Valérian - T 19 : Au bord du Grand Rien - par Mézières et Christin - Dargaud

17 novembre 2004 0 commentaire
  • Un nouveau cycle, un nouveau tour de passe-passe.

Quand la fille aux trois seins ouvrait son corsage, ou lorsque les oiseaux du maître se précipitaient sur les deux agents spatio-temporels, j’étais captivé. Moi aussi, je me baladais en hovercraft dans les rues de New York noyée sous les eaux. Sur Terre, après le grand cataclysme, ou dans des univers sombres et étranges, cosmopolites et colorés, mon attention était subulée, j’étais subjugué. Et puis, petit à petit, mon intérêt pour Laureline et Valérian s’était émoussé. J’avais le sentiment que leurs nouvelles aventures ne les portaient pas là où je les avais maintes fois imaginé. À force de tenter de deviner ce qui pouvait bien se passer entre chaque épisode que Mezières et Christin nous révélaient, je finissais par ne plus y trouver mon compte. Pourtant, en ouvrant les yeux sur ce nouveau cycle, Au bord du grand rien, mes synapses rétablissent le contact avec un plaisir de lecture un peu effacé.

Quelle est la trame de ce récit ?
Laureline et Valérian sont désormais à la recherche de la Terre qui a disparue. Et comme il existe encore un endroit où personne n’ose aller, cela doit être là-bas qu’elle se trouve, dans le Grand Rien. Personne n’ose y aller ? Et bien si. Un vaisseau cherche justement du personnel compétent et qualifié. En attendant de croiser cette occasion, les deux ex-agents spatio-temporels jouent les petits commerçants redresseurs de torts en camping-car des étoiles. Ils sont accompagnés dans leur tâche du schniarfeur, une créature ô combien pratique pour résoudre des intrigues un peu compliquées - un coup de Schniarf et tout s’arrange - qu’ils, et c’est bon signe pour la trame à venir, finiront par laisser derrière eux. Au passage, ils en profitent pour aider une pauvre champisse maltraitée à sortir de la misère. Pendant ce temps, dans l’ombre, on œuvre à leur perte...

C’est fou ce qu’un résumé peut révéler comme points marquants du scénario qui, je vous l’accorde, ne semble pas bien salivant. Pourtant, c’est un cocktail réussi d’humour, de bons sentiments, de bande dessinée à message et d’aventure référencée qui évite l’auto-référence à outrance... Je marche.
Peut-être avant tout parce que Mézières possède cette incroyable force d’évocation de l’espace. Et puis certainement parce que l’on sent que les deux auteurs se font encore tant plaisir. Un nouveau cycle suppose de nouvelles envies, un territoire vierge à explorer, tant narrativement que graphiquement. Il ne me reste plus qu’à espérer que l’équilibre qu’ils ont trouvé là corresponde à celui que je me suis imaginé dans les prochains volumes. C’est fou comme l’évocation peut faire des ravages.

(par Ronan Lancelot)

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