Uncanny Avengers, Tome 1 – Par Rick Remender, John Cassaday & Olivier Coipel – Panini Comics

14 avril 2014 7 commentaires
  • Afin de prouver au monde qu'une coexistence paisible est possible entre humains et mutants, des Avengers et des X-Men sont réunis dans une même équipe de choc : les Uncanny Avengers. Le rêve de Charles Xavier va t-il se réaliser ou tourner au cauchemar à cause de cette nouvelle équipe ?

À l’occasion de la conclusion d’Avengers vs. X-Men (2012), l’éditeur Marvel a souhaité échanger les équipes créatrices entre ses séries-phares mais aussi lancer de nouvelles séries. Uncanny Avengers est l’une d’elles : elle a pour but d’attirer le lectorat fidèle des Avengers et/ou des X-Men, mais aussi d’offrir au public à conquérir un échantillon de personnages prestigieux pour appréhender l’ambiance de leur univers.

Le scénariste Rick Remender est en charge de ce nouveau projet. Jusque là, son principal fait d’armes chez Marvel a été sa récente gestion de la série Uncanny X-Force, une série où un groupe de tueurs issus des rangs des X-Men emploie la manière forte pour faire disparaître les menaces qui pèsent sur leur communauté. Le style de Remender y est alors identifiable : développement des relations entre les personnages d’un groupe jusqu’à en tirer des situations manifestement inextricables pour les lecteurs...

Cette nouvelle série s’inscrit dans la continuité d’Avengers vs. X-Men : Captain America ayant compris qu’il avait trop fermé les yeux sur la situation des mutants dans le monde. Il décide de monter une équipe d’éléments reconnus du public pour lui montrer qu’il est possible de faire vivre le rêve de Charles Xavier (récemment tué par son fils spirituel, Cyclope, devenu le temps d’un instant le Phénix noir).

Bien que le grand stratège qu’est Steve Rogers pourrait facilement ajouter une nouvelle ligne à la très longue liste d’équipes qu’il commande ou qu’il a commandé, il décide de confier les rênes à un personnage inattendu : le frère cadet de Cyclope : Havok.

Uncanny Avengers, Tome 1 – Par Rick Remender, John Cassaday & Olivier Coipel – Panini Comics
Alex Summers, un X-Men à la promotion XXL au moment où son grand frère est devenu l’ennemi public numéro un.
© Marvel - Panini Comics

Alex Summers (Havok) est bien connu des lecteurs des séries X-Men comme l’un des leaders de cette communauté : on pensera ainsi à son rôle dans les groupes X-Factor ou Starjammers. Un leader, certes, mais aussi un homme qui a grandi dans l’ombre de son imposant frère aîné. Ne partageant pas les idées révolutionnaires de Scott/Cyclope, Alex trouve que la réunion des Avengers et des X-Men dans une même équipe serait un beau premier pas vers une réconciliation des différents partis.

Crâne Rouge revient avec un plan inédit : faire des États-Unis un état fasciste grâce à sa peur des mutants (et le pouvoir de contrôle mental de feu Charles Xavier).
© Marvel - Panini Comics
Non, ce n’est pas l’éculée blague francophone à propos de Facebook qui est ici mise en avant mais bien de la présentation de l’un des nouveaux méchants de l’univers Marvel...
© Marvel - Panini Comics

Bien évidemment, la menace ne se fait pas attendre qui va tester la cohérence de cette nouvelle équipe : Crâne Rouge, le criminel nazi, revient une énième fois d’entre les morts afin d’imposer son Reich éternel. Le problème... c’est que la tournure prise par les événements, voire la narration elle-même, est bien trop kitsch pour être crédible.

Dans sa nouvelle conquête du pouvoir, Crâne Rouge est accompagné de sbires modifiés génétiquement ou ensorcelés appelés les C-Men. Le graphisme ne cède pas au grand-guignol de certains comics d’antan... Difficile aussi pour le lecteur de donner du crédit à des adversaires qui, pour la plupart ont des descriptions ou des suer-pouvoirs relativement ridicules. Ajoutez un chef qui a l’abracadabrantesque idée de fusionner son cerveau avec celui du cadavre de Charles Xavier afin de récupérer ses pouvoirs et l’on prend la mesure du pétrin dans lequel le lecteur s’est fourré !

