Sun-Ken Rock, éd. deluxe, T. 4 & 5 – Par Boichi – Ed. Doki-Doki.

9 octobre 2020 0 commentaire
  • Les éditions Doki-Doki poursuivent la réédition de la série culte d’action Sun-Ken Rock, avec des doubles-albums toujours de grande qualité avec couverture rigide, vernis sélectif et bonus divers et variés. Mais ses principaux atouts restent à l’intérieur...

Ken poursuit son chemin vers le pouvoir et la richesse… qui ne l’intéressent pas du tout. Cet anti-héros suit un chemin qu’il ne choisit pas, mais il est toujours là pour aider ses amis qui ont une fâcheuse habitude de se servir de lui et de profiter à la fois de sa force et de sa candeur.

Sun-Ken Rock, éd. deluxe, T. 4 & 5 – Par Boichi – Ed. Doki-Doki.
© Boichi - Doki-Doki

Il prend donc possession du plus grand casino de Corée, par défit, et devient ainsi un des plus puissants chefs de gang du pays. Mais il délaisse les affaires et pense surtout à s’amuser et à manger. Si les précédents albums étaient plutôt discrets sur cet aspect, nous découvrons en détail la cuisine coréenne, différente mais aussi riche que la cuisine japonaise. Les plats nous sont présentés avec force détails, de même que la manière de les engloutir. Car Ken ne mange pas, il gobe les aliments…

Bien entendu, l’action est toujours très présente, que ce soit à Séoul où à Rome où Ken va rencontrer un parrain de la mafia et les problèmes qu’il rencontre pour cacher ses véritables agissements à Yumi (futur petite amie s’il se décidait à passer aux choses sérieuses) sont toujours au centre de quiproquos amusants et souvent « renversants » !

Un parallèle intéressant entre les gangs et l’Etat
© Boichi - Doki-Doki

Le tome 5 propose un changement d’atmosphère. Une société de production lui propose d’être manager d’une star de la chanson, puis d’un groupe de jeunes chanteuses. Voyant là un moyen d’avoir un travail « honnête », Ken abandonne son gang pour ce nouveau travail qui ne sera certainement pas de tout repos. C’est l’album le plus « Ecchi » de la série et la mention « Réservé à un public averti » en 4e de couverture est bien adaptée. Même si Ken cherche à se préserver pour Yumi, sa virginité sera mise à très rude épreuve avec les jeunes filles qui l’entourent.

Au-delà de cet aspect érotique, Boichi aborde un aspect sombre, le revers de la médaille de ces chanteurs et chanteuses éphémères, jetables et exploitées, y compris sexuellement. L’auteur ne prétend pas faire un album sociologique et nous ne savons pas quelle part de réalité se cache derrière l’histoire. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de penser qu’il doit y avoir une part de vérité, et cela fait froid dans le dos.

Une très bonne série, qui sait rebondir et tenir ses lecteurs en haleine (honni soit qui mal y pense… !). Et une réédition toujours soignée, avec beaucoup de bonus : interview de l’auteur, croquis préparatoires, évolution du dessin de l’ébauche à la mise en couleur, et, ce qui n’est pas le moins intéressant, anecdotes sur la vie de l’équipe qui travaille sur le titre. Ce n’est plus une vie, c’est un sacerdoce !

Une double page d’action magnifique (à Rome) comme le titre nous en réserve régulièrement (tome 4)
© Boichi - Doki-Doki
Une situation pour le moins embarassante... quoi que... (tome 5)
© Boichi - Doki-Doki

(par Jérôme BLACHON)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:
BDfugue FNAC Amazon

  Un commentaire ?