Une Aventure rocambolesque de... -T3 : Attila le Hun : Le Fléau de Dieu - par Larcenet & Casanave - Dargaud

29 mai 2006 0 commentaire
  • Après Freud et Van Gogh, Larcenet décortique à sa façon la personnalité du sanguinaire et impitoyable Attila. Amusant mais une chute décevante.

Après la conquête de la Beauce, Attila est désormais maître du monde. A quoi peut-il aspirer désormais ? Il décide de renvoyer son armée et se retrouve seul face à lui-même et à ses angoisses existentielles.

Il voulait le monde et il l’a eu. A présent, Attila, le fléau de Dieu, est fatigué ! Qui l’eut cru ? Larcenet ! L’auteur s’amuse à nous révéler une face cachée du célèbre chef des Huns, celle d’un homme en proie à la dépression. Son humour décalé transforme le chef inflexible et cruel en un être humain victime de ses questionnements. "Puis-je vivre sans aspiration ?" se demande Attila. Maître du monde que peut-il encore conquérir ? Avec qui peut-il encore s’affronter ? Ces deux derniers combats l’amènent face à Dieu et à lui-même. Manu Larcenet manie toujours aussi bien l’art de l’absurde et les dialogues sont la plupart du temps assez savoureux. "Vous n’avez jamais eu le courage de vous attaquer à vous-même. C’est sans doute là votre immense défaite." conclut le vieux guerrier Ratko.
Le trait de Daniel Casanave reste assez proche de celui du scénariste. D’autant que la mise en couleur de Patrice Larcenet assure la cohérence et le passage de témoin. Le dessin apporte fraîcheur et profondeur aux propos d’Attila.
Cet album délirant pêche un peu sur la fin, la chute n’étant pas à la hauteur du reste de l’album. Ce qui peut-être aurait fait un bon album chez un auteur lambda devient décevant chez Larcenet. La qualité de son œuvre rend le lecteur exigeant. C’est sans doute la rançon du succès...

(par Laurent Boileau)

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