The Scumbag T. 3 : Goldenbrowneye - Par Rick Remender & Roland Boschi - Ed. Urban Comics

Par Marc Vandermeer Pas mal 17 mai 2023 
L'agent secret le plus minable et le plus couard qui soit parviendra-t-il à sauver le monde ? Rien n'est moins sûr, vu les résultats affligeants d'Ernie Constantine, projeté cette fois-ci dans les années 1950 pour contrer les forces de Scorpionus. Un troisième et dernier tome qui perd néanmoins le panache de ses débuts, moins psychédélique qu'espéré.

Après "Cocaïnefinger" & "Moonflower", voici "Goldenbroweye", troisième et ultime tome des aventures abracadabrantes d’Ernie Ray Clementine, qui clôt de manière basique mais toujours aussi désopilante la trilogie de The Scumbag.

Comme pour les deux précédents tomes, nous retrouvons l’agent Ernie, en passe de devenir le grand héros, prêt à intervenir pour défendre l’Humanité de sa destruction, lui qui, il y a peu de temps encore, n’était qu’un laissé-pour-compte désœuvré.

Mais s’évertuer à être un super-espion défenseur de la planète lui joue désormais un sale tour, puisqu’il est dorénavant recherché par les autorités suite aux manipulations mentales opérées sur des millions d’individus de par le globe. Des vies brisées comme beaucoup le témoignent, où la moralité a disparu, ce qui a suscité une multitude d’actes barbares au sein des familles comme de la nation.

The Scumbag T. 3 : Goldenbrowneye - Par Rick Remender & Roland Boschi - Ed. Urban Comics

Afin de mettre un terme aux agissements du despote Scorpionus, voici Ernie Ray projeté dans les années 1930, puis 1950, pour éradiquer le mal à la racine. Mais le super-héros le plus transgressif et le moins courageux du comicsverse se retrouve une nouvelle fois de détaler comme un lapin pour sauver sa misérable existence. L’Histoire se répète, encore et encore, si bien que l’on se questionne sur ses véritables prédispositions à un quelconque intérêt à défendre notre chère humanité.

Rick Rememder place ses derniers pions sur l’échiquier et les manœuvre de manière frontale entre d’un côté, les méthodes radicales de Scorpionus militant pour un monde à l’ancienne avant l’intronisation de la mondialisation, et de l’autre, l’autorité morale des Moonflower, prônant la liberté d’expression. Et au cœur de ce manège, Ernie Ray Clementine, qui n’en a que faire des uns comme des autres. Seul lui importe de consommer ses substances en toute impunité et de se consacrer à batifoler avec des donzelles.

Côté dessin, le Français Roland Boschi, d’ordinaire excellent, opère ici en solo, ce qui n’était pas le cas lors des précédents opus. Résultat : un graphisme qui a peine à s’imposer, bien que militant dans la même veine psychédélique. Là où Lewis Larosa déployait réellement une énergie avec des protagonistes se démarquant les uns des autres, Boschi reste relativement confus de par la saturation de ses images, perdant par la même occasion son côté déjanté.

En dépit de ces réserves, de ce dernier volume ressort toutefois une certaine rage et de la folie grâce à ce graphisme dense colorisé par Moreno Dinisio pour un final a le mérite de jouer la carte de l’originalité, mais sans la folie d’un feu d’artifice final.

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9791026828426

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