Urban Comics abandonne le kiosque ?

20 mai 2020 0 commentaire
  • C’était dans l’air avec les problèmes de distribution que rencontrent les journaux et magazines en France, conséquence des problèmes structurels et de gestion de la société Presstalis, qui distribue plus de 75% de la presse en France.

En restructuration, le dépôt de bilan de Presstalis a affecté bien des titres historiques, comme ActuaBD vous l’a déjà raconté- https://www.actuabd.com. Au-delà, cette annonce est un véritable coup dur pour les comics version presse, antre de l’achat spontané, et pour les lecteurs, encore nombreux, pour qui c’était le format favori, véritable rendez-vous quasi ritualisé : l’éditeur Urban Comics met officiellement un terme à son offre en kiosque !

Il y a quelque chose de triste dans cette information, et d’un peu préoccupant.

Urban Comics abandonne le kiosque ?

L’éditeur explique que le magazine Batman bimestriel N°6, unique survivant de son offre kiosque depuis la sortie en juillet 2019 du premier numéro, ne pourra plus être distribué, alors qu’il devait sortir la semaine dernière. Clap de fin ?

Dans un communiqué, Urban déclare : « Suite à l’évolution de la distribution de la presse et aux derniers développements concernant la situation financière de Presstalis, nous vous confirmons que nos magazines ne seront plus distribués par cette société et, de fait, ne seront plus disponibles en kiosques comme ils l’ont été depuis février 2012. Parce que, pour certains d’entre nous, le parcours de lecteur a débuté dans les bureaux de tabac et autres maisons de la presse, nous avons eu à cœur de maintenir notre offre magazine le plus longtemps possible dans ces points de ventes. Ça n’est aujourd’hui plus possible, malheureusement. »

© DC Comics / Urban Comics.

Ils ajoutent : « Cette crise ne signe cependant pas la fin des magazines Urban Comics. Nous sommes actuellement à la recherche d’une nouvelle solution de distribution. Aussi, nous vous tiendrons au courant de la manière dont vous pourrez bientôt nous retrouver dans les pages de Batman Bimestriel #6. »

Peut-être la filiale de Media-Participations négocie-t-elle avec le concurrent de Presstalis, MLP (Messageries Lyonnaises de Presse, spécialisées dans les magazines, alors que Presstalis se réservait les quotidiens). Le problème est commun avec les autres magazines du groupe, notamment Spirou.

Auparavant, l’éditeur Panini Comics qui publie les comics Marvel, s’était résolu à faire de même, face aux mêmes insolubles, semble-t-il, problèmes logistiques. Avec un changement dans la distribution de ses ouvrages qui ont quitté kiosques et maisons de la presse et au passage un nouveau façonnage aux couvertures plus épaisses, assorties de rabats, pour être rangés dans les rayons livres des espaces culturels et librairies. Forcément, le prix s’en est ressenti...

Même si globalement l’acheteur se retrouve gagnant, en pourcentage de prix à la page, l’équation a du mal à passer auprès de beaucoup de lecteurs qui doivent désormais passablement augmenter leur kilométrage pour étancher leur soif de BD américaine. c’est quelque chose qui compte aussi.

Car voilà encore une point de "surface d’exposition" (dixit John Byrne->art25888], propre à capter de nouveaux lecteurs tout en satisfaisant les habitués, qui disparaît. C’est réjouissant.

Le kiosque, temple de l’achat spontané, combien se sont laissés surprendre ?
© Marvel Comics.

Depuis le vendredi 15 mai, Presstalis a été placée voici deux semaines en redressement judiciaire par le Tribunal de Commerce, avec liquidation de deux de ses filiales. Résultante d’une conséquente dégradation de la qualité du service depuis des mois, la distribution des quotidiens et magazines connaissait d’importantes perturbations, la crise du Covid-19 n’arrangeant rien. Pour la division presse d’Urban Comics, c’est le coup de grâce.

L’éditeur francophone de Batman pourrait prendre une direction similaire à celle de Panini Comics, mais rassure en annonçant que l’historique format magazine existera toujours, quitte à passer par un système d’abonnement.

Espérons que d’autres solutions se matérialisent, cette "ghettoïsation" de la BD qui s’accentue n’augurant rien de très plaisant.

(par Pascal AGGABI)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?