The Boys Saison 2 : des super-héros pas si super

29 octobre 2020 1 commentaire
  • Billy Butcher et sa bande sont de retour et ça va faire mal. Un an après une première saison réussie haut-la-main, il est maintenant temps de voir si la série transforme l'essai à l'occasion de sa seconde saison, diffusée entre septembre et octobre dernier. Au programme ? Une baleine, des guns, des nazis, Billy Joel et des tripes, beaucoup de tripes.

L’an dernier, Amazon Prime frappait fort avec la première saison de The Boys, adaptation survitaminée du comics éponyme de Garth Ennis et Darick Robertson. Satire caustique des super-héros, la série développée par Eric Kripke avait su fidèlement retranscrire l’esprit de l’oeuvre originale, tout en adaptant son propos à un monde plus moderne en ciblant plus particulièrement les adaptations cinématographiques de nos super-héros.

The Boys Saison 2 : des super-héros pas si super

Publiée en 2006 et 2012 par Dynamite Entertainment - après un court début chez Wildstorm - la série de Garth Ennis taclait violemment les héros en collants, bien avant avant qu’ils ne deviennent omniprésents dans la PopCulture et les salles de cinéma. Il était donc logique qu’en s’attaquant à cette oeuvre culte, les créateurs de la série télé prennent en compte ces changements. Une telle série ne pouvait de toute évidence qu’arriver maintenant, à une époque ou le grand public a désormais avalé des dizaines de films de super-héros, commence à bien en connaitre les codes et peut prendre du recul sur le genre. Ceux qui sont lassés de cette super-héros-mania et ceux qui n’y ont jamais pris gout seront eux aussi ravis par The Boys.

Frenchie, Hughie et Billy Butcher sont de retour pour en découdre avec les super-héros.

Dans ce monde où les super-héros sont plus des produits créés et exploités par des entreprises que des défenseurs de la veuve et l’orphelin, notre groupe de bras cassés aura fort à faire pour échapper aux méta-humains et faire tomber Vought, la principale société du "super-business". Cette seconde saison délaisse cependant nos " boys " - à l’exception de Billy Butcher toujours incarné à merveille par Karl Urban - pour s’intéresser à ces super-héros qui n’ont de super que le nom.

Homelander s’impose comme le personnage-clé de voûte de la série.

L’intrigue de la série nous plonge donc dans le quotidien de cette entreprise pas comme les autres, entre tournage de blockbuster, réunion d’actionnaires et gestion de crise. La saison s’articule d’ailleurs autour du tournage du dernier long-métrage de Vought et les auteurs n’en manquent pas une pour égratigner les récentes adaptations de comic-book. L’arrivée d’un nouveau membre - Stormfront - au sein de la super-équipe des 7 va d’ailleurs chambouler toute l’organisation de l’équipe et cette trublion au premier abord sympathique commence à révéler un sordide passé qui trouve malheureusement un triste écho avec notre réalité.

Nous laisserons cependant aux spectateurs la surprise de suivre l’évolution de ce personnage qui va en crescendo au fur et à mesure des épisodes. On saluera d’ailleurs l’excellente interprétation de Aya Cash à la fois drôle, amusante et terrifiante. À l’image de Anthony Starr, interprète brillant du Homelander, un pastiche de Superman complètement taré, narcissique et sociopathe qui encore une fois vole le show et devient pratiquement le personnage principal de la série à défaut d’en être l’antagoniste.

Stormfront rencontre ses nouveaux collègues Homelander et Queen Maeve.

Mais plus que l’industrie hollywoodienne, la série d’Amazon Prime charge violemment le monde de l’entreprise moderne et son manque d’éthique. Il y’a donc un délicieux cynisme - qui sied bien à la série - de voir la société de Jeff Bezos produire une telle oeuvre et se faire de l’argent dessus. Il est aussi intéressant de noter que la seule scène censurée de la saison 1 - l’on y voyait le Homelander se masturber et éjaculer sur la ville du haut d’un building répétant "Je peux faire ce que je veux" - est finalement présente dans cette saison. Preuve de la confiance et la liberté accordée aux créateurs du show qui ne peut être que de bonne augure à l’heure du retour d’un certain type de censure. La suite de la série devrait s’intéresser cette fois-ci à la politique américaine, abordée en surface au cours de cette saison et à n’en pas douter, l’actualité politique américaine et les semaines à venir devraient donner du grain à moudre aux scénaristes de la série, autant vous dire que l’on a hâte de voir ça.

Les tournées promotionelles, un véritable calvaire pour nos super-actrices.

Cynique et ultra-violente, The Boys est une oeuvre rafraichissante dans le paysage des blockbusters actuels, même si ironiquement, la série ne pourrait exister sans eux. De la religion au racisme en passant par le féminisme et le capitalisme rien n’échappe à la série qui transforme bel et bien son essai avec cette seconde saison en réussissant à respecter l’esprit de l’oeuvre originale tout en s’en affranchissant pour devenir une oeuvre à part entière.

Attention toutefois, âmes sensibles s’abstenir, la série fait en effet preuve d’une violence graphique marquée et d’un langage cru, même si l’on reste très éloigné des écrits de Garth Ennis qui ferait passer cette adaptation télévisuelle pour une oeuvre jeunesse. Cependant, assez à l’aise dans la vulgarité et l’éviscération, la série qui se veut pourtant irrévérencieuse fait preuve d’une certaine retenu pour tout ce qui concerne le sexe, est-ce peut-être la les limites de l’impertinence américaine ?

(par Vincent SAVI)

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The Boys – Développé par Éric Kripke – Avec Karl Urban (Billy Butcher), Anthony Starr (Homelander), Jack Quaid (Hughie), Erin Moriarty (Starlight), Dominique McElligott (Queen Maeve), Aya Cash (Stormfront), Chase Crawford (The Deep), Jessie T. Usher (A-Train), Laz Alonso (Mother’s Milk), Tomer Capon (Frenchie), Karen Fukuhara (Kimiko) & Nathan Mitchell (Black Noir) - 8 épisodes - interdit aux moins de 18 ans - sortie le 26 juillet 2019

Photos : © Amazon Prime

 
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