Woman World - Par Aminder Dhaliwal - La Ville Brûle

13 août 2020 0 commentaire
  • Dans un futur proche, alors que les hommes ont progressivement disparu de la surface de la Terre et que les catastrophes écologiques s’enchaînent, seules demeurent des femmes, (sur-)vivant en communautés. Elles tentent de réinventer un monde matriarcal, entre humour et philosophie.

Imaginons que notre civilisation ait été brusquement rasée : fini le consumérisme, le travail, les institutions... Et, à force de guerres et de catastrophes environnementales, les hommes ont également disparu ! Voilà le décor singulier que propose Aminder Dhaliwal, une autrice et dessinatrice canadienne qui signe sa première bande dessinée dont la réception lors de sa publication outre-Atlantique (par Drawn & Quaterly) a été très positive (nominations aux Ignatz Awards, aux Doug Wright Spotlight Awards et au Stephen Leacock Memorial Medal for Humour).

Woman World - Par Aminder Dhaliwal - La Ville Brûle

Ce cadre invite à repenser – et c’est là probablement sa principale force – les bases qui structurent nos sociétés, désormais délestées de références masculines : après tout, la disparition des hommes ouvre l’opportunité de réinventer des mondes.

Emmenées par leur cheffe Gaïa, une jeune femme souvent nue et heureuse de l’être, une dizaine d’héroïnes récurrentes partagent leurs réflexions sur la démocratie (on fait des assemblées générales et on y cause empowerment), l’écologie, la sexualité, les menstruations, ou encore la mémoire, avec Ulaana, la doyenne, seule femme à avoir connu des hommes en chair et en os.

Sous un même drapeau (qui représente… les cuisses de Beyoncé), ces femmes, la BD donne à voir un monde fait de diversité (dans les âges, les physiques représentés, les ethnies présentes...), de tolérance (il ne semble pas y avoir de règle formelle de vie en communauté), et, de fait, de féminisme : certaines répliques valent à ce titre leur pesant de cacahuètes : «  quelle tristesse ! Je ne verrai jamais d’hommes... Personne pour m’expliquer ce que je sais déjà... »

La narration se présente sous forme de gags de une à quatre pages, dont la compréhension nous est inégale : en dépit du travail de traduction de Clémentine Beauvais, certaines références et notes d’humour semblent nous échapper.

(par Damien Boone)

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