Tot : « Avec Ankama, nous voulons laisser une empreinte »

18 décembre 2008 0 commentaire
  • Alors qu'a lieu ce week-end la 3ème Ankama Convention, rencontre avec le grand manitou créatif de l'éditeur chti. Également scénariste du manga Dofus et réalisateur sur la série animée Wakfu, Tot nous parle sans retenue de ses multiples projets, tous médias confondus.

Comment a été fondé Ankama ?

Ankama ou Ankama Éditions ?

Le groupe Ankama, pour en venir à Ankama Éditions.

Le groupe a été fondé il y a sept ans maintenant, en mai 2001, suite à une association entre deux potes et moi-même [1], nous travaillions tous les trois dans une web agency qui nous a sérieusement gonflés, puis nous nous sommes dit à un moment : "Autant tenter l’aventure et vivre la chose nous-mêmes".

Depuis, Ankama est devenue une société qui a bien explosé, notamment grâce au jeu vidéo en ligne Dofus, et aussi grâce à une sacrée diversification.

Tot : « Avec Ankama, nous voulons laisser une empreinte »
La Ankama Convention#3, les 20 et 21 décembre 2008.
© Ankama

Nous avons commencé par la conception et la réalisation de sites internets pour des marques, nous étions prestataires de service à l’origine. Mais j’avais ce projet qui me tannait depuis un bout de temps, c’était de faire un jeu online. Donc dans mon coin, le soir, ou dès que j’avais un petit moment avec moins de clients, je commençais à écrire un peu sur l’univers de Dofus. Nous avons donc travaillé dans le jeu vidéo, Dofus a commencé à bien fonctionner, on a commencé à me demander en interne de réfléchir à une plaquette graphique, sachant que je m’occupe des concepts et de la direction artistique. La plaquette graphique, ça me faisait chier, donc j’ai un peu débordé, j’ai réfléchi à un artbook, qui aurait bien plus de gueule à présenter qu’une plaquette commerciale qu’on marquette à la mords-moi-le-nœud. Donc je suis parti sur un artbook, et l’expérience de l’artbook Dofus m’a beaucoup plu, étant donné qu’à l’origine j’ai fait des études à l’académie des beaux-arts de Tournai en section BD. Je me suis dit : "Ce serait sympa si je créais une petite BD à côté". Et de fil en aiguille, je me suis dit : "Autant se lancer dans la maison d’édition et tout faire nous-même jusqu’au bout, nous avons réussi avec le jeu, tentons notre chance dans l’édition".
Nous avons ensuite créé une structure liée à l’animation, quand j’ai commencé à réfléchir au projet Wakfu, la suite directe de Dofus. Je voyais vraiment un projet multi-plateformes, je ne voulais pas rester sur un projet, j’avais envie de bosser sur un univers décliné sur tous les supports qui me faisaient envie. Depuis que je suis gamin, je rêve de BD, de jeux vidéo, de dessins animés. Là, l’idée était de lancer Wakfu et de dire : "Allez, c’est en freestyle, faisons tout !" Il s’est trouvé que cela correspondait exactement aux envies des chaines. J’ai commencé à en parler autour de moi, je n’ai pas du tout été refroidi par l’accueil des chaines, au contraire, nous avons signé avec France 3 en deux semaines, cela a été super rapide, ils me laissent une liberté sur le script, le storyboard, ce que jamais personne n’a connu sur une série. Donc, c’est le pied. Et dans les autres activités, nous avons également une société de mobiles basée à Lyon, qui développe des petits jeux en relation avec ce que nous faisons sur nos gros jeux Dofus et Wakfu. Nous avons également la presse, pour le Dofus Mag qui sort en kiosque. Nous séparons toutes ces activités pour êtres sûrs de ne pas faire d’impair et pour savoir tout de suite si un secteur fonctionne un peu moins bien au niveau comptabilité. Nous savons où sont nos points forts et nos points faibles (qui ne sont jamais dans le négatif, ça c’est le côté cool). Récemment, nous avons donné un coup de main à No Life pour les sortir du pétrin dans lequel ils étaient, en renflouant les caisses via une participation dans la société.

Ankama est entré dans le capital de la chaîne Nolife

C’est le jeu vidéo en lui-même qui a vraiment lancé Ankama, financièrement et au niveau de l’univers créé. En 2000, il y avait environ 4000 personnes en France qui travaillaient dans le secteur du jeu vidéo. L’an dernier, seulement 1500. D’après vous, c’est parce qu’ils sont tous partis dans des univers qui n’ont pas plu, ou pensez-vous que c’est culturel ? Alors que vous, vous avez trouvé la pierre philosophale, gnyark gnyark...

