Swallow me whole - Par Nate Powell (traduction Fanny Soubiran) - Casterman

18 janvier 2010 0 commentaire
  • Couronné par le prestigieux Eisner Award, ce roman graphique dépeint les troubles de l'adolescence à travers le quotidien d'un frère et d'une sœur aux psychologies perturbées. Une œuvre difficile à avaler.

Voilà qui est curieux. Ainsi, ce graphic novel paru aux États-Unis en 2008, aurait séduit le jury 2009 des Eisner Awards, celui qui a fort justement honoré Exit Wounds de Rutu Modan ou l’essentiel Blankets de Craig Thompson.

Swallow me whole (dévorez-moi totalement, en français, curieusement non-traduit...) raconte les affres de la différence touchant Ruth et Perry, une fratrie d’apparence sans problème. Mais chacun vit par des obsessions : les insectes pour Ruth et une sorte de possession/force créatrice pour Perry. En parallèle, comme une présence implacable de la mort, ils vivent l’agonie de leur grand-mère, au sein même de la maison.

Avec ses nombreux changements d’atmosphère (scènes très dialoguées, passages oniriques, dessins en pleine page, longues séquences muettes...), Nate Powell ne facilite pas la fluidité de son récit. Tout à sa probable volonté de décrire avec acuité l’état psychologique de ses personnages, il ne parvient ni à ancrer leurs personnalités dans un récit construit, ni à donner une vraie présence à ceux-ci.

Son noir et blanc très classique ne brille pas par son originalité. On devrait être touchés, émus, attendris. Au lieu de cela, l’ennui s’installe dès les premières planches. Quant au final lourdement symbolique, il ne fait qu’ajouter un fâcheux air de déjà vu à un ensemble relativement indigeste.

(par David TAUGIS)

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