Trolls de Troy - Un été au poil !

12 juillet 2014 1 commentaire
  • À peine six mois après leurs précédentes aventures, voici déjà le nouveau "Trolls de Troy" ! La preuve que Mourier est revenu au top de sa forme, pour que les jeunes et les moins jeunes se poilent au soleil...

On ne présente plus les stars poilues d’Arleston & Mourier. Depuis longtemps déjà, Pröfy cherche à construire une maison, ce qui consacrera son amour pour Waha. Hélas, les échecs architecturaux de Pröfy s’accumulent jusqu’à le déprimer complètement. Son dernier fiasco "pet-aradant" plonge le demi-troll dans la neurasthénie, jusqu’à devenir immobile et insensible à tout.

Comme un troll ne peut pas être malade, il faut soigner la moitié humaine de Pröfy et nos amis repartent sur la route. Le docteur de la tête pour humains qui est consulté, après avoir installé Pröfy sur son divan, soupçonne une forte crise d’identité : Pröfy a besoin d’en savoir plus sur ses origines. Voilà donc nos amis lancés dans une quête du père sur le mode surprenant de la psychanalyse trolle.

Trolls de Troy - Un été au poil !

Après la réussite du one-shot précédent qui présentait un échange d’identité pour Waha, les deux auteurs de Trolls de Troy rempilent avec une autre aventure en un tome. À rebours des diptyques précédents, on peut regretter quelques temps morts dans cet épisode. Si le fil de l’intrigue est très linéaire, il n’efface pas le plaisir que l’on ressent à retrouver cette bande de joyeux lurons. Leur innocence va de pair avec une certaine naïveté qui confine à la bêtise, ce qui permet de déclencher des situations cocasses ponctuées de savoureux dialogues. Psychanalyse et philosophie trolle se confrontent dans une joute verbale sertie de jeux de mots. Et l’on approfondit notre connaissance du personnage de Pröfy, dont on savait finalement peu de choses.

On se reprend encore à comparer cette série avec Astérix : un village retranché de balèzes un peu rustres, des visites camouflées au sein des villes "civilisées", l’incongruité de certaines scènes, etc. L’attaque du camp retranché en fin d’album termine un parallèle bien agréable. Enfin, coup de chapeau pour l’allusion d’Arleston aux OGM, qui prouve qu’on peut rire tout en évoquant finement une problématique bien contemporaine.

Avec un précédent tome paru fin 2013, Jean-Louis Mourier semble avoir laissé son souci de santé derrière lui pour dessiner avec un plaisir insoupçonné. Chaque case déborde d’une énergie et d’une réjouissance retrouvées. Il y a du génie dans les attitudes et les mimiques de ses personnages ! L’association avec les couleurs de Claude Guth permet à ce tome 18 d’atteindre un sommet. Trolls de Troy demeure un excellent moment de divertissement pour petits et grands, même si chaque génération jouit d’une tranche différente de rire.

Trop meugnon

Si Mourier a repris du poil de la bête, Didier Tarquin ne reste pas à la traîne. Il continue de dessiner les Gnomes de Troy entre deux Lanfeust.

Le tome 4 ne déroge pas à une recette immuable qui a fait ses preuves : une tripotée de personnages dans une vision sarcastique de l’enfance transcendée par la magie selon une recette éprouvée : quelesques disputes à la P’tis Diables, une curiosité pour les culottes des filles chère au P’tit Spirou... On y rajoute les ingrédients du Monde de Troy (coup de cœur pour les flapins), mijotés à la sauce Arleston. L’ensemble se lit avec beaucoup de plaisir, pour autant que l’on apprécie les facéties d’une bande de garnements qui rivalisent de mauvaises idées !

Voilà qui donne de quoi patienter sous le Soleil tout l’été en attendant le prochain Lanfeust prévu pour la fin de l’année. Le rendez-vous est fixé à la même date pour le tome 19 de Trolls de Troy, celui qui avait été repoussé à cause de la tendinite de Mourier.

Ce décalage rend possible une publication du tome 20 en... juin 2015, ce qui nous apporte la présence de quatre albums en dix-huit mois ! Moralité : Sevrer un troll est improductif : il aboutit invariablement à une démultiplication de son appétit !

(par Charles-Louis Detournay)

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Lire nos autres chroniques de Trolls de Troy : tomes 7, 9, 10 et 11, 13, 14, 15 & 16, 17 ainsi que Dix ans de Trolls de Troy.

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