Tatanka - T1 : Morsure - par Callède & Séjourné - Delcourt

8 juillet 2005 0 commentaire
  • Avec Tatanka, Joël Callède et Gaël Séjourné démarrent une nouvelle série prometteuse aux multiples rebondissements. Ils réalisent un bon début d'intrigue qui devrait contenter les amateurs de récit à suspens.

Chicago : infiltré dans une association antivivisection pour les besoins de son enquête, le jeune journaliste Brian est surpris de la virulence, voir de la violence, dont ses "compagnons" font preuve. L’opération commando menée de nuit pour libérer des animaux tourne au fiasco. L’armée les a devancés et a transféré les animaux pour des raisons inconnues. Les recherches de Brian lui apprennent que les bêtes étaient malades et qu’il y a un risque de contagion. Le gouvernement chercherait-il à masquer l’apparition d’un nouveau virus ? Et que penser de ce chien enragé qui, dans l’état de l’Oklahoma, attaque un fermier et son troupeau ? Serait-il lui aussi contaminé par ce virus qui semble mortel ?

Joël Callède (Comptine d’Halloween, Dans la nuit, Les Enchaînés) continue a développer un de ses thèmes de prédilection : l’angoisse. Mais cette fois-ci pas de fantastique, le récit s’ancre dans une réalité contemporaine. Le thème abordé fait clairement référence à des psychoses d’épidémie de type "vache folle".
Le scénariste a décidé de ne pas s’appuyer sur un héros mais sur 4 personnages principaux. Dès ce premier tome, il a su les rendre attachants et intrigants. Le lecteur peut être surpris du côté "passionné extrémiste" de ces militants pour les animaux. Mais l’auteur parsème son récit de quelques indices laissant augurer d’une justification dans les prochains épisodes. La narration de certaines planches est très cinématographique (cadrage et découpage). De plus, le principe de scènes alternées avec lieux et personnages différents dynamise l’ensemble et donne un rythme soutenu.

Le dessin réaliste de Gaël Séjourné est parfaitement maîtrisé. L’artiste signe avec Tatanka sa deuxième série après Lance Crow Dog édité chez Soleil. L’excellent travail du coloriste Jean Verney est également à souligner.
"L’esprit de la couleur, c’est avant tout s’en servir pour créer des ambiances symboliques qui viendront souligner l’action au lieu de la charger. C’est ainsi que la nuit est, dans la première scène, devenue symboliquement bleue, ce qui permet de rester plus clair que dans la réalité et surtout plus lisible. Sans oublier surtout que la couleur est là pour éclairer la scène, pas pour l’occulter." déclare Gaël Séjourné sur le mini-site de la série.

Morsure est un album très fluide dans sa narration et sa mise en image. Les auteurs réalisent ici un premier tome sans originalité particulière mais parviennent à capter à tout moment l’attention du lecteur. Série à suivre.

(par Laurent Boileau)

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