VanO : " Rhonda est un prénom qui évoque les Sixties dans l’esprit des gens. "

28 octobre 2014 0 commentaire
  • Coup de projecteur sur Hans van Oudenaarden, alias VanO, l'auteur néerlandais de Rhonda, dont le premier album est publié chez BD Must.
VanO : " Rhonda est un prénom qui évoque les Sixties dans l'esprit des gens. "
Rhonda - Help me, Rhonda T1/3
VanO (c) BD Must

Depuis combien de temps êtes-vous dans la BD ?

VanO : J’ai d’abord débuté par des études de biologie à l’université, j’ai obtenu mon diplôme mais je n’étais pas vraiment heureux dans cette voie. Un jour, je suis tombé sur une revue Disney avec Donald Duck. Je savais que ce magazine était produit en partie aux Pays-Bas et j’ai été les voir en leur proposant mes services et ils ont accepté. C’est comme cela que j’ai débuté, en amateur. Je n’avais aucune expérience car je sortais à peine de l’université. J’ai travaillé sur les séries Donald Duck et Goofy (Dingo). J’ai aussi bossé comme “nègre” sur Sjors & Sjimmie, une BD très populaire aux Pays-Bas [1]

Avez-vous travaillé dans un studio ?

Oui, je travaillais en partie en studio mais la plupart du temps, je bossais chez moi. Sinon, j’ai travaillé pour Warner Bros, sur les personnages de Looney Tunes tels que Daffy Duck ou encore Titi et Grosminet. Puis j’ai bossé sur Jan, Jans en de kinderen, une BD familiale très célèbre chez nous [2]. Par la suite, j’ai travaillé comme “nègre” pour d’autres auteurs et j’ai effectué quelques boulots de commande pour des entreprises et dans la publicité. Finalement, j’ai décidé de me mettre à mon propre compte, dix ans après avoir débuté dans ce métier.

Sjors & Sjimmie
Martin Branner & Frans Piët (c) Éditions Eppo

N’est-ce pas difficile de faire ce travail de l’ombre sans que le public, qui lit et apprécie votre travail, ne sache que vous existez ?

En effet, ce n’est pas évident, et il faut se forcer car ce n’est pas quelque chose de naturel. C’est comme si vous essayez d’imiter la voix de quelqu’un d’autre. Mais bon, cela m’a permis de faire mon trou dans la BD alors qu’elle ne fait pas partie de la culture aux Pays-Bas comme ça peut être le cas en Belgique ou en France. Bruxelles est vraiment la capitale de la bande dessinée. La France est un grand marché pour la BD, mais pas la Hollande. C’était dur !

Comment est né le projet Rhonda ?

Connaissez-vous la chanson des Beach Boys, Help me Rhonda ? Pour cette BD, je souhaitais situer l’action dans les années soixante et Rhonda est un prénom qui évoque les Sixties dans l’esprit des gens. Ce fut difficile de réaliser cette BD. L’histoire est ancienne, car je l’ai imaginée dans les Nineties avec le scénariste Hanco Kolk. Nous y avons travaillé quelques mois mais le magazine avec lequel nous avions un deal pour la publication a décidé de se rétracter. Nous ne nous entendions plus avec eux et nous avons dû arrêter. Dix ans plus tard, j’ai revu Hanco et il m’a encouragé à relancer cette BD. Au début j’étais sceptique car beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis que nous avions abandonné ce projet. Mais il m’a convaincu et nous avons repris l’histoire avec une énergie nouvelle... Sauf que nous étions plus vieux et nous n’avions plus la même vision sur cette BD. Finalement, je me suis retrouvé seul aux manettes. Mais Hanco Kolk et moi sommes toujours amis. Il continue de suivre mon travail et il m’encourage...

Jan, Jans en de kinderen
Jan Kruis (c) Libelle

Comment avez-vous rencontré votre éditeur francophone BD Must ?

Avant Rhonda, je travaillais sur une autre BD, un peu nostalgique, intitulée Bob Evers, qui se déroule aux Pays-Bas dans les Fifties. C’est une série adaptée de romans populaires. Je l’ai montrée à mon contact chez BD Must et il a semblé être intéressé. J’ai alors continué à lui montrer mes travaux. À un moment, j’ai glissé quelques dessins de Rhonda et il a complètement flashé sur elle au point que j’ai dû mettre Bob Evers de côté.

Quel a été le modèle féminin pour Rhonda ?

Je me suis inspiré de l’actrice Sherilyn Fenn qui jouait le personnage d’Audrey Horne dans la série Twin Peaks. Je trouvais que cette actrice avait un formidable visage et un regard étincelant pour une artiste ! Mon attention était complètement focalisée sur son regard. Je me suis donc inspiré du visage de cette comédienne, je l’ai retravaillé un petit peu mais j’ai conservé ce regard car c’est un élément essentiel chez Rhonda. Il fallait qu’elle ait du caractère pour une femme indépendante qui vivait dans les années soixante.

Rhonda - Help me, Rhonda T1/3
VanO (c) BD Must

Quels sont les auteurs de BD qui vont le plus influencé ?

Quand j’étais jeune, je dévorais beaucoup de comics, notamment ceux d’Harold Foster et Alex Raymond. Je lisais aussi beaucoup le Spider-Man de John Romita Sr... mais peu de BD francophones ! J’ai découvert le franco-belge plus tard, avec André Franquin...

Compreniez-vous l’humour de Franquin ?

C’est vrai que l’humour de Franquin était très différent de l’humour des comics. Le rire américain dans les comics est un humour à rebours tandis que chez Franquin, tout l’humour s’exprime dans le trait. C’est vrai que c’est une culture différente, mais lorsque l’on arrive à le comprendre, ça tient du génie !

Rhonda - Help me, Rhonda T1/3
VanO (c) BD Must

(par Christian MISSIA DIO)

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Rhonda sur le site de BD Must

À lire sur ActuaBD.com :

La chronique du T1 de Rhonda

[1Sorte de spin-off du comic strip américain Winnie Winkle (Bicot en français) de Martin Branner, Sjors & Sjimmie est dessiné par Frans Piët en 1938, puis repris par une multitude d’auteurs comme Jan Kruis, Jan Steeman et d’autres, jusqu’à aujourd’hui. NDLR.

[2Créée par Jan Kruis en 1970 dans l’hebdomadaire néerlandophone féminin Libelle.

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