Toriko T18 - Par Mitsutoshi Shimabukuro (Trad. Jean-Benoît Silvestre) - Kazé Manga

11 août 2014 0 commentaire
  • "Toriko" continue de nous entraîner dans des chasses aux denrées rares et étonnantes, et d'émerveiller le lecteur. Après un poisson étincelant, c'est désormais un "ail météore" qui attise la convoitise de notre gourmet hunter. Un nouveau tome qui donne faim !

Cette nouvelle fournée des aventures de Toriko, le gourmet hunter, se compose de trois actes distincts, et d’autant de situations qui mettent en scène la recherche et la préparation des denrées. Les amateurs d’action devront donc prendre leur mal en patience, même si ce que nous propose Mitsutoshi Shimabukuro a de quoi passionner les grands appétits !

Tout d’abord rappelons le cadre des aventures actuelles. Le monde dans lequel évolue Toriko et ses amis est divisé en deux zones. Le « Monde Humain » dans lequel vit la population humaine, et le « Monde Gourmet », représentant 80% de leur planète, dangereux et inhabitable pour les humains, mais recelant des denrées surpassant ce qu’on peut trouver dans le Monde Humain.

Notre héros, ne possédant pas encore le niveau nécessaire pour se rendre dans le Monde Gourmet, poursuit un entraînement qui consiste à trouver et récupérer sept ingrédients exceptionnels du Monde Humain. Loin d’être simple ou répétitive, cette quête se présente au contraire comme autant de challenges et d’environnements différents, nécessitant la coopération d’alliés passés ou nouveaux, et exploitant les compétences de l’équipe du moment pour triompher des obstacles.

Toriko T18 - Par Mitsutoshi Shimabukuro (Trad. Jean-Benoît Silvestre) - Kazé Manga
Rien n’est jamais simple, même lorsque la denrée est à portée de main !
© 2008 Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC. / Kazé Manga

Ce dix-huitième tome débute par le dénouement de la pêche au Gourami Étincelant, quatrième denrée des travaux de Toriko. Après les « muscles », qui leur ont permis de passer sous une gigantesque cascade, à la puissance de plusieurs dizaines de mégatonne (!), place au karma gourmet et au cuistot, avec Komatsu, le partenaire de Toriko.

Un passage orienté cuisine, qui nous rappelle la nécessité d’un savoir-faire pour capturer certains poissons, pour ne pas les stresser et leur faire perdre leur saveur. Le tout se conclut par une dégustation sous la lune, du plus bel effet, soulignée par des dessins et des commentaires autour de la tendresse de la chair du poisson, donnant forcément faim !

La seconde partie du tome continue de creuser l’aspect « cuistot », avec Komatsu qui rend visite à l’un de ses amis du temps où il était apprenti cuisinier. Ce dernier est devenu une star mais s’est perdu dans les méandres de l’argent et du prestige. Heureusement notre jeune héros lui rappelle ce qui constitue la vocation et l’honneur d’un cuisinier.

Un passage intéressant aussi du point de vue scénaristique, car il pose les premiers jalons d’une future rivalité, de l’importance stratégique des cuisiniers dans le monde de Toriko et d’une forme de convoitise qu’ils représentent à leur insu – analogue aux scientifiques des récits mettant en scène des armes et des enjeux militaires ! En effet sans cuisinier compétent, même la denrée la plus exceptionnelle n’a guère de valeur en elle-même.

Une nouvelle denrée à la localisation aléatoire
© 2008 Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC. / Kazé Manga

Le tome se termine par le lancement d’un nouvel arc narratif et la quête d’un nouvel ingrédient de la liste d’entraînement de nos héros : le Météorail ! Cependant cette fois-ci ils ne vont pas devoir affronter la nature mais la face obscure de la gastronomie. Direction le Casino Gourmet, contrôlé par une mafia gourmet, la ligue de cuisine clandestine, dans lequel il est possible d’obtenir des denrées extrêmement rares, parfois toxiques, d’autres fois narcotiques, mais toujours illégales !

Une nouvelle fois, Toriko confirme son statut d’œuvre orientée avant tout aventure et environnement, donnant toute son importance au déploiement des lieux, extravagants et démesurés, et aux denrées qui demeurent le moteur du récit, à travers leur recherche et leur préparation.

Si le trait de Mitsutoshi Shimabukuro peut rebuter en raison des musculatures de ses personnages qui ne sont pas toujours bien proportionnées, lorsqu’il s’agit de dessiner des décors ou des expressions, le mangaka se révèle d’une étonnante efficacité ! Un manga avec certes du muscle, mais également avec une sacrée dose d’imagination et de passion au menu !

L’étonnant Casino Gourmet...
© 2008 Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC. / Kazé Manga
... aux jeux classiques revisités !
© 2008 Mitsutoshi Shimabukuro / SHUEISHA INC. / Kazé Manga

(par Guillaume Boutet)

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Toriko T18. Par Mitsutoshi Shimabukuro. Traduction Jean-Benoît Silvestre. Kazé Manga, Collection "Shônen". Sortie le 16 juillet 2014. 192 pages. 6,79 euros.

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Toriko sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1
- Lire la chronique du tome 9
- Lire la chronique du tome 10

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