Trolls de Troy t.7 - Plume de sage - Soleil

9 mai 2004 0 commentaire
  • Personne ne résiste au charme du stagiaire Eouïng, pas même les féroces trolls du village de Phalompe... et voilà Waha, Tëtram et toute la bande repartis pour une aventure pleine de baffes et de ripailles !

Le vénérable Rysta Fuquatou est sous le coup d’une horrible malédiction : il a été mélangé avec un oiseau. Pour se débarrasser de ses plumes, une seule solution : boire du lait de trolle sauvage. Le sage d’Eckmül arrivera-t-il à traire l’une des charmantes bébêtes à poils ? Grâce au pouvoir du stagiaire Eouïng, se rendre sympathique à toute personne l’approchant de trop près, cet exploit semble moins irréalisable. Le fourbe stagiaire va donc s’introduire à Phalompe, éviter la casserole et attirer la radieusement grosse Puitepée dans les embûches de l’échopping. S’en suivent une série de gags, baffes et autres torgnoles que n’auraient sans doute pas reniée nos ancêtres les Gaulois.

Certains reprochent peut-être à Arleston de faire du Goscinny sans avoir le talent du maître. On peut désormais leur rétorquer franchement d’arrêter de bouder leur plaisir. Dans Trolls de Troy, l’héritage est pleinement revendiqué. Dans le texte d’abord : « ils sont fous ces humains », dans les situations ensuite : les bagarres dans le village, ou même ce déjeuner dans la hutte de Tëtram à la page 23 (il rappelle étrangement certaines cases d’Astérix)... Dans les personnages enfin... de Détritus à Eouïng, il n’y a qu’un pas que le rapprochement avec La Zizanie (la scène en ville) nous permet de la franchir allègrement...

Pourtant Arleston ne se contente pas de citer ses classiques. Son écriture n’appartient qu’à lui. C’est maintenant avec plaisir qu’on retrouve le petit monde de Troy, ses trolls et ses situations abracadabrantesques. Dans ce septième opus, le scénariste commence d’ailleurs à jouer, pour notre plus grand plaisir, sur le comique de répétition.

De son côté, Mourier multiplie les références. Entre les planches même d’abord, avec des cases qui se répondent, ou des actions parfaitement parallèles. Avec l’univers de Soleil ensuite : on croisera ainsi Noa, l’héroïne de Sky.Doll, ou Christophe Arleston lui-même dans les pages de Plume de Sage. Quant aux enseignes qui encombrent la rue commerçante de la ville où se déroule le massacre...
Sur la couleur de Claude Guth, il n’y a rien à dire. Elle est vive, elle accroche, on ne s’ennuie pas.

Bref, on en prend plein la figure tout au long de ces 52 pages et on rigole bien. Un seul petit bémol peut-être : la violence banalisée qui anime nos héros. Mais bon, on leur pardonne, ce sont des trolls quand même ! Arleston et Mourier ont réussi à retrouver le cocktail magique d’Astérix : plusieurs niveaux de lecture, des références, des jeux de mots, de l’action, et beaucoup d’humour !

(par Martin Grillard)

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