Swamp Thing l’intégrale vol. II - Amour et Mort - Moore, Bissette, Totleben - Delcourt

7 octobre 2004 0 commentaire
  • Avec le deuxième tome de l'{Intégrale Swamp Thing}, Delcourt attaque les choses sérieuses. La publication des épisodes 21 à 34 de {Saga of the Swamp Thing} commence sur l'épisode mythique « La leçon d'anatomie », où Alan Moore montre qu'il est le meilleur lorsqu'il s'agit de réinventer un personnage, de lui donner une pertinence et une forme nouvelle.

L’épisode est aussi notable car il marque le début de l’invasion des scénaristes anglais aux États-Unis. Gaiman, Morrison et les autres vont suivre pour, avec Moore, modifier à jamais le paysage du comic-book traditionnel. D’ailleurs, à l’époque, ces épisodes ont marqué une vraie rupture dans la façon de traiter certains personnages et ont fait passer petit à petit un pan des comics vers un domaine plus adulte.
Cet Amour et Mort est aussi et d’abord une excellente bande d’horreur qui contient les clichés du genre explosés par la patte de Moore : descente aux enfers, super-héros mythifiés mais impuissants, démons vils et bas, forces de la nature, tout un attirail est convoqué par le scénariste de Northampton. L’utilisation qu’il en fait est à sa mesure : géniale et grandiose. Le noir et blanc adopté pour cette édition fait ressortir le côté horrifique de la bande et atténue légèrement la face « histoire d’amour » qui, au final, est certainement la plus magique de ce chef-d’œuvre. Le dernier épisode de ce recueil est une leçon de narration, mais aussi une des plus belles scènes de sexe jamais racontées en bande dessinée.
Et puis ce livre est aussi un pan d’histoire : c’est dans Swamp Thing que va apparaître John Constantine, le détective de l’occulte dont le titre, Hellblazer, est encore un titre phare du label Vertigo de DC Comics. Mais cela sera pour le volume 3 de cette Intégrale avec laquelle Delcourt rend un vrai service aux lecteurs francophones qui peuvent ainsi découvrir un des comics les plus importants, en terme de qualité, mais aussi d’impact et d’influence, des années 80. Rien que ça.

(par Laurent Queyssi)

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