Zaï zaï zaï zaï - Par Fabcaro - 6 pieds sous terre

29 mai 2015 12 commentaires
  • Parce qu'il changé de pantalon (il était au sale), un auteur de BD n'a pas sa carte de fidélité du supermarché ! Cet acte "incivique" va provoquer un émoi sans précédent dans la société française. Ce récit burlesque et absurde est aussi désopilant qu'intéressant. Quel magnifique exercice de style !

Alors qu’il fait ses courses au supermarché, un auteur de bande dessinée réalise soudain qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui ! Alertée, la caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace d’un poireau et parvient à s’enfuir malgré la tentative de roulade-arrière de l’agent de sécurité.

Le système policier s’engage alors dans une traque sans merci : le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite, les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes...

Zaï zaï zaï zaï - Par Fabcaro - 6 pieds sous terre
Quelques réflexions sur la bande dessinée se retrouvent dans des lieux incongrus...

Carnet du Pérou, le précédent récit de Fabcaro chez Six pieds sous terre avait été sélectionné au dernier festival d’Angoulême. En effet, la caricature de carnet de voyage qu’avait réalisé l’auteur, était aussi drôle qu’elle apportait du recul sur le contenu des récits de ce type qui se multiplient en bande dessinée ces derniers temps. Après cette nouvelle réussite (cet album vient d’être ré-imprimé), il nous tardait de savoir ce qu’allait comporter son prochain opus dénommé énigmatiquement Zaï zaï zaï zaï...

Celui-ci mêle dérision, satire de la société de consommation et des rapports artificiels qu’elle engendre, humour absurde, réflexion alambiquée sur le milieu de la bande dessinée, critique des médias et de leur exagération des faits, amplification des raccourcis de la pensée, stigmatisation d’un racisme latent, humour de situation, etc. Les registres abordés par FabCaro dans cet étonnant road-movie sont aussi drôles qu’intéressants.

Après un prologue de trois pages, cette dénonciation de nos travers quotidiens tient au rythme d’une situation par page, souvent dans un gaufrier de six cases. Chaque planche (ou double-planche) présente un récit qui progresse au gré de la cavale sans issue du héros, de son rapport à ses proches, à des personnages récurrents ou intermittents. En dépit d’une petite baisse de régime en deuxième partie du récit, c’est avant tout pour son ton décalé que cet album nous a conquis.

Un album détonnant qui va encore faire parler de lui !

(par Charles-Louis Detournay)

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12 Messages :
  • Zaï zaï zaï zaï - Par Fabcaro - 6 pieds sous terre
    29 mai 2015 12:38, par Delamontagne

    Aaah ! C’est bien pratique le copié/collé, on avance plus vite que s’il fallait dessiner chaque case, surtout que certaines sentent fort le décalquage de photo. Pourquoi pas après tout, si le propos est intéressant, c’est ça la nouvelle BD, les auteurs s’adaptent à la crise.

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    • Répondu le 29 mai 2015 à  17:39 :

      La page d’en bas c’est décalqué sur un roman-photo, Bastien Vives Ruppert et Mulot font des émules, ils ont montré la voie de la facilité.

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    • Répondu par Sergio Salma le 29 mai 2015 à  22:05 :

      Jamais vu de Bretécher, Schulz, Copi, Smythe, Feiffer ? Jamais vu les dizaines les centaines d’auteurs actuels qui aiment les détails par millions ? Votre idiotie n’a d’égale que votre ignorance. Votre mépris étant bien placé dans la course.

      Mais au fait, question : puisque vous n’y connaissez rien et que visiblement vous avez décroché par vieillesse et paresse intellectuelles, que faites-vous sur un site à commenter un livre qui ne vous plaît pas ? Un peu désœuvré ? Ou malade bloqué à la maison ?

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      • Répondu le 30 mai 2015 à  09:14 :

        Bretécher, Schulz, Copi, Smythe, Feiffer ne décalquent pas de photos et ne font pas de copié/collé.

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        • Répondu le 30 mai 2015 à  17:33 :

          Si vous avez des preuves que ces dessins sont décalqués sur des photos merci de nous transmettre les liens, qu’on puisse juger sur pièces. Sinon... bonne continuation.

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          • Répondu par Fred le 30 mai 2015 à  18:38 :

            Pas besoin de preuve, ça se voit clairement sur la dernière planche, il faut se rappeler que Fabcaro était le scénariste de Christian De Metter, alors c’est pas mal pour un scénariste qui se met au dessin, et même le grand Moebius a largement utilisé des photos pour ses bd ainsi que Dodier pour JKJ Bloche et plus loin encore Alex Raymond pour Guy L’éclair, ce n’est pas une honte c’est juste une façon de faire.

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            • Répondu le 31 mai 2015 à  01:17 :

              La méthode de travail d’Alex Raymond est très bien documentée par ailleurs. Je trouve que quand on a la chance d’avoir sur ce site les commentaires de grands historiens de la bd -qui en plus font preuve d’humilité en ne révélant pas leur nom- il serait dommage qu’ils ne partagent pas avec nous le résultat de leurs recherches. Vous écrivez "pas besoin", quel étrange point de vue ?!

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              • Répondu par jcg le 31 mai 2015 à  23:16 :

                Décalqué, copier-coller ou pas, peu importe. Ce qui compte c’est l’adéquation avec ce qu’on raconte, et si ça fonctionne. Ici, il est très vraisemblable, effectivement, que la planche soit décalquée d’une page de roman photo, et c’est justement ça qui est drôle, parce que vous l’identifiez comme telle, qu’elle utilise ses codes, plans, clichés pour les parodier. Un peu comme les "messages à caractère informatif" de Canal+. La dessiner autrement, avec plus de virtuosité graphique, n’aurait sans doute pas le même effet.
                Il n’y a pas qu’une seule façon de faire de la BD.
                Moi ça m’a donné envie de lire ce livre.

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      • Répondu par simon brauman le 30 mai 2015 à  13:28 :

        Monsieur Salma, depuis des années vos interventions ont la même teneur, en revanche elles sont plus courtes. Je tenais à vous féliciter pour cette amélioration soulageante et vous encourager à poursuivre dans la voie de l’autoréduction.

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        • Répondu le 30 mai 2015 à  21:05 :

          Le problème est plus les "haters" qui balancent n’importe quoi à tout bout de champ, sur n’importe quel sujet, qui n’apportent aucune preuve -jamais- à leurs dire, qui pourrissent l’expérience de lecture de ce site en semant la dissension. La longueur des interventions de Mr Salma est lors un sujet peu pertinent.

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        • Répondu par Sergio Salma le 30 mai 2015 à  21:22 :

          Oui je suis lassé moi-même de radoter. Des vôtres, d’interventions, je ne me souviens pas.

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  • Ca rappelle les petits livres de Bastien Vives chez Champooing, j’espère que c’est aussi rigolo.

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