Vive la classe ! - Par Baru - Futuropolis

18 janvier 2011 1 commentaire
  • Réédition de l'œuvre de Baru (une des premières) qui tombe à pic en ces semaines pré-angoumoisines.
    Comme toujours avec l'auteur de Quéquette Blues, la violence fait irruption à intervalles réguliers. On y évoque l'école, la condition ouvrière, les cultures immigrées... Du social bouillonnant, et la démonstration d'une forme de constance sans beaucoup d'équivalents dans le neuvième art.

Pour Futuro, Baru a revu et corrigé cette réédition. Le président d’Angoulême 2011 permet ainsi au public de redécouvrir une de ses premières BD qui raconte, comme beaucoup d’autres, un épisode de sa propre vie. A mettre en parallèle avec le triptyque paru récemment chez les Rêveurs.

Ici, on découvre la classe 68, à savoir les jeunes gens nés en 1948 et "bons pour le service", comme on le proclamait à l’époque du service militaire obligatoire (devenu facultatif depuis plus de vingt ans en France).

Vive la classe ! débute par un rappel historique de la conscription, dessins illustratifs à l’appui, d’autant plus pertinent aujourd’hui. Le récit qui suit évoque les quelques jours de folie encadrée suivant le conseil de révision, l’instance qui donnait "droit" d’aller faire une éventuelle guerre et de porter un fusil.

Tout l’univers de Baru explose alors d’une case à l’autre : les copains, les rivalités, les fantasmes sexuels, les éclats de voix qui précèdent les bourre-pifs, et quelques moments de solidarité. La farce guette à chaque page, bousculée par des moments de violence spectaculaires, et un désir de revanche, qui chez Baru hante ses albums depuis des années, qu’il s’agisse de l’Enragé, du Chemin de l’Amérique ou du dernier Fais péter les basses, Bruno !

Vive la classe ! et ses personnages taillés dans le béton des cités trouve le moyen de laminer le service militaire sans parler directement de la guerre. Au passage, l’école (le prof d’Allemand caricatural) prend aussi sa dose de vitriol en pleine face. Plus de 20 ans après, pas l’ombre d’une obsolescence.

(par David TAUGIS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
Participez à la discussion
1 Message :