Tir Nan Og - T1 : L’Exile - Fabrice Colin & Elvire De Cock - Les Humanoïdes Associés

23 mai 2006 0 commentaire
  • C'est bien connu: la magie a quitté notre monde depuis longtemps... Cette série fantastique nous propose une nouvelle version de cet exil plus ou moins volontaire.

Au milieu du XIXème siècle, la Grande Famine pousse à l’exil des centaines de milliers d’Irlandais. Mais ils ne sont pas les seuls habitants de l’île à s’enfuir : le peuple fée lui aussi se dirige en masse vers le Nouveau Monde.
Et cinquante ans plus tard, des gamins des rues de New York se trouvent soudain confrontés à la présence d’êtres fantastiques qui semblent en avoir après l’un d’eux. Le jeune Stephen a manifestement partie liée avec les légendaires oreilles pointues.

Le scénario de Fabrice Colin est bien sympathique : si le thème des fées qui quittent notre réalité n’a plus grand chose d’original (on peut penser au Sandman de Neil Gaiman), le traitement qui donne ici une large place à l’histoire du peuple irlandais ancre l’intrigue dans une réalité décalée prenante. La galerie de personnages, des gamins qui (sur)vivent de rapines aux nobles elfes en passant par de mystérieux hommes en noir ou l’existence cachée de factions antagonistes du peuple fée, est riche et le ton général trouve un certain équilibre entre la peinture d’une vie quotidienne peu reluisante et les aperçus d’une autre réalité pleine de promesses, celle du Pays de l’Éternel Été.

La dessinatrice Elvire de Cock réalise un premier album de fort belle facture : elle possède déjà un style fait de personnages tout en hauteur, de décors travaillés et de couleurs où les tons chauds et les tons froids créent un fort contraste entre le monde des fées et celui des humains, et un trait qui amène une vraie vitalité aux planches à la narration assez sage.

Les auteurs ont manifestement fait un vrai travail de recherche, et les termes “couleur locale” abondent (« Sídhe » désigne le peuple fée dans son ensemble, et « Tir Nan Og » est le nom de leur pays, par exemple), ainsi que les références visuelles, comme les runes, les bijoux, etc. Les amateurs de fantastique celtique ne devraient donc pas être déçus.

(par François Peneaud)

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