The Grocery - Tome 1 - Par Singelin et Ducoudray - Ankama Éditions

10 novembre 2011 12 commentaires
  • Chronique sociale sans concession d'un carrefour urbain de Baltimore où une poignée de jeunes traînent autour d'une épicerie de quartier. Un album coup de poing !

L’épicerie de quartier de monsieur Friedman est un établissement sans histoire. Le propriétaire, veuf, pousse son fils à sortir et à s’intégrer aux jeunes du quartier. Mauvaise idée : Sixteen et les autres gamins revendent de la dope et ce n’est sûrement pas le moment de se faire remarquer par le gang d’Ellis One, survivant de la peine capitale et revenu faire le ménage du quartier à la kalachnikov.

De son côté, Washington revient d’Irak sain et sauf, au contraire de bon nombre de ses camarades. Mais tout ce qu’il retrouve, c’est une maison saisie, et le seul parent qui lui reste, c’est sa grand-mère au cerveau lobotomisé dans une maison de retraite à force de regarder des jeux télévisés.

Bienvenue dans le monde sauvage de la rue, dans un quartier livré à lui-même et régi par la loi de la jungle, qui voit les forces de l’ordre tomber sous le joug d’un gang de tueurs se baladant en Hummer jaune dans la plus totale impunité. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché car le scénario de Aurélien Ducoudray se veut sans concession. Son expérience dans le journalisme apporte une véracité à sa description poignante de cette zone où le quotidien des habitants se partage entre règlements de compte, revente de drogues et errance dans la rue pour ceux qui ont tout perdu.

Le dessin décalé de Guillaume Singelin (révélé par l’excellent Doggy Bags réalisé avec RUN et Florent Maudoux), et ses personnages à tête de mascottes cartoons et animaux rigolos, désamorce le côté glauque de l’histoire mais parvient à viser juste par un graphisme résolument moderne fait de jeux de textures sur une imagerie urbaine underground.

The Grocery - Tome 1 - Par Singelin et Ducoudray - Ankama Éditions
Le gang d’Ellis One à l’oeuvre
©Singelin/Ankama Editions

Entre humour décalé et violence sanglante, cet album s’intéresse avant tout à ses jeunes personnages attachants, ayant toutes les cartes en mains pour filer un mauvais coton et finir la partie dans la case prison, pour les plus chanceux. En tête, le personnage d’Elliot, qui accumule les occasions de montrer sa culture dans un milieu où il vaut mieux ne pas la ramener, et qui à force de mauvais choix, se dirige bille en tête vers un destin dans la pègre.

Sans compromis et véritable tuerie graphique à tous les niveaux, The Grocery est véritablement la bombe d’Ankama de cet automne. Il serait dommage de passer à côté de cette pépite éditée sous le label 619.

Le retour de "Washington" dans son quartier.
©Singelin/Ankama Editions

(par Thomas Berthelon)

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12 Messages :
  • Sans compromis et véritable tuerie graphique à tous les niveaux

    Expression toute faite et vide de sens, surtout que sur ces pages on ne comprend pas la moitié de ce qui est représenté (où sont les visages, yeux, bras ?), à déshumaniser on ne comprend plus rien.

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    • Répondu par aurélien Ducoudray scénariste le 10 novembre 2011 à  17:50 :

      euh , juste pour dire que je m’appelle aurélien Ducoudray et pas Guillaume...héhé...voilà...sinon, la bise a Kev...

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    • Répondu par Christo Bee le 10 novembre 2011 à  18:50 :

      Mauvaise foi, quand tu nous tiens.

      Avez-vous lu le livre ? Le style (car oui, c’est un style, on peut ne pas y adhérer mais bon, chacun est libre) est particulier mais j’ai du mal à concevoir qu’il soit confus, étant donné qu’il "simplifie" la morphologie des personnages.

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    • Répondu par Parceque le 10 novembre 2011 à  19:43 :

      Il serait bon, si possible bien sûr, de s’apercevoir que nous sommes des êtres humains dotés à priori d’une intelligence suffisante pour appréhender un concept qui s’appelle l’abstraction qui donne libre cours à un autre qui se nomme l’imagination.
      Ceci est valable aussi bien pour le 9ème art que pour les autres formes artistiques en général.(peinture, sculpture, musique etc...

      Les marches de l’escalier de l’excellence intellectuelle sont difficiles à négocier ;certains sont obligés de les monter à 4 pattes d’autres en rampant ;il faut plus de temps mais on doit pouvoir y parvenir !

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    • Répondu par narvaal le 10 novembre 2011 à  19:44 :

      Ça doit être une question de culture graphique, parce que moi, je la discerne sans problème l’anatomie des bonhommes...

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  • The Grocery - Tome 1 - Par Singelin et Ducoudray - Ankama Éditions
    10 novembre 2011 16:52, par Jonas de France

    Il me semble qu’il s’agit D’Aurélien et non de Guillaume Ducoudray... Merci de rectifier.

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  • C’est AURELIEN Ducoudray !

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    • Répondu par ActuaBD le 11 novembre 2011 à  00:45 :

      Oui, c’est corrigé. Merci.

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      • Répondu par aurelien Ducoudray scenariste le 11 novembre 2011 à  09:34 :

        merci pour la correction ! et une autre bise à Kev...

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  • Retrouvez Singelin en dédicace vendredi 17 février à 18h30, à la librairie Apo (K) Lyps, 120 rue Legendre 75017 PARIS.

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    • Répondu par jimi le 8 février 2012 à  16:14 :

      ça faisait un bout de temps que je n’avais pas acheté une bd ..et je ne regrette pas ! vraiment bien foutu !

      les critiques sur l’anatomie , sur le style graphique , je ne les comprendrais jamais ! on dirait que la bd doit absolument respecté des critères dont je ne sais pas d’où ils sortent d’ailleurs , après on veut que la bd soit considéré comme de l’Art , alors que beaucoup de choses dans l’art n’ont ni queue ni tête et que souvent des artistes provenant du monde de l’art contemporain nous apporte des trucs vraiment bidons et ils appellent ça de la bd ..??...

      Le canard qui aimait les poules de carlos nine dans ce cas si on se réfère à la critique d’un commentaire plus haut serait alors une vraiment boucherie de style ..??...alors qu’en vérité il s’agit d’un auteur confirmé....

      Au final les mêmes qui critiquent la différence , ce qui sort du cadre consensuel , sont les mêmes qui encensent la daube de l’art contemporain ! la contradiction est certainement humaine , et j’avoue que parfois je suis contradictoire seulement il faut reconnaitre parfois ses erreurs de jugement et revenir sur ses préjugés artistiques ...

      Lisez ce bouquin , il en vaut la peine , mais je ne dis pas aimez ...ensuite chacun ses affinités ..pour ma part comme avec jeremie labsolu , Singelin et son acolyte Ducoudray , sont des auteurs qui apportent un peu de renouveau...en gardant un esprit "libre" sur le regard et les possibilités de la bd aujourd’hui ...

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