Velvet T.1 - Par Ed Brubaker et Steve Epting (Trad. Jacques Colin) - Delcourt

1er décembre 2014 0 commentaire
  • Depuis quelques années, s'il y a bien un nom à retenir lorsqu'on en vient à parler de comics d'espionnage et de détectives désabusés, c'est bien celui d'Ed Brubaker. Preuve en est une nouvelle fois avec ce nouvel album.

Tout commence d’une manière des plus banales pour les habitués du genre : une organisation d’agents secrets et d’espions dont personne n’a jamais entendu parler ; le meurtre d’un de ses meilleurs hommes durant l’une de ses missions ; la découverte de l’existence d’une taupe. Quant à savoir de qui il s’agit...

C’est ce que va tenter de découvrir Velvet Templeton, secrétaire dans la quarantaine et assistante du directeur de cette agence secrète formée durant la Seconde Guerre mondiale. Elle épluche les archives et les ordres de mission de la victime pour remonter la piste du tueur. Or, de fil en aiguille, ces investigations auront tôt fait de la mettre elle-même en danger en la faisant tomber dans un piège qui fera d’elle le principal suspect de cette affaire.

Malheureusement pour les agents venus la confronter, Velvet s’avère être bien plus qu’une simple secrétaire et traîne son lot de secrets dans ses bagages.

Velvet T.1 - Par Ed Brubaker et Steve Epting (Trad. Jacques Colin) - Delcourt
© Delcourt

Brubaker multiplie ce type d’intrigues depuis des années et en a fait sa spécialité, sans oublier d’aborder chaque histoire sous un angle différent, proposant des œuvres dotées chacune de sa propre empreinte.

Que ce soit à travers le prisme d’un récit de super-héros avec son run sur Captain America, où il instille une ambiance tantôt fantastique, tantôt horrifique avec Sleeper et Fatale ou bien encore en plaçant de manière originale une enquêtre procédurale au sein d’un célèbre commissariat dans Gotham Central où le réalisme des situations contraste avec la folie ambiante de la cité.

Dans le cas qui nous intéresse, le scénariste positionne son propos autour de deux axes qui en font la particularité : théorie du complot sur fond de Guerre Froide et mise en scène d’un personnage féminin charismatique quadragénaire.

© Delcourt

On prend ainsi plaisir à retrouver dans sa trame certains éléments pour lesquels il s’était précédemment attardé dans son travail sur le héros à la bannière étoilée de Marvel, en compagnie d’une héroïne qui nous est dépeinte comme une femme particulièrement efficace, dotée d’outils de choix et de compétences certaines. Elles font d’elle l’une des meilleures investigatrices et espionnes qui soit, d’autant plus crédible que l’auteur s’est fixé certaines limites, notamment physiques, en raison de l’âge galopant de l’héroïne, ce qui la rend humaine et touchante.

Qualités bien utiles pour démêler les fils d’un mystère qui conduit Velvet autour du monde et qui ne fait que s’épaissir avec le temps, jusqu’à révéler les contours d’une conspiration qui se veut bien plus complexe et personnelle qu’elle ne l’aurait crue de prime abord.

Passionnant de bout en bout, à la fois grâce au graphisme d’un Steve Epting qui se prête à la perfection à ce jeu de piste et à une narration rythmée à la première personne qui aide totalement le lecteur à s’immerger et à s’attacher à une personnalité aux multiples facettes.

Velvet prouve une nouvelle fois la qualité et l’intelligence d’écriture d’un scénariste qui n’a pas fini de surprendre.

(par Marco ZANINI)

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