 » ou comment la bande dessinée franco-belge est-elle en train de muter
- notre chronique des tomes 1 & 3 de Mayam par Daniel Koller & Stephen Desberg.

Lire également sur ActuaBD :
- Vrancken : "J’ai insufflé une dose de modernité à IR$ en intégrant des photos à mes dessins" (Juin 2009)
- Les investigations fiscales d’IR$ se multiplient (Juin 2009)
- Desberg : La question des personnages est fondamentale (Juin 2007)
- Desberg & Vrancken : "Nous voulions montrer peu à peu les failles et les blessures de Larry" (Aout 2006)
- Les chroniques d’IR$ : T10, T9, T7, T6 et T5.

Photo en médaillon : Christian Missia Dio

[1Le RSC d’Anderlecht est le principal club de foot de Bruxelles. Il a remporté le championnat belge en 2012-13.

[2Fédération Française de Football.

[3nom américain de notre football.

 
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6 Messages :
  • C’est étrange que ça plaise ce style roman-photo, moi je trouve ça ringard, mais ça doit être populaire en fait.

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    • Répondu le 1er octobre 2013 à  00:41 :

      Quentin, sans doute avez-vous découvert la BD il y a très très peu de temps. Ca doit être la raison pour laquelle vous ignorez que le style "réaliste" (celui que pratiquent Bourgne, Koller ou Queireix) existe depuis à peu près aussi longtemps que la BD elle-même. Alex Raymond, Jijé, Paul Gillon, Victor Hubinon, Jack Kirby, Jean Giraud, François Boucq, Jiro Taniguchi, la quasi-totalité des auteurs de comics étasuniens... ne sont que quelques-uns des milliers de représentants du réalisme en BD, ce réalisme que vous appelez avec une candeur amusante le "style roman photo".

      Maintenant, si le style réaliste est "ringard", alors les trois quarts de la production mondiale sont "ringards".

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      • Répondu le 1er octobre 2013 à  03:03 :

        Ce n’est pas le dessin qui fait roman photo , mais la mise en scène, la mise en case, le montage de la page et la disposition des bulles. Rien à voir avec Alex Raymond, Jijé, Paul Gillon, Victor Hubinon, Jack Kirby, Jean Giraud, François Boucq ou Jiro Taniguchi.

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        • Répondu le 1er octobre 2013 à  19:39 :

          Dans mes souvenirs lointains, les romans-photos à l’eau de rose de ma grand-mère avait une mise en scène minimaliste du genre sitcom, des cadrages à hauteur de regard et essentiellement en plan américain et gros plan et une mise en page dite "en moule à gaufre". Je ne vois pas le rapport avec les planches présentées ici... Sauf peut-être avec la première, mais celle-ci a justement pour thématique les photos des tabloids, ce qu’il serait absurde de lui reprocher.

          Quant à la disposition des bulles dans un roman photo, je ne vois pas bien en quoi elle serait plus proche de celle des planches présentées ici que de n’importe quelle autre BD.

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      • Répondu par Eric B. le 1er octobre 2013 à  04:14 :

        ’’Style roman-photo’’ : en fait, c’est plutôt bien trouvé, surtout à la lumière de la première planche montrée dans cet article, celle de Bourgne. En effet, le propos est illustré par le fait que des scènes du récit, dans une sorte d’indifférenciation, deviennent par la suite des photos, et vice-versa ; puis, on constate qu’il n’y a en fait aucune différence entre les deux types d’images : les dessins de photos comme les dessins ’’réguliers’’ sont tous deux aussi figés (même quand il y a des phylactères). Cette planche devient alors en quelque sorte une mise en abyme venant soutenir l’idée de style roman-photo.

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        • Répondu le 1er octobre 2013 à  09:35 :

           ???
          Euh... Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.

          Ceci dit, si l’expression "style roman-photo" ne s’applique qu’à la première planche, alors il ne faut pas parler de "style" mais juste du thème de cette planche précise (les photos des WAGS publiées dans la presse). D’autant que cette planche n’est représentative ni de la série "IRS Team" (un thriller d’action) ni du style de Bourgne (qui est certes beaucoup plus "figé" que celui de Koller, mais tout de même moins que celui d’un Graton ou d’un Hubinon, deux dessinateurs "réalistes" dont il a repris des séries).

          On peut parler de "style roman-photo" à propos de certains dessinateurs réalistes : Tito, Bec ou Wrancken, qui ne se cachent pas de décalquer toutes leurs cases sur des photos... Mais il est abusif de l’appliquer à tous les dessinateurs réalistes. Même si la plupart utilisent des photos pour dessiner leurs personnages et leurs décors, par souci de réalisme, justement.

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