The Ancient Magus Bride T5 - Par Koré Yamazaki - Komikku Editions

28 septembre 2016 0 commentaire
  • Voyage initiatique dans une Angleterre ancestrale et magique, « The Ancient Magus Bride » confirme son statut d’incontournable pour les amateurs de féeries celtiques, entre joie de vivre et mélancolique. Un titre fort et beau.

L’œuvre de Koré Yamazaki propose un mélange entre La Belle et la Bête et la mythologie celtique. Elle se veut une invitation à la découverte du merveilleux et du folklore sur fond de l’apprentissage de son héroïne, une paria qui a grandi sans amour et qui n’avait de raison de vivre avant de rencontrer son professeur et futur époux, l’énigmatique sorcier des ronces.

Le récit s’ouvre lorsque Chisé, notre héroïne, adolescente japonaise, orpheline et rejetée de tous, est ainsi vendue aux enchères à un sorcier anglais, Elias Ainsworth, à l’apparence « peu commune » et vraisemblablement pas humain.

Ce dernier compte faire de la jeune fille à la fois sa fiancée et sa disciple, car elle possède le don de voir et d’attirer les êtres surnaturels. Dans son nouveau foyer, une jolie maison située en campagne anglaise, Chisé apprend à mieux connaître ses dons et les « voisins ». Initiée petit à petit à la sorcellerie, elle assiste Elias dans son travail.

The Ancient Magus Bride T5 - Par Koré Yamazaki - Komikku Editions
Chisé fabriquant une potion nécessitant l’aide des fées
© Kore Yamazaki / MAG Garden

La série s’articule autour de diverses histoires, missions ou rencontres, qui présentent en général un élément de folklore celtique tout à s’attachant au développement de Chisé et de sa relation avec Elias.

Il est possible de considérer comme est une sorte de Slice of Life surnaturel : la mangaka connait ses classiques et les situations s’avèrent relativement variées - nous pouvons passer du roi des chats à des succubes, sans oublier à la fabrication très discutable de chimères.

L’ambiance se veut mélancolique et il y a un aspect fatalité, dans le sens où les histoires se terminent parfois de façon douce-amère, voire tragique. Nous sommes dans un univers de magie, avec des règles et des traditions qui conditionnent les rapports entre les humains et les voisins, eux-mêmes pouvant se révéler tour à tour trompeur ou gentiment espiègle.

Métaphore de la nature, les voisins ne sont ni des amis ni des serviteurs sans pour autant hostile envers les gens : il y a des lois à respecter et en les suivant l’échange de bons procédés profite à tout le monde.

D’improbables clients viennent frapper à la porte du sorcier des ronces
© Kore Yamazaki / MAG Garden

Koré Yamazaki excelle dans la mise en scène de ces histoires autour des respects des traditions tout en apportant une pointe de modernité : il s’agit de vivre en harmonie pas dans le passé comme le souligne les histoires que compte ce cinquième tome.

Nous avons tout d’abord celle de la Leanan sídhe, amoureuse d’un homme dont elle n’a jamais aspiré la vie, en dépit de toutes les règles dictées par sa nature, mais qui est en train de mourir de vieillesse. Une très jolie histoire avec Chisé qui décide d’aider cet étrange couple pour qu’ils puissent enfin se voir.

Suit un séjour pour convalescence pour notre héroïne, qui a épuisé ses forces dans l’histoire précédent, au royaume des fées de leur forêt. On y rencontre une fée médecin, un cas de Changelin, c’est à dire une fée qui a été échangé à sa naissance avec un bébé humain. Elle a ainsi grandi chez les humains, où elle est devenue médecin, tandis que l’humain a grandi dans le royaume des fées, devenant finalement lui-même une fée !

Puis nous avons droit à un aparté avec de la fée Silkie qui garde la maison en l’absence d’Elias et de Chisé. On y découvre notamment son passé et la façon dont elle est devenue la Fée de Maison de leur demeure. Là aussi Koré Yamazaki nous propose un joli conte dans une ambiance celtique très joli, autour de la mort et de la renaissance.

Enfin le tome se termine par l’arrivée de l’hiver et des rituels qui vont avec, afin de se protéger des mauvais esprits qui rodent en cette période qui débute avec Samain (Halloween). Ce sera séance de cueillette de gui et la rencontre avec deux anciens dieux !

Poétique, malin et très joliment dessiné et mis en scène, The Ancient Magus Bride émerveillé par la force et l’évidence de son propos, celui d’offrir un récit de qualité sur la transmission des traditions et l’assimilation d’une certaine modernité.

Rituel incontournable du début de l’hiver : la cueillette du gui
© Kore Yamazaki / MAG Garden

(par Guillaume Boutet)

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The Ancient Magus Bride T5. Par Koré Yamazaki. Traduction Fedoua Lamodiere. Komikku Editions. Sortie le 22 septembre 2016. 180 pages. 7,90 euros.

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The Ancient Magus Bride sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1.

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