Wayne Shelton - T5 : La vengeance - par Cailleteau, Denayer & Denoulet - Dargaud

24 février 2006 0 commentaire
  • Après l'originalité du tome 4 qui nous contait une partie du passé de Wayne Shelton, la facture de cet album-ci est beaucoup, beaucoup plus classique et même décevante.

Wayne Shelton s’est juré de venger la mort de Tran, celui qu’il considérait comme son fils. Dans le collimateur de l’aventurier se trouvent donc Mme Yoon, la femme qui a lancé le fatidique poignard, et surtout Hooker, l’instigateur véritable du drame. Hooker est une vieille connaissance pour Shelton : c’est un ancien compagnon d’armes du Vietnam reconverti dans la piraterie en Indonésie. Notre héros n’a qu’un seul indice pour remonter la piste : le couteau du crime...

Jean Van Hamme, avec son savoir-faire habituel, l’avait mis sur les rails, et Thierry Cailleteau avait repris le flambeau tout en douceur. Wayne Shelton semblait être tombé entre de bonnes mains. Beaucoup d’action, de l’aventure à 100 à l’heure, des coups de feu dans tous les sens, un zeste de charme, la recette est claire et James Bond n’a absolument rien à envier à notre héros. Christian Denayer nous offre une belle couverture comme porte d’entrée et le lecteur sait déjà que son dessin réaliste fera merveille sur ce type d’aventures. Alors tout va bien, dans le meilleur des mondes ? Pas tout à fait. Après un début un peu poussif (les deux planches, résumé de l’épisode précédent), l’intrigue concoctée par Cailleteau est sans surprise. Bien sûr, elle est efficace, mais elle utilise davantage les très grosses ficelles scénaristiques que la finesse. Dommage... D’autant plus que l’épisode précédent, avec ses flash-backs de la guerre du Vietnam, avait relancé la série et avait donné à Shelton une nouvelle dimension psychologique.

Le dessin de Denayer, épaulé par les couleurs de Bertrand Denoulet, est d’une limpidité à toute épreuve. Il apporte efficacité et punch aux aventures de notre baroudeur quinquagénaire.

Alors, Wayne Shelton a-t-il encore de belles années devant lui avant de prendre sa retraite ? Sans doute... À condition de ne pas se limiter à des rebondissements prétextes aux explosions et à la castagne.

(par Laurent Boileau)

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