Willem dans les tuyaux de Beaubourg

11 juin 2006 0 commentaire
  • Du 14 juin au 2 Octobre, le caricaturiste Willem reçoit les honneurs de la mezzanine de la Bibliothèque du Centre Pompidou. Quelque 160 œuvres seront exposées dans un parcours thématique qui aborde aussi bien la vie culturelle que les sujets de société, les impressions de voyages, l'actualité ou la politique. Un hommage marquant qui nous ravit.

C’est le plus hollandais de nos caricaturistes français. Né en 1941 aux Pays-Bas, Bernhard Willem Holtrop fait ses études aux Beaux-Arts de 1962 à 1967. La Hollande est alors en pleine effervescence artistique avec le groupe d’avant-garde Fluxus, mais aussi, en ce qui concerne la BD, en constituant la tête de pont en Europe des Comix underground venus d’Outre-Atlantique.

Sous cette influence, Willem collabore à la revue du mouvement Provo et à la création de LA grande publication underground hollandaise qui révèle Joost Swarte ou Théo Van Den Boogaard, Tante Leny Presenteert. Il est également en France de l’aventure Hara Kiri où il rejoint Siné (sa principale influence française), Reiser, Wolinski, Cabu, Cavanna...

Il s’installe à Paris à partir de 1968. Dans le même mouvement, il rejoint Charlie Hebdo où il officie toujours. Depuis 1986, sa signature est associée à Libération dont il est l’un des chroniqueurs les plus féroces grâce à sa rubrique « L’œil de Willem ». On lui doit aussi dans Libération une revue de presse hebdomadaire d’une grande culture graphique, qu’il avait commencée dans Charlie Hebdo et qui est à elle seule une chronique de la culture underground de 1969 à nos jours.

Willem dans les tuyaux de Beaubourg
Devant les cimaises de la Mezzanine
Willem se fait poser des micros par une équipe de télé.Photo : D. Pasamonik

Son anticonformisme, sa capacité à porter le fer là où ça fait mal, non sans ambiguïté ni dérapage parfois, son dessin laid mais juste, fait dire à Anne-Sophie Chazaud, la commissaire de l’exposition de Beaubourg, qu’il y a chez lui « du Rabelais scatologique, du Bruegel foisonnant, du Daumier incisif dans ces portraits et ces scènes de la vie quotidienne, de la vie politique, collective où chacun se trouve imbriqué, corps et âme ; où chacun se perd, aussi, dans la poursuite vaine et vaniteuse du pouvoir souvent ramené à sa métaphore fécale, tripale et sexuelle. »

Un auteur marquant et prolifique [1], qui mérite en tout cas le détour. Le quotidien Libération édite à cette occasion un guide de quatre pages. Un portrait documentaire produit par l’Oeil sauvage sera présenté en avant-première en septembre.

Willem à Beaubourg
Dessin de l’affiche. (c) Willem.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Willem, dessins et caricatures
Du 14 juin au 2 octobre
Centre Pompidou - Mezzanine
Entrée libre

En médaillon : Willem à Beaubourg en juin 2006, par Didier Pasamonik.

[1Une liste non exhaustive de ses ouvrage est en ligne sur ce site.

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