Zep et "What a Wonderful World !" reçoivent le premier Prix Wolinski de la BD du Point 2015

11 décembre 2015 0 commentaire
  • Le Prix de la BD du Point devient le Prix Wolinski. C'est Zep qui a emporté la palme pour son "What a Wonderful World !" chez Delcourt. Un prix recueilli dans une lourde émotion.
Zep et "What a Wonderful World !" reçoivent le premier Prix Wolinski de la BD du Point 2015
"What a Wonderful World !" de Zep aux Editions Delcourt

"What a Wonderful World !" est un titre est ironique évidemment. En introduction de l’album, Zep se dessine devant une bande de malfaisants : dictateurs, jihadistes, militaires et ligues de vertu pointant vers lui qui une kalachnikov, qui un cimeterre, qui une bombe atomique, qui un doigt accusateur... L’auteur leur demande avant de faire leur portrait : "Souriez".

Il est normal que ce livre qui raconte si bien le monde particulièrement angoissé et tordu dans lequel nous sommes ait reçu le premier Prix Wolinski de la BD du Point 2015 : il est tellement dans l’air du temps. " Zep se raconte en blogueur, mêlant ses thèmes de prédilection avec des préoccupations de citoyen. Une façon de se raconter différemment, avec souvent un réalisme courageux, tout en commentant les événements marquants de ces derniers mois" écrivait notre chroniqueur David Taugis dans les pages d’ActuaBD.com. on ajoute que jamais Zep n’a jamais été aussi virtuose et que son dessin arrive à croquer l’infinie variété de la nature humaine avec une acuité que l’on n’avait plus connue depuis le grand Franquin.

L’assassinat, en janvier dernier, de Georges Wolinski avec ses amis de Charlie Hebdo a vraiment bouleversé le jury du Point dont il faisait partie depuis des années. Après sa disparition, le jury a décidé de demander à son épouse, Maryse Wolinski, de transformer ce prix promotionnel en un Prix Wolinski de la BD. Une appellation qui rappellerait son engagement dans ce jury mais aussi dans le monde de la BD. On se souvient que le Grand Prix d’Angoulême 2005 avait provoqué des grincements de dents alors que, comme rédacteur en chef de Charlie Mensuel, il avait découvert quelques-uns des plus grands auteurs de son époque.

Zep recevant son prix des mains de Maryse Wolinski.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Maryse Wolinski est venue présenter ce premier prix avec une émotion toute empreinte de dignité. C’était lourd. On n’efface pas en un instant plusieurs décennies de rires et de complicité. "Chaque fois que je vois un dessin de Georges, il m’arrache un sourire", dit-elle. Elle est bientôt rejointe par Philippe Druillet qui, déjà affecté par un accident (une chute dans un escalier, il y a quelques semaines), n’a pu retenir son émotion à l’évocation de son ami Wolinski. Voir ce colosse fondre en larmes a été le moment fort de cette cérémonie très simple un peu perturbée par une sono déficiente.

Du coup, les remerciements embarrassés de Zep, qui avait côtoyé lui aussi Georges Wolinski à l’Académie des Grands Prix d’Angoulême, s’effacèrent devant l’émotion. On souriait malgré tout. Ce sourire devenu, hélas trop souvent ces derniers temps, une grimace de dépit.

Maryse Wolinski et Philippe Druillet, mercredi soir. L’émotion était palpable.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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