Zombillénium T.3 : Control Freaks - Par Arthur de Pins - Dupuis

26 décembre 2013 6 commentaires
  • Même entre les morts, les travailleurs se sentent exploités par le grand capital et ses dents acérées. Mais les damnés de la terre, et du parc Zombillenium du même coup, ne vont pas se laisser faire. Un décalage malicieux de réalités bien actuelles toujours aussi élégamment orchestré.

Comme tous les parcs d’attraction du monde, Zombillénium cherche à améliorer sa rentabilité, doper la motivation de ses artistes et de son équipe. Venu de loin (la maison mère, Acheron group...), le vampire Bohemond débarque avec des ambitions démesurées et sans état d’âme. Chez les employés, c’est la fronde : à bas les cadences infernales ! Haro sur les morsures de visiteurs et leur embauche immédiate (car ils deviennent zombies...). Et pendant ce temps, Aurélien (l’homme chauve-souris) déprime et broie du noir. Pour Gretchen, toujours aussi amoureuse, il s’agit d’une mission prioritaire. Elle va tout faire pour redonner le sourire au beau démon.

Avec ses allusions bondissantes au monde de la finance, de l’entreprise, des conflits sociaux, ce tome 3 offre une savoureuse chronique de la société du loisir. On pourrait aisément transposer - sans les monstres- cette intrigue dans nombre de firmes majeures et dans bien des pays. Tout en orchestrant un ballet jouissif, où les militants syndicaux trimbalent leurs squelettes dans les sous-sols pour lancer la révolte, Arthur de Pins joue de toute sa maestria dans l’art du dessin vectoriel. Pas de trait, pas de contours, certes, mais quelle élégance, et quelle finesse... Comment ne pas craquer face aux regards pénétrants de l’ irrésistible Gretchen...

Zombillénium T.3 : Control Freaks - Par Arthur de Pins - Dupuis
Zombillénium par De Pins © Dupuis 2013

Voir en ligne : le site officiel

(par David TAUGIS)

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chroniques des tomes précédents sur notre site :
- T2 : "Ressources humaines"
- T1 : "Gretchen"

 
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6 Messages :
  • C’est quand même pas beau ce graphisme. Froid, impersonnel, couleurs tristounes, rendu pub, ça nie un peu ce qu’est la bande dessinée.

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    • Répondu le 26 décembre 2013 à  19:16 :

      Ca reste efficace : l’ensemble est très, très réussi.

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      • Répondu le 26 décembre 2013 à  21:19 :

        Efficace, le mot est lâché, on reste dans le vocabulaire d’écoles de commerce. Moi je préfère quand la BD reste un art plutôt que du marketing.

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    • Répondu le 26 décembre 2013 à  21:54 :

      "ça nie un peu ce qu’est la bande dessinée" ? rien que ça ?!
      Juste pour rire, c’est quoi votre définition de ce qu’est la bande dessinée, la vraie ?
      On peut certes ne pas apprécier le graphisme , mais dire que ce n’est pas de la BD, fallait oser.
      Même si on partage votre point de vue sur la froideur du dessin, on pourrait vous répondre que, justement, ça colle bien dans un contexte de monstres et autres morts-vivants. À titre personnel, je trouve au contraire le dessin d’Arthur de Pins très expressif. Le fait que ce soit du dessin vectoriel n’enlève rien au talent du dessinateur. Subordonner l’"Ââârt" à l’outil utilisé n’a de sens que pour les cuistres. Visiblement, vous en êtes un.

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    • Répondu le 27 décembre 2013 à  01:11 :

      C’est vrai que ça fait plus roman photo que bd comme rendu.

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  • Le trait froid, impersonnel, tristounet bref vectoriel d’Arthur de Pins se prête bien mieux à l’animation qu’à la bd, la preuve avec le clip qu’il vient de réaliser pour le groupe Skip The Use dans l’univers de Zombillénium.
    http://www.troiscouleurs.fr/2013/12/skip-the-use-le-nouveau-clip-en-exclusivite/

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