The Devil of the Gods - Par Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi - Glénat

22 juin 2020 0 commentaire
  • "L'Exorciste" à Tokyo façon seinen : beaucoup de sang pour pas grand chose. "The Devil of the Gods" est le nouveau titre gore des éditions Glénat, et s'attaque à un thème plus qu'éculé dans le monde du manga : l'exorcisme. En dépit d'un style graphique des plus efficaces dans le genre "effusions de sang", le premier tome peine malheureusement à convaincre...
The Devil of the Gods - Par Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi - Glénat
KAMIGAMI NO AKUMA © 2019 Tsukasa Saimura, Kozo Takahashi / NIHONBUNGEISHA Co., Ltd.

Renji est un jeune chômeur un peu loser amoureux de Toriko, une prostituée qui lui fait miroiter mariage et vie heureuse entre deux passes. C’était sans compter sur l’arrivée massive de démons sur Terre qui prennent possession des humains les plus fragiles en jouant sur leurs faiblesses pour commettre des atrocités. Victime de l’une de ces entités, Toriko s’enfonce toujours plus profondément dans les ténèbres, et c’est en désespoir de cause que Renji accepte l’aide d’un prêtre-exorciste aussi mystérieux que puissant, le père Mitakura.

Bien déterminé à sauver sa bien-aimée, notre héros fera tout pour devenir son apprenti, et ainsi l’aider dans sa croisade contre les forces obscures. Mais est-il réellement prêt à mener cette guerre ?

Si le scénario de Devil of the Gods est pour le moins convenu, le titre se démarque par la violence graphique explosive qui déborde à chaque page, le classant indéniablement dans le catalogue seinen de l’éditeur : sang, tripes et miasmes démoniaques coulent à flot, un vrai film d’horreur !

KAMIGAMI NO AKUMA © 2019 Tsukasa Saimura, Kozo Takahashi / NIHONBUNGEISHA Co., Ltd.

Mais derrière le vernis rouge-sang, les faiblesses du titre apparaissent bien vite et d’abord un scénario très convenu. Ces derniers temps, l’exorcisme a la cote auprès des mangakas. Entre les Blue Exorcist, Jujutsu Kaisen et autres Twin Star Exorcist, on ressent une certaine lassitude à la lecture d’une énième aventure de possession.

Le graphisme est toutefois à saluer. L’approche très réaliste et dark de Kozo Takahashi sied à merveille à l’ambiance malsaine de la série, et il brille particulièrement dans les visages déformés par les démons. L’inspiration des films d’horreur japonais est très forte et la peur se fonde sur des ressorts différents de l’horreur à l’américaine. Le dessinateur accorde par exemple davantage d’importance aux visages, à l’expression de terreur et de douleur des possédés, et les "monstres" sont au final de simples humains à peine déformés mais absolument terrifiants. Malheureusement, en dépit de ces qualités indéniables, The Devil Gods ne parvient pas se démarquer suffisamment.

La faute à des personnages principaux trop peu introduits, directement balancés dans une intrigue d’ampleur mondiale aux enjeux assez usés : les démons semblent s’organiser pour mettre en place un cataclysme et anéantir l’humanité. Face à cela, le mode d’exorcisme adopté par les auteurs est très classique, Bible et crucifix saupoudré de Notre Père et d’eau bénite. Une formule fidèle aux origines du genre mais qui manque cruellement de panache et implique de nombreuses séquences durant lesquelles le héros doit prouver sa foi pour gagner en puissance.

La question de l’implantation du christianisme au Japon est assez survolée, laissant présager un possible approfondissement du sujet dans les tomes à venir, ce qui pourrait donner une meilleure densité au récit. Pour le moment, ce premier tome ne suffit pas à rendre le titre incontournable. Voyons ce que l’avenir de la série nous réserve.

KAMIGAMI NO AKUMA © 2019 Tsukasa Saimura, Kozo Takahashi / NIHONBUNGEISHA Co., Ltd.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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"The Devil of the Gods" - Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi - Glénat - 17/06/2020 - 176 pages - 7,60€.

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