Un Rire dans la nuit - Richard Sala - Vertige Graphic

4 décembre 2006 0 commentaire
  • Les histoires diaboliques de Richard Sala débarquent enfin sur nos côtes. Âmes sensibles ne pas s'abstenir.

Certains amateurs de courts métrages dans les années 90 se rappellent peut-être l’émission de Canal + L’Œil du cyclone, qui diffusa entre autres les délires visuels de la Liquid Television de MTV (Aeon Flux, c’était là). Parmi les séries récurrentes se trouvait Invisible Hands, une sombre histoire au graphisme anguleux, où crimes et retournements improbables se succédaient de façon absurde. Tout Richard Sala était déjà là.

Un journaliste de bas étage reprend à la demande de son patron la rubrique astrologique, après l’assassinat du rédacteur attitré ; des meurtres en série (d’astrologues, en l’occurrence) font frémir la ville ; d’étranges personnages en savent plus qu’ils ne veulent bien le dire ; de petites poupées à l’effroyable secret font saliver les collectionneurs... Et quelque chose rit.

Si Dario Argento faisait de la BD dans une esthétique expressioniste (ou si Tim Burton faisait du giallo), il créerait peut-être ce genre d’album. En 200 pages bien tassées, Un Rire dans la nuit nous entraîne dans une histoire tarabiscotée à souhait, avec un « héros » complètement largué, qui ne soupçonne pas un seul instant dans quel engrenage il a mis le doigt.

Un Rire dans la nuit - Richard Sala - Vertige Graphic

Il est assez amusant de constater que, pour une BD qui n’a pas de prétention intellectuelle, cet album nécessite une certaine concentration à la lecture. Richard Sala n’aime rien tant que perdre son lecteur dans les méandres de l’intrigue, et il faut accepter de se laisser entraîner sans bien comprendre ce qui se passe, du moins pendant les premiers chapitres.

Richard Sala reviendra bientôt dans les bacs de nos libraires avec Delphine, sa nouvelle série réalisée pour Coconino Press. Dégustez donc Un Rire dans la nuit (toutes lumières allumées), en attendant.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?