L’autre point noir de ce recueil touche à la narration. Celle-ci apparaît souvent peu inspirée et les tentatives de détendre l’atmosphère par des traits d’humour tombent souvent à plat. De plus, ce recueil la lecture est alourdie par un système de récitatifs qui prennent beaucoup de place dans les planches et desservent plus qu’autre chose l’action décrite.

Un exemple de ces traits d’humour qui ne sont pas des plus efficaces.
© Marvel - Panini Comics

Toutefois, si ce recueil inspire un sentiment de déception, il convient tout de même d’énoncer les raisons de ne pas désespérer de cette série. Dans le prochain volume, Remender écrira dans le registre d’un Remender qui a fait déjà ses preuves : s’il parvient déjà ici à jeter des bases conflictuelles intéressantes entre Malicia et la Sorcière Rouge (questions familiales et sentimentales) ou entre Steve et Alex (question de leadership dans l’équipe), on peut s’attendre à quelque chose de plus puissant.

Sur le plan graphique, le premier arc de la série a été réalisé par John Cassaday : le travail proposé est impeccable mais, une fois mis en comparaison avec l’épisode final du recueil réalisé par Olivier Coipel, on se convainc bien vite que l’on aurait aimé voir l’artiste français davantage sollicité pour cette série... Comme d’ordinaire, le trait de ce dernier est sublime.

Ce tome 1 d’Uncanny Avengers est une déception, mais c’est une série à ne pas enterrer trop tôt car la suite à paraître les prochains mois viendra probablement lever les doutes que suscitent cette première sortie.

(par Romuald LEFEBVRE)

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7 Messages :
  • Ce livre me semble bourré d’idées cocasses ; donc il peut être intéressant de le lire pour se divertir, d’autant plus chez nous, il n’y a pas lieu de plaisanter avec le Troisième Reich et le nazisme. Les Américains (qui ne sont guère plus gâtés avec leur sinistre KKK) peuvent à la limite se le permettre. C’est une belle preuve d’indépendance d’esprit, surtout si l’on oublie qu’il leur a fallu attendre les années soixante pour abolir dans leur beau pays des droits de l’homme la ségrégation raciale.

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    • Répondu le 15 avril 2014 à  01:15 :

      Les Américains (qui ne sont guère plus gâtés avec leur sinistre KKK)

      Dès les années 40 "Superman" cassait du raciste dans un serial radio légendaire que tout le monde s’accorde pour définir comme LE moment où le KKK perdit de son influence. À entendre certains héritiers francophones de cette mouvance de nos jours me fait penser que vous feriez mieux de balayer devant votre porte, cher Hibernatus.

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      • Répondu par H2O le 15 avril 2014 à  21:34 :

        Je ne vois pas trop le rapport, monsieur l’anonyme ! Comme chacun sait, si le KKK fut effectivement interdit à juste titre, il n’empêche que la ségrégation (dans les bus, écoles, etc) fut d’usage aux Etats-Unis jusqu’au début des années soixante... il y a juste cinquante ans environ.

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  • Et donc, la traduction, qu’est-ce qu’elle vaut ? Les textes VF sont corrects ? Qui est le traducteur ? Son nom n’est pas indiqué dans la BD ?

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    • Répondu par Romuald Lefebvre le 15 avril 2014 à  09:27 :

      Le nom du traducteur n’est pas indiqué dans le matériel promotionnel que nous fournit l’éditeur Panini, désolé. Toutefois, le travail des traducteurs employés par Panini ces dernières années est de qualité et ne trahit pas, à mon avis, le contenu originel.

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      • Répondu par Marco Zanini le 16 avril 2014 à  18:12 :

        Jérémy Manesse est à la traduction. Pas trop de soucis à se faire de ce côté-là.

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      • Répondu le 17 avril 2014 à  08:12 :

        Peut-être qu’ils ne veulent pas plomber la promotion de leurs magazines ?

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