Versus Fighting Story - Par Izu, Kalon & Madd - Ed. Glénat

19 février 2020 0 commentaire
  • De "Yakitate Ja-Pan" à "Hikaru no Go", de "Food Wars" à "Eyeshield 21", le manga est traversé d’une longue tradition de séries sportives qui ont fait de la démesure leur marque de fabrique. S’emparer d’un thème banal pour en faire un enjeu duquel dépend le sort du monde et où l’on croise des personnages qui s’avèrent être des quasi-dieux aux capacités surhumaines, voilà une recette qui a fait maintes fois ses preuves et qui régale nombre d’aficionados. Dans cette tradition de shonen tellement premier degré qu’ils en deviennent 36e degrés, Glénat Manga nous régale d’une création originale de très grande qualité : "Versus Fighting Story".
Versus Fighting Story - Par Izu, Kalon & Madd - Ed. Glénat
© Glénat.

Dans cette série signée Izu et Kalon (avec un storyboard de Madd), nous suivons les aventures du jeune Maxime Volta, joueur professionnel de Street Fighter qui tente, tant bien que mal, de mener sa carrière sur la scène ô combien compétitive et sans pitié du jeu vidéo professionnel : l’Esport.

Le thème est périlleux : s’attaquer à un sujet aussi pointu peut être une catastrophe quand il n’est pas maîtrisé à la perfection, et il ne suffit pas pour cela de connaître deux ou trois mots du lexique vidéoludique. Pas d’inquiétude ici, le scénario est guidé par Izu, aussi connu sous le nom d’Asenka, une des stars incontournable du Versus Fighting français. Ce projet qu’il mûrit depuis plus de 15 ans représente le croisement ultime entre ses deux passions : le manga et l’Esport, pour un résultat très maîtrisé. Côté dessin, Kalon nous régale de sa maîtrise des codes du manga, qu’elle parvient à utiliser sans tomber dans la surenchère gratuite, tout en assumant ses influences américaines issues du comics.

© Glénat.
© Glénat.

Comme dans toutes les sagas du même genre, Versus Fighting Story convainc par le premier degré affiché : tous les personnages se prennent un peu trop au sérieux à tel point que ça en devient un ressort comique (que l’on retrouve encore une fois dans toutes les sagas du même genre, le lecteur doit faire un plus gros effort pour suspendre son incrédulité, mais une fois cela fait, le plaisir est décuplé).

Mais la plus grande force de la série -et paradoxalement aussi sa plus grande limite- réside dans la précision des références et du lexique utilisé. Les connaisseurs de l’Esport retrouveront toutes leurs marques sans problème et l’univers dépeint leur semblera alors très familier car fidèle en tous points à la réalité, et riche de nombreux clins d’œil à des personnalités bien connues de l’Esport. Mais les néophytes de la discipline risquent de se perdre entre les Streams, Chat, Shoryukens et autres Cross up et Meaty...

La série, en quatre tomes dont le dernier est sorti ce mercredi 19 février, s’adresse donc essentiellement à un public de connaisseurs qui verront là un beau prolongement fictionnel de ce qu’ils ont l’habitude de voir en Stream. Les autres risquent de trouver les aventures de Maxime un peu hermétiques.

La série n’en reste pas moins une très belle ode à la beauté de l’Esport et du jeu vidéo de combat qui donne envie à la fin de chaque tome d’aller tâter du Pad et de se doser entre amis sur Street Fighter V, dont la Champion Edition est sortie ce 14 février…

© Glénat.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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"Versus Fighting Story" - Izu, Kalon & Madd - Glénat - série terminée en 4 tomes - 7,60€ pièce.

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