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Trois Jokers - Par Geoff Johns & Jason Fabok - Urban Comics

  • Le Clown, le Comique, le Criminel : trois Jokers. Geoff Johns offre un panel du plus valeureux et déterminé adversaire du Chevalier noir, s'étalant sur trois époques de ses origines en 1940 jusqu'à "Killing Joke" d'Alan Moore. Un récital de folie dont la maîtrise graphique de Jason Fabok force le respect !

Vous pensiez qu’un seul Joker menait la vie rude au Chevalier noir ?! Détrompez-vous, le schéma imaginé par Geoff Johns s’illustre non pas par un Joker mais bel et bien trois ! Il faut remonter en 2016, lors du numéro final de leur passage sur Justice League, pour que le tandem Geoff Johns - Jason Fabok dévoile un indice de taille concernant la présence de plusieurs Jokers lors du passage où Batman a possédé le Trône de Mobius, lui permettant d’acquérir un pouvoir infini.

Plusieurs années ont passé et nous revoici avec les réponses tant attendues quant aux divers visages du Joker : le Clown, le Comique et le Criminel. Chacun marqué de sa patte personnelle et authentique, livrant un éternel combat face à son rival de toujours : la Chauve-souris !

Trois Jokers - Par Geoff Johns & Jason Fabok - Urban Comics
©Jason Fabok / Urban Comics

Depuis 1940, lors de leur première rencontre (Batman #1 créé par Bob Kane, Bill Finger & Jerry Robinson), Batman et le Joker se sont livrés une bataille sans merci, laissant immanquablement des traces, des blessures et des traumatismes autant physiques que psychologiques. Mais pas seulement, car chacun d’eux a su tirer son épingle du jeu, a su s’adapter, se renforcer en fonction de son époque et de ses moyens technologiques.

Trois époques distinctes livrant trois Jokers aussi terrifiants qu’imprévisibles, voici le sentier emprunté par Geoff Johns (le premier relié aux prémices de sa rencontre avec Batman en 1940 ; le second lors de l’assassinat de Jason Todd dans Un deuil dans la famille et le dernier pour l’épisode de la torture de Barbara dans l’emblématique Killing Joke d’Alan Moore).

© Urban Comics 2021

Ce concept de trois Jokers est particulièrement bien amené puisque chacun d’entre eux se démarque par un style propre à lui, qu’il s’agisse de sa tenue vestimentaire, son attitude ou encore ses proses et autres mimiques. Il est évident qu’en 80 années de bons et déloyaux sévices, le Joker a su marquer de son empreinte diverses générations, amassant un public de plus en plus large. Il n’est donc pas surprenant que certains lecteurs privilégieront tel ou tel modèle du Joker en fonction de son époque, de son évolution ou plutôt de sa personnalité d’origine.

Difficile donc de cerner lequel des trois Jokers se démarque davantage, tant les trois immortalisent une époque, une situation, véhiculant un message de frénésie et de terreur sur leur passage. Les masques permettent de déchaîner leur part d’ombre, sans le moins du monde se soucier des conséquences.

Concernant la partie graphique, trois éléments frappent le lecteur d’entrée de jeu : le découpage de la majorité des planches constituées de 9 cases, la précision et la netteté du trait de Jason Fabok et, non des moindres, la palette de couleurs signée Brad Anderson, tout simplement royale.

© Urban Comics 2021

Alors oui, avouons-le clairement, ce découpage à répétition n’incluant que 9 cases symétriques peut déboussoler plus d’un lecteur. Seules quelques planches offrent un spectacle plus large, dévoilant davantage un arrière-champ jusque-là délaissé, mis au profit de gros plans zoomés sur les protagonistes. C’est d’autant plus dommage vu la qualité exceptionnelle du trait de Jason Fabok, qui s’illustre à merveille tout du long. Une précision chirurgicale, ne laissant pour ainsi dire aucune place aux approximations.

Imaginez un instant des plans rapprochés sur le faciès diabolique du Joker, grimaçant, s’esclaffant, postillonnant toute sa rage et sa folie ! Le résultat vaut son pesant d’or tout comme les signes de détresse de ses adversaires, Batman ou Batgirl, malmenés et terrassés. Privilégier cette formule de 9 cases permet d’insister sur le côté émotionnel des protagonistes.

© Urban Comics 2021

Et enfin, la colorimétrie couvre le bal de la cérémonie dans un éventail jubilatoire. Les tenues de Red Hood et de Batgirl resplendissent avec ces teintes gratinées et brillantes à souhait. Et que dire des costumes du Joker, saisissants jusque dans les moindres détails. Mais la palme revient sans nul doute à la séquence des bassins où des requins et piranhas exploseront littéralement de leurs aquariums dans un déluge de produits toxiques. Un régal pour les pupilles avec des tons verdâtres succulents.

Bref, ce titre se démarque non seulement par sa folie scénaristique mais également par son originalité graphique. À obtenir impérativement.

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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3 Messages :
  • Dessin et encrage virtuoses oui ! mais originalité , non ! ... car il s’agit toujours des mêmes personnages dans les mêmes décors depuis ... 82 ans. Ce n’est pas la même histoire quand on est un dessinateur réaliste et qu’on doit s’immerger dans une époque en particulier, créer des personnages, des décors, etc .

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    • Répondu par Michel Dartay le 24 novembre à  20:33 :

      Oui, il a du bien lire Brian Bolland et d’autres dans sa jeunesse !

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      • Répondu par PATYDOC le 25 novembre à  17:21 :

        Oui ... The "killing joke" en particulier ... C’est un démarquage complet !

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