Troll - T6 : La victoire en pleurant - par Morvan, Labourot & Lerolle - Delcourt

21 juin 2006 0
  • Est-ce la fin de {Troll} ? Celle du deuxième cycle en tout cas. Le côté "léger" des premiers tomes a disparu au profit d'une réflexion plus âpre sur l'être humain.

Suite à la mort de Larve, Fidel mène une guerre sans merci contre les trolls, nains et autres gobelins. A la tête des armées humaines, Rabel son fils aîné fait l’objet d’un enlèvement par les monstres. Mangog et Albrecht décident alors de tout tenter pour libérer Rabel et le convaincre de mettre fin aux hostilités.

Alors que le premier cycle de Troll évoquait une parodie des récits d’Heroïc-Fantasy, le second se veut une critique de la discrimination raciale, de la guerre et de la folie meurtrière des hommes, des thèmes chers à Jean David Morvan. La logique de l’horreur maximale conduit l’auteur à mettre en scène des camps de concentration et d’extermination. Ce n’est pas une surprise, derrière les hommes se cachent parfois des monstres... Le scénariste réussit la difficile alchimie de marier humour, un des fondements de la série, et thématiques de guerre ; ce qui n’est pas une mince affaire. Pas de happy end car la victoire se gagne dans la douleur.
S’il n’est jamais aisé pour un dessinateur de reprendre une série en cours, il faut avouer que Thomas Labourot s’en sort avec les honneurs. Bien sûr, la rupture graphique avec Boiscommun fut un peu rude mais le jeune Rémois a su confirmer en trois albums les espoirs fondés sur lui. Le dessin sert l’histoire avec efficacité et a su progresser à chaque nouvel opus.
N’oublions pas le formidable travail de Christian Lerolle. Le rouge prédomine avec force cet album sanglant. Le coloriste complète intelligemment le trait de Labourot quelque peu avare en encrage parfois.

Initiée avec Joann Sfar, Troll reste une série de qualité aux multiples facettes. Une suite verra-t-elle le jour ? Pour l’instant, rien n’est moins sûr. Labourot carbure sur Noodles ! sa nouvelle série et Morvan cherche plutôt à se recentrer. Une petite pause s’impose. Mais nous reverrons peut-être un jour Rabel, Mangog , Albrecht et consorts, qui sait...

(par Laurent Boileau)

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