Quelle question difficile. Pourquoi y a-t-il moins de personnes travaillant dans le jeu vidéo aujourd’hui qu’il y a quatre ou 5 ans ? De notre côté, ce qui caractérise vraiment les gens qui travaillent chez Ankama, en tout cas tous mes lieutenants, les personnes avec qui j’ai commencé il y a huit ans et qui m’ont fait confiance dès le début, c’est la volonté, la niaque. Nous ne sommes pas les meilleurs en illustration, en création d’univers, en scénarisation. Mais nous avons la niaque, nous apprenons vite, nous fonçons. Je pense que c’est ce qui fait tout. Sur Dofus, nous sommes partis d’un petit projet amateur, nous nous sommes lancés dans l’aventure en écoutant ce qu’on nous disait, nous nous sommes pris des parpaings dans la gueule, nous nous sommes relevés... Vous voyez Dragon Ball, plus Sangoku s’en prend dans la gueule, plus il devient puissant, ben nous, c’est pareil. Au fur et à mesure que les années ont passé, nous avons mûri notre univers. Ce qui a fait la différence entre le projet Dofus et d’autres projets de jeux vidéo qui ont un peu plus de mal en France, c’est que nous sommes nos propres éditeurs et nos propres producteurs. Souvent, les studios de jeux vidéo français sont des boîtes de 15 à 50 personnes, mais qui travaillent pour un éditeur. Ils ont beau faire de bonnes ventes, ce ne sont pas les personnes qui produisent qui gagnent le plus d’argent sur leurs projets. C’est comme en BD, l’auteur a 10%, ce n’est pas celui gagne le plus. Et je calcule notre chance comme cela aujourd’hui, nous avons tout fait tout seul, nous avons pris des risques qui ont payé.

Est-ce aussi parce que vous êtes en relation directe avec les joueurs, via vos forums ? À une époque, vous aviez même envisagé de créer votre propre chaîne de télévision, avant de filer un coup de main à Nolife...

Effectivement, nous sommes très accessibles, nos fans peuvent nous croiser, nous pouvons discuter avec eux à n’importe quel moment, sans les envoyer bouler. Nos fans ont un grand respect pour ce que nous faisons, c’est une aventure que nous partageons avec eux. Quand nous créons quelque chose, nous leur en parlons, leur demandons leur avis, qui des fois, nous fait changer notre développement. Et c’est un cadeau inestimable que nous pouvons offrir, peut-être même plus que le projet en lui-même. Les fans se sentent impliqués et ont l’impression de produire quelque chose également, vivre l’aventure avec nous, sa réussite comme son échec. Sur des conventions, le nombre de personnes à venir nous voir est colossal. Par rapport à la chaîne de télévision, ce n’était pas un projet de chaîne à la Nolife, mais un projet de web tv, que nous allons d’ailleurs bientôt commencer à développer. Investir dans Nolife n’est pas en opposition avec les concepts que nous développons, ils ont une expertise technique et beaucoup de volonté. J’ai l’impression de me revoir, il y a huit ans, quand je rencontre leur équipe. A cette époque, nous avons failli fermer notre boîte, cela s’est joué à rien du tout, nous manquions de contrats, Dofus n’était pas encore lancé, j’aurais été bien content que quelqu’un vienne me dire : "Tu as une volonté de fer, tu as la niaque, je me reconnais en toi et je vais t’encourager".

Tot devant ses fans, à la Japan Expo 2008.
Photo © Chantal Sok

Parlons un peu d’Ankama Éditions. Raymond Domenech sélectionne ses joueurs sur les thèmes astraux. Vos illustrateurs se nomment Maliki, Mojojojo, Run, Ancestral Z,etc vous les sélectionnez sur leurs pseudos ?

Non. Mais peut-être que cela joue, inconsciemment. Je les sélectionne sur ce que j’estime être du talent. Je n’ai pas l’impression de me planter quand je vois les albums qui sortent.

Justement, à propos des méthodes de recrutement, Maliki se serait plainte à notre micro de harcèlement.

Oui, il le voit comme cela, mais quand on se fait passer pour une femme, à un moment, il faut assumer (rires).

Vous êtes le patron et le scénariste de la BD Dofus. Comment cela se passe-t-il par rapport aux dessinateurs, vous décidez, ils exécutent ?

En fait, c’est complètement... pas cela. J’ai un style d’écriture qui est assez sérieux, en tout cas j’aime bien traiter certains sujets. Mais je me suis complètement adapté au style graphique d’Ancestral Z. J’ai mis deux bons tomes à m’y faire, je me cherchais, je voulais faire quelque chose qui lui corresponde, qu’il se sente à l’aise. J’avais un objectif de rendement à la japonaise. Il était chaud, mais je savais très bien qu’il n’aurait jamais pu tenir ce rythme, si ce que je lui proposais au scénario ne lui avait pas plu. Donc je me suis adapté à fond à son style de dessin, et finalement, quand je vois les derniers tomes, je suis super content, nous avons une espèce de touche très toon, très Clone Wars, Samurai Jack, un dessin un peu à la Donjon. Et moi, de temps en temps, au scénario, je place des éléments presque choquants, je parle de tout et n’importe quoi, et cela donne un drôle d’univers. C’est une belle expérience.

