Toru Terada : "mon style n’est pas adapté au rythme du manga"

1er février 2006 0 commentaire
  • Toru Terada se souviendra de sa première visite en France. Le dessinateur japonais a été très courtisé par les médias (il a eu droit, entre autres, au JT de 13h de France 2). Il ne s'attendait pas à un tel engouement pour {[Le Petit Monde->3053]}, un titre-phare de la collection Cosmo de Dargaud.

C’est votre première venue en France. Quel est votre sentiment sur le festival d’Angoulême ?

La taille du festival et le nombre de visiteurs m’impressionnent. Je n’avais pas imaginé que c’était aussi important. Au Japon, cela n’existe pratiquement pas. Seuls quelques mangakas très réputés réalisent des dédicaces lorsqu’ils éditent des livres.

Dessiner en direct n’a donc pas été évident pour vous !

Quand j’ai commencé, j’étais très tendu. C’est pour cela que je commence mon dessin au crayon. Mais au bout du 2ème jour, cela va déjà mieux et je commence à prendre du plaisir à dédicacer.

Toru Terada : "mon style n'est pas adapté au rythme du manga"
Toru Terada sur le stand Kana

Travailler avec un scénariste distant de plusieurs milliers de kilomètres a dû vous créer quelques problèmes...

Le problème n’était pas la distance, mais plutôt la différence de langue.

Concrètement, quel était le mode de fonctionnement avec Jean-David Morvan ?

Par internet, Jean-David m’envoyait le scénario séquence par séquence. Je réalisais alors une esquisse rapide de la planche et quand il me donnait son feu vert, je passais au dessin proprement dit.
Heureusement, il y a eu très peu de corrections ! Et puis, Jean-David vient régulièrement à Tokyo, ce qui nous a permis de nous voir plusieurs fois.

JD Morvan, accompagné de P. Buchet, en visite chez T. Terada

Quel a été le rôle de Thibaud Desbief ?

Au début, Thibaut nous aidait à titre amical. Et puis, il est devenu officiellement notre intermédiaire. Il s’est occupé de l’aspect administratif entre les deux pays, mais surtout, il m’a aidé dans la traduction pour éviter que j’interprète mal certains propos de Jean-David.

Extrait du "Petit Monde"
© Morvan/Terada/Dargaud


Votre mise en couleur semble particulière. Quel procédé avez-vous utilisé ?

En fait, j’ai utilisé des marqueurs de couleurs. Mais je suis surpris que de nombreux lecteurs me parlent des couleurs du Petit Monde. Je ne me suis pas rendu compte que je n’utilisais instinctivement que des couleurs pastels. C’était naturel pour moi.

Combien de temps vous a pris ce premier tome ?

Près d’un an et demi. Mais maintenant, l’objectif est de sortir un album par an.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’histoire même du Petit Monde ?

Le côté science-fiction d’un futur proche.

Le Petit Monde est paru dans la collection cosmo. Cela a-t-il eu une influence sur votre travail ?

Non, j’ai dessiné comme j’avais envie. Je ne me suis pas dit "il faut faire un mélange entre le style manga et le style franco-belge". Mais mon style n’est pas adapté au rythme du manga. C’est pour cela que j’ai travaillé dans le domaine de l’illustration. Seule la bande dessinée permet de travailler avec un dessin aussi raffiné.

Extrait du "Petit Monde"
© Morvan/Terada/Dargaud

(par Laurent Boileau)

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Photos : © L. Boileau
Dessins : © Morvan/Terada/Dargaud

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