Wonder Woman Terre Un, T1 - Par Grant Morrison & Yanick Paquette - Urban Comics

25 juillet 2017 0 commentaire
  • Après Superman et Batman, Grant Morrison s’attaque à Wonder Woman. Premier acte d’une série en trois tomes, le célèbre écossais reprend les thèmes fondateurs du personnage et livre une version à la fois simple et sans concession. Remarquable !

Grant Morrison aura été peu actif chez DC Comic sur la période « The New 52 » (2011 à 2016). Il aura signé les 13 premiers numéros d’Action Comics, soit la première année, pour ensuite se lancer dans deux grands projets décrochés de la continuité principale : The Multiversity (2014-2015) et Wonder Woman Terre Un (2016).

Si le premier est toujours inédit en France, c’est le second qui nous intéresse aujourd’hui. Il fait partie de la collection US « Terre Un », des graphic novels qui proposent des versions revisitées des origines des grandes figures DC [1].

En soi, rien de nouveau, mais c’est ainsi que ce type de récit hors continuité était nommé lors de « The New 52 » car ils se déroulent sur la Terre-1 du multivers - et rappelons que la Terre principale, celle des aventures « officielles » de nos chers super-héro est la Terre-0.

Bref, si nous mettons de côté ces points éditoriaux et de collection, il s’agit donc pour Grant Morrison de nous proposer son Origin Story de Wonder Woman, et plus précisément de nous donner sa vision du personnage, comme il le fit avec All-Star Superman (2005-2008) et son run -période de travail- sur la série régulière Batman (2006 à 2010).

Notons enfin qu’il s’agit du premier album sur trois prévus et qu’aux US, il n’a pas encore eu de suite. Il faudra donc s’armer d’un peu de patience !

Wonder Woman Terre Un, T1 - Par Grant Morrison & Yanick Paquette - Urban Comics
© DC Comics / Urban Comics

Sur l’histoire elle-même, Grant Morrison reste sur du très classique et la trame formelle offre peu de surprises, si ce n’est une narration usant du motif du procès, à la fois comme dispositif de suspense, mais aussi et surtout pour traiter son sujet, un retour aux sources du personnage autour de deux axes : un féminisme sans concession et le concept de soumission.

Ce dernier point peut surprendre mais la soumission, mais également le bondage, sont des thèmes chers à William Moulton Marston, le créateur de Wonder Woman. Son idée sur la soumission était qu’il représentait une qualité importante de la gent féminine, car elle affirmait à la fois l’humilité et la reconnaissance d’une personne digne de soi… Mais dans cette vision des choses, la soumission n’avait de sens que si la personne à qui l’on s’en remet se montre digne d’une telle faveur.

C’est ainsi que le récit s’ouvre sur une Wonder Woman qui revient sur son île, enchaînée, prête à se soumettre au jugement de ses sœurs et de sa mère. Comme toujours, Grant Morrison se montre très précis et à l’aise avec ce genre de sujet un peu « casse-gueule » : les différentes séquences de soumission, négative ou positive selon les cas, fonctionnent bien, permettant d’illustrer une philosophie à l’opposé de celle du monde des hommes : la domination. Chez les Amazones, la force et l’honneur se manifestant ainsi par la capacité à s’en remettre à ses semblables.

© DC Comics / Urban Comics

L’autre point, plus simple à aborder, sans doute plus exutoire et tout aussi réussi, est le féminisme. L’assurance pour Diana que le monde de hommes représente une abomination de sauvagerie se manifeste avec un aplomb et une autorité jubilatoires. Chacune de ses interactions avec des hommes, maîtres d’un monde qui maltraite les femmes, apparaît comme un moment particulièrement savoureux, qui ne fait pas dans la demi-mesure : Wonder Woman se voyant comme la libératrice d’une infâme tyrannie.

Cet aspect n’est néanmoins pas dénué d’humour, grâce entre autres au personnage de Beth Candy, forte personnalité s’il est en, qui si elle apprécie les esclandres de sa nouvelle amie, trouve tout de même à redire sur certains aspects de la culture et du comportement des Amazones, qui ont un peu trop tendance à prendre les femmes de leur monde pour des victimes qui ne savent pas se défendre : « Merci mais on sait aussi ouvrir notre gueule lorsqu’il le faut ! ».

Si nous ajoutons le graphisme sublime et élégant de Yanick Paquette, dont on reconnaît bien le travail de recherche et de détail typique du graphic novel qui se donne le temps de la création, cet album se révèle une véritable perle et un ouvrage qui fera sans doute date dans la bibliographie de la célèbre amazone !

© DC Comics / Urban Comics

(par Guillaume Boutet)

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Wonder Woman Terre Un T1. Scénario : Grant Morrison. Dessin : Yanick Paquette. Traduction Isabelle Bauthian. Urban Comics, collection "DC Deluxe". Sortie le 26 mai 2017. 144 pages. 15,00 euros.

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[1La collection « Terre Un » compte les graphic novels suivants :
- Superman
- Batman
- Teen Titans (inédit en France)
- Wonder Woman
- Green Lantern (annoncé pour 2018 aux US).

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