Extrait de Dofus T8.
© Ankama Editions

Sur les conventions, on peut aussi bien parler de jeu vidéo, animation, BD. Si vous n’êtes présent qu’en off à Angoulême, c’est parce que vous ne vous intéressez pas à la BD franco-belge, ou plutôt pour tâter le terrain avant de débarquer en force ?

Je ne vais pas à Angoulême. Je n’ai rien contre le festival, je trouve juste que le milieu français de la BD manque cruellement d’ouverture d’esprit. Et pour moi, le festival d’Angoulême représente cela. Si je viens à Angoulême, je vais me faire défoncer, mes auteurs y ont déjà eu droit : "C’est de la merde, ce que vous faites. Ce n’est pas de la BD." Je pense que nous sommes dans un virage chez Ankama, il y a une demande des fans, nous voyons le succès du manga, de la japanimation, du comics en France, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas mélanger les styles et sortir des albums étranges, spéciaux, avec des différences de papier, moitié noir et blanc et moitié couleur, bref, faire des expériences. Je pense que les gens attendent beaucoup cela. Nous sommes les premiers à nous lancer dans cette aventure. Il y a du fun et je pense que cela se ressent dans ce que nous sortons. Nous mettons nos couilles sur la table, les gens apprécient la prise de risque, et cela les amuse autant que cela nous amuse de le faire. Nos albums sortent du 48 pages habituel qui plombe toutes les librairies. Il en faut, c’est bien, mais à un moment, quand on ne voit que cela, on en a marre.

Le label Araignée est plus orienté vers une BD d’auteur, et peut vous ouvrir vers un public plus habitué au festival d’Angoulême.

Oui, mais si vous regardez les publications Ankama, c’est open bar. Vous trouvez du format manga, de l’intermédiaire, du Mutafukaz en 124 pages en noir et blanc et couleur, nous ne rentrons pas les gens dans des catégories. Nous n’allons pas dire à un jeune auteur : "Regarde, en ce moment, Mutafukaz cartonne, fais du Mutafukaz !" Nous nous en foutons de profiter de la vague, nous nous faisons plaisir, nous ne sortons pas d’albums pour gagner de l’argent, nous en gagnons avec le jeu vidéo. Chez nous, l’édition est débridée, nous nous y lâchons, sans tabou. Nous pourrions vous sortir un album sur format raisin, cela ne me choquerait pas. Nous avons envie de choses qui changent.

Revenons au jeu vidéo. Le matin, quand vous arrivez devant votre ordinateur, vous vous dites : "Je fais cela parce que cela m’éclate", ou "parce que j’ai envie d’en éclater d’autres à mes propres jeux" ?

Non. Déjà, je serre 50 pinces, je dis bonjour aux gens. Après je vais me laver les mains parce qu’on ne sait jamais, il y en a peut-être qui ont la gastro (rires). Ensuite, j’allume mon ordinateur, et c’est le pied, car j’ai le choix : "Qu’est-ce que je fais aujourd’hui ? Je bosse sur le jeu ? Je continue mon script ? Je me fais un petit épisode du dessin animé ? Je vais voir mes petits gars pour une petite réunion ?" J’ai un confort de vie hallucinant. Et je pense que 99% des gens (car il doit bien y avoir des gens qui ne sont pas contents) qui travaillent à Ankama sont dans cet état d’esprit-là. Nous ne nous prenons pas au sérieux, nous sommes peinards, ce n’est pas la guerre. C’est un vrai gros kiff. Et je suis d’autant plus sûr de cela que j’ai été confronté à des drôles de problématiques, des grosses boîtes qui ont voulu racheter Ankama à grands coups de millions, auxquelles nous avons dit non. Nous ne voulons pas perdre ce petit bonheur, mais le conserver à tout prix. J’ai une espèce de philosophie : ne jamais faire à quelqu’un d’autre ce que je ne voudrais pas qu’il me fasse. Dans cette optique, je crée les jeux auxquels j’aimerais jouer.

Yugo, le héros de la série animée Wakfu diffusée sur France 3.
© Ankama Animations

Parlons du dessin animé. Vous avez lancé deux saisons de Wakfu. Quelle est la prochaine étape ? Un autre dessin animé ? Un nouveau média que vous n’avez pas encore exploré ? Ou carrément le long-métrage ?

