Wonder Woman T6 - Par Brian Azzarello, Cliff Chiang & Goran Sudzuka - Urban Comics

18 décembre 2015 0 commentaire
  • Clap de fin des aventures ré-imaginées par Brian Azzarello et Cliff Chiang de la célèbre princesse amazone. Une impressionnante conclusion, presque sans concession, qui va au bout de sa logique de «pure tradition de mythologie grecque».

Ce sixième tome [1] nous narre la bataille finale des rescapés de l’Olympe menés par Diana, alias Wonder Woman, alias la Princesse Amazone, alias la (nouvelle) Déesse de la Guerre, contre le Premier-Né prêt à dévorer, dans tous les sens du terme, le monde entier.

Dans cette dernière ligne droite les Amazones ont finalement été libérées de leur état de serpent par Héra, désormais alliée et redevenue une Déesse, et Diana doit faire face à leur méfiance, surtout en raison des changements qu’elle leur annonce : évoluer en acceptant le monde des hommes !

Wonder Woman T6 - Par Brian Azzarello, Cliff Chiang & Goran Sudzuka - Urban Comics
Le Premier-Né et ses "fidèles"
© DC Comics / Urban Comics

L’ensemble constitue un immense épilogue au très long run -période de travail- de Brian Azzarello et Cliff Chiang. Ils y invoquent l’intégralité de leur casting et les enjeux se resserrent autour de la destinée de Diana, et évidemment de celle de Zola et de son enfant, le Dernier-Né de Zeus qui doit un jour monter sur le trône, selon une prophétie.

Du côté des personnages, tous sont présents et nous avons le loisir d’admirer (une dernière fois ?) les versions The New 52 [2] très réussies des Dieux de l’Olympe, aux vices, aux tourments et aux designs modernisés avec talent : Héra, ancienne ennemie, accepte désormais son rôle de « grand-mère » de cœur, Artémis combat aux côtés du Neo-Dieu Orion [3] ou encore Déméter qui incarne une nature mourante.

Chaque personnage a ainsi droit à son moment et trouve sa place dans cet affrontement final. S’il apparaît fort appréciable de ne voir aucun personnage oublié, notons que leur prestation se révèle généralement courte, à quelques pages placées ici et là à des moments clés. Une « énumération » qui n‘est néanmoins pas gênante : chaque protagoniste agit selon sa propre logique, sans ralentir le récit, y apportant son « mordant ».

Artémis et Eros en action !
© DC Comics / Urban Comics

Du côté de l’ambiance, notons un aspect gore très présent, que ce soit avec le design d’écorché vif du Premier-Né (conséquence des tortures d’Apollon) ou un cannibalisme pratiqué par plusieurs personnages ! Sans oublier la séance de torture de Cronos, affamé et privé d’estomac !

La cité des amazones attaquée !
© DC Comics / Urban Comics

Un aspect qui sert ici un propos symbolique et qui fait écho à la tradition de la mythologie grecque, principal sujet de ce comics. En effet, dans cette série de Wonder Woman aucun autre élément ou même personnage de l’univers de super-héros de DC comics n’est présent.

Nous sommes du début à la fin dans une réécriture moderne de la mythologie grecque, avec ses enjeux de succession et de vengeance, ses dieux et ses demi-dieux, dont la figure principale, Diana, achève ici sa quête d’identité autour de ses multiples titres, à la tête d’une armée constituée de frères et de sœurs, que ce soit de sang ou de cœur.

La thématique de la famille « recomposée » a toujours été l’un des fils conducteur de la série, et les auteurs ont su tirer parti des particularités de la mythologie pour la transposer en une vision moderne, astucieuse et malicieuse.

Et c’est évidemment dans ce soutien collectif que Diana trouve la force de défier une dernière fois le Premier-Né. Un final qui propose un surprenant dénouement, plein de rage et de fureur, ainsi qu’un très beau rôle à notre héroïne.

On appréciera tout particulièrement le rôle de chef de troupe et de guerrière de Diana, un traitement certes classique, mais avec un récit et un personnel entièrement tournés vers cet objectif, dépourvus de tout aspect « super-héroïque », cette approche lui a permis de l’incarner au sens mythologique traditionnel.

Une série qui aura construit un univers, des personnages et des intrigues solides et passionnantes, le tout porté par les dessins dynamiques et les designs inspirés de Cliff Chiang, mis en valeur par les couleurs aux mille feux de Matthew Wilston.

Ce travail remarquable pour ce qui aura été certainement l’un des meilleurs runs de Wonder Woman depuis longtemps. La relève, assurée par Meredith Finch et David Finch, risque d’être difficile !

Le Premier-Né et Diana prêts à en finir
© DC Comics / Urban Comics
La couverture de l’édition US du tome 6 : bien plus esthétique comme toujours

(par Guillaume Boutet)

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Wonder Woman T6. Par Brian Azzarello (scénario), Cliff Chiang (scénario & dessin) & Goran Sudzuka (dessin). Traduction Thomas Davier. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 27 novembre 2015. 168 pages. 15,00 euros.

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Wonder Woman sur ActuaBD :
- Lire la chronique du tome 1,
- Lire la chronique du tome 4,
- Lire la chronique du tome 5.

[1Les épisodes contenus dans Wonder Woman T6 : La Chute des l’Olympe sont :
- Wonder Woman #30-35 (avril 2014 à octobre 2014),
- Secret Origins #6 (octobre 2014).

[2The New 52 : Redémarrage éditorial de l’univers super-héroïque de DC Comics, qui eut lieu en septembre 2011

[3Rappelons que les Neo-Dieux sont une création de Jack Kirby, dans le cadre du Quatrième Monde.

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