Tous à Matha (première partie) - Par Jean-C. Denis - Futuropolis

29 avril 2010 1
  • En replongeant dans son adolescence, à une époque (1967) charnière pour le rock et pour... la société française, Jean-Claude Denis livre ce qui pourrait bien être son meilleur album. Un premier volume magnifique.

Curieux ce titre, pour un diptyque plutôt intimiste et sensible. Matha, c’est une plage quelconque près de l’Ile d’Oléron. Mais aux yeux d’Antoine, elle s’avère magique, car il va y retrouver sa dulcinée et ses amis musiciens. Encore faut-il tenir à distance un père strict et une mère limite étouffante. Quant à la musique, c’est un rêve qui semble encore loin mais...

Denis ne s’en cache pas, ce récit est quasi-autobiographique. Et sa réussite éclatante. On pense à des films comme Diabolo Menthe ou Mes meilleurs copains, Mes petites amoureuses de Jean Eustache. Les personnages sont parfaitement campés, notamment Christelle, idéalisée comme peuvent l’être les premiers amours, tout en gardant mystère et retenue. Et un parfum d’interdit.

Les éléments musicaux qui parsèment l’album sont totalement justes, comme on pouvait s’y attendre avec un guitariste solide comme Jean-Claude Denis : Dylan à répétition, les Beatles de Sgt. Pepper’s...

Autour d’une trame simple et prenante, mettant en parallèle les débuts d’un groupe de rock et l’éducation sentimentale du jeune guitariste, on ressent en profondeur les pesanteurs sociales de l’époque. Sans oublier la psychologie féline, le chat de la famille composant un second rôle savoureux.

(par David TAUGIS)

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