En fait, il s’agit des prochaines étapes au pluriel. L’année prochaine, nous travaillerons sur un film sur Dofus, actuellement en préparation. il sera accouplé à des OAV. Nous prévoyons 5 OAV et un film, deux à trois OAV sortiront avant le film, en DVD et diffusion unique au cinéma, c’est un projet que nous préparons avec des partenaires. Après le film, nous sortirons les deux ou trois autres OAV, et chaque OAV parlera d’un héros du film, par exemple, on peut imaginer un OAV dédié à Goultard, développant ses origines...

On espère plusieurs OAV sur Goultard !

Oui, moi aussi, j’aimerais bien (rires)

Vous parliez des Japonais, mais contrairement à leurs structures, tous vos départements sont réunis sous la même enseigne, la même vision. Vous avez une réelle fluidité pour créer des projets globaux, vous pourriez avoir envie de marcher sur leurs plates-bandes.

Pas toutes les plates bandes de tous les japonais, parce que je n’irais pas me frotter à certains (rires). Mais c’est vrai que nous avons une vraie grosse sensation de puissance. En fait, quel que soit l’univers dans lequel nous nous plongeons, ou la structure que nous créons, nous nous en sortons bien à chaque fois. Et cela nous donne envie de continuer, nous n’avons besoin de personne. Il suffit de se plonger, se renseigner, travailler. À partir du moment où cela a été accompli par d’autres, pourquoi cela nous serait-il impossible ? Ce qui n’a jamais été fait, c’est tout regrouper, et comme vous l’avez dit, c’est un énorme avantage, c’est fluide. Par exemple, nous avons créé l’album Les Shushus de Rushu en trois mois seulement, en speedant à fond, nous nous occupions du stand pour la Japan Expo en même temps. C’est du boulot de tout gérer nous-mêmes, mais il n’y a personne qui décide pour nous. Il y a tellement de projets qui ont été pourris par des producteurs, des mecs qui mettaient la thune sans avoir la vision de l’auteur... Je suis fier et heureux d’être mon propre patron. Quand j’ai envie de faire quelque chose, je le fais. Si cela me plaît, cela me suffit, cela s’arrête là.

Le stand Ankama de 1000 m², Japan Expo 2008.
Photo © Thomas Berthelon

Attaquons les questions financières. À quand une introduction en bourse ?

On nous a déjà proposé de prendre des parts dans notre boîte, mais cela ne nous motive pas. Si, je suis content de gagner de l’argent, car cela me permet de développer mes projets, mais cela ne sert qu’à cela. Aujourd’hui, je gagne bien ma vie, je n’ai besoin de rien d’autre. De toute façon, je n’ai pas le temps de dépenser l’argent que je gagne. A un moment, il faut choisir entre s’amuser ou continuer à réaliser ses rêves. Mon trip, c’est ce que nous produisons. Je n’ai pas le temps de prendre des vacances. Le but, c’est la gloire, vous avez vu 300 ? C’est pareil ! Nous sommes 300 Spartiates, nous voulons laisser une empreinte.

Y a-t-il un autre univers que vous souhaiteriez développer en dehors du médiéval fantastique ? De la SF ? Du contemporain ?

Nous avons un très gros objectif pour l’après Wakfu, un univers orienté sur du super-héros, sur lequel je commence à discuter avec beaucoup de gros gros auteurs qui sont chauds. Nous avons en tête un gros concept dans cet univers, car les BD de super-héros sont mes premières lectures, la première BD que j’ai lue, c’est Captain America. J’avais 10 ans, et je me souviens encore de la couverture !

Vous énervez beaucoup de graphistes qui voient vos dessins à la fin des mangas Dofus. C’est du gâchis. A quand une BD dessinée par Tot ?

Ah bon ? Je ne savais pas, cela fait plaisir à entendre. Je n’ai juste pas le temps. Le dessin n’est pas qu’une question de talent, c’est bien plus que cela, c’est un investissement de tous les instants. Je l’ai fait à une époque. Je peux me permettre de bosser le soir sur du scénario, je prends une heure et demie chez moi pour du découpage, mais si je voulais créer des planches de bd moi-même, je n’aurais plus de vie. Déjà que je n’ai plus de vie, je ne ressemblerais plus à rien, je n’aurais plus de femme.

Question management : comment faites-vous le matin pour serrer la main d’Ancestral Z et que cela ne dure pas plus de 10 secondes ? Réponse A : "Tu m’envoies ça par email ?" B : "Tu en parles à ton chef". C : "Parle à ma main". D : "Excuse-moi, là, j’ai quelqu’un au téléphone".

C’est plutôt, E : Je n’arrive pas à rester moins de 10 minutes dans le bureau d’Ancestral Z !

(par Xavier Mouton-Dubosc)

(par Thomas Berthelon)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Tot. Photo © Chantal Sok

Cette interview a été diffusée dans l’émission radio "Supplément week-end" du samedi 25 octobre 2008.

[1les trois membres fondateurs sont Anthony Roux (aka Tot), Camille Chafer et Emmanuel Darras

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