Thomas Sirdey (vice-président Japan Expo) : " Japan Expo, c’est l’événement des visiteurs."

29 juin 2013 0 commentaire
  • Avec plus de 220 000 visiteurs, Japan Expo, jumelé au même moment avec la Comic Con de Paris, est le plus grand événement de bande dessinée de France dédié aux mangas et à la culture geek. Nous avons rencontré son promoteur et vice-président, Thomas Sirdey.

Cette année, le point fort du Festival est la venue de Tetsuo Hara, l’auteur de Ken le survivant. Est-ce aisé de faire venir de tels grands noms de la BD japonaise dans un festival tel que le vôtre ?

Cela fait quatre ans que l’on travaille avec son éditeur pour le convaincre de venir, d’abord, puis convaincre son éditeur. Après, il faut border sa venue car lorsqu’on travaille avec le Japon, tout doit être hyper carré ; tout est prévu, organisé. Une fois que l’on a réussi à faire cela, on reçoit l’autorisation d’annoncer sa venue sur le salon. Plus l’auteur est connu, plus c’est compliqué. Surtout que Tetsuo Hara a monté une maison d’édition avec son ami Tsukasa Hōjō [Auteurs de Cat’s Eye et de City Hunter, invité de Japan Expo 2010. NDLR], les éditeurs les protègent encore plus !

Thomas Sirdey (vice-président Japan Expo) : " Japan Expo, c'est l'événement des visiteurs."
Thomas Sirdey, vice-président de Japan Expo et de la Comic Con de Paris-Villepinte
Urasawa avait offert un concert à ses fans en 2012

Dans la multitude d’invités prestigieux venus sur Japan Expo, quel a été leur retour sur la manifestation ?

Le point commun entre tous les auteurs qui viennent à Japan Expo porte sur l’inquiétude de savoir s’ils auront assez de fans pour les accueillir, notamment dans les conférences. Ils repartent en se demandant ce qu’il s’est passé parce que non seulement en France, ils ont beaucoup de fans, mais en plus, les fans réagissent ! Au Japon, c’est beaucoup plus posé, les fans restent discrets. Ici, ils pleurent, ils crient... Une expérience qui est souvent mémorable pour les auteurs. Certains d’entre eux sont repartis d’ici en nous disant que cela leur avait redonné l’envie de dessiner.

L’année dernière, Naoki Urasawa (XXe Century Boys, Monster, Billy Bat, Pluto...) vous a fait un joli cadeau...

Urasawa, cela été l’année de toutes les aventures. En discutant avec lui, il nous raconte qu’il a avait écrit des musiques pour XXe Century Boys et qu’il aimerait bien les jouer ! On lui a cherché un cover band en France, un groupe japonais qui venait et qui s’est associé à Urazawa. Ils ont répété sur le salon, c’était incroyable ! Ce ne sont pas des choses qui se préparent à l’avance, c’est un travail sur le long terme qui permet d’arriver à obtenir de l’auteur un tel niveau de confiance. Ce concert incroyable qui circule partout dans le monde sur Internet et à propos duquel, on se demande comment on l’a fait, c’est à Urasawa seul que nous le devons, et un peu à notre travail.

La scène 100% cosplay en 2012

Vous visez cette année 230 000 visiteurs. Comment fait-on pour gérer en quatre jours l’équivalent d’une grosse ville de province ?

On prend un cosplay de maire, on met une petite cravate... Plus sérieusement, d’année en année, le festival ayant grandi, on a appris à anticiper l’augmentation de la fréquentation. Notre travail est d’essayer de réfléchir sur la circulation du public, comment on va la gérer. Ce qui rend l’expérience du salon passionnante pour le public, ce n’est plus tant le contenu : ils savent qu’il y a énormément d’auteurs, de choses à faire sur les stands des éditeurs, partout sur les stands de nos partenaires, dans nos propres espaces d’activité : la qualité va porter sur la circulation, justement. On a énormément de travail. On loue plusieurs milliers de barrière pour canaliser les visiteurs, leur ménager des temps morts.

La plupart des profs de France et de Navarre qui s’adressent à des classes d’élèves qui ont l’âge des visiteurs de Japan Expo, entre 15 et 25 ans, se demandent comment vous faites pour que ce ne soit pas le foutoir avec autant de jeunes au même endroit...

Parce qu’ils vont en classe contraints et forcés, tandis que chez nous, ils ont le choix ! Ils ont envie d’être là, non ? Japan Expo, c’est l’événement des visiteurs. Ils sont donc beaucoup plus cools, plus respectueux de tout ce qui se passe, parce que cela leur appartient. Ils se le sont appropriés. Du coup, quand ils viennent, c’est hyper-clean, hyper-propre. On n’a jamais eu de bagarre, jamais d’énervement, pas vraiment de mouvement de foule. Pour nous, c’est magique ! Je pense que cela vient de là. Japan Expo, c’est le rendez-vous annuel avec les potes, donc il ne faut pas que cela se passe de manière compliquée, tout est relax...

L’un des éléments phénoménaux de Japan, ce sont les cosplays. Est-ce que cette activité a évolué ces dernières années ?

Forcément, le niveau a monté. Cela a pris en ampleur, cela a pris en qualité, il y a de plus en plus de gens qui en ont fait. Deux tendances ont été créées : le cosplay de très très haute qualité où l’on participe à de grands concours comme l’European Cosplay Gathering dont la finale a lieu chez nous cette année et qui accueille les meilleurs cosplayers d’Europe. Des défilés, on en a tous les jours et, en plus, il y a la scène 100% Cosplay. Dans les allées, on estime qu’il y a 50% des visiteurs qui viennent déguisés, du plus compliqué à la petite touche de référence. Ils peuvent participer à des concours de cosplay avec moins d’enjeu sur la scène 100% Cosplay où il y a du cosplay en permanence pendant les quatre jours. Cela permet à tout le monde, même aux néophytes, de se lancer.

Propos recueillis par Didier Pasamonik

"50% des visiteurs de Japan Expo sont déguisés" selon Thomas Sirdey

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Japan Expo

Du 4 au 7 juillet 2013

Parc des Expositions Paris-Nord Villepinte.

Le site de l’événement

Photos DR. D. Pasamonik (L’Agence BD)

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