dBD : Trois numéros pour commencer l’année.

29 janvier 2015 3 commentaires
  • Pour ce premier numéro de l’année, l’équipe du magazine dBD a choisi de mettre Rahan en couverture. Un choix qui pourrait surprendre si l'on ignore que l’homme préhistorique le plus célèbre de la BD, né dans les pages de Pif gadget il y a plus de quarante ans, a toujours bon pied bon œil.

Fort de plus de 300 000 albums vendus, du succès permanent des intégrales republiées chez Soleil, d’un projet de film... le héros aux cheveux de feu affiche une belle santé et cultive à sa manière l’éternel retour !

Au moment où certaines valeurs reviennent dans l’actualité et les consciences, les aventures trépidantes et préhistoriques de ce boy-scout des âges farouches résonnent peut-être d’une manière un peu particulière.
Toujours bien décidé à défendre l’image de son héros Jean-François Lecureux , fils de Roger, scénariste créateur de la série, a choisi cette fois de s’associer à Jean-Luc Sala pour scénariser le prochain album.

Le nouveau venu a du, si l’on en croit les auteurs (pré-) historiques de la série, Lecureux et Chéret se plier à un cahier des charges bien précis : pas question de reboot ou d’excès de modernité pour le fils des âges farouches ! Les Fantômes du Mont bleu, prévu pour la mi-février (chez Soleil) respectera donc les grandes lignes de la série. Les aventures trépidantes du Néanderthalien bodybuildé continueront de véhiculer l’esprit qui a fait le succès de cette série : une idéologie un peu boy scout mettant en évidence les valeurs de loyauté et de justice associées à l’inventivité et de la perspicacité.

Dès les origines de la série, les auteurs ont cherché à montrer que le fanatisme, la crédulité ou l’obscurantisme régnaient aussi en ces temps reculés, et que la meilleure des réponses passait souvent par l’intelligence et la tolérance. Une idéologie, certes un peu primaire, mais dont l’actualité toute récente nous a rappelé toute la pertinence.

dBD : Trois numéros pour commencer l'année.
Un numéro très hot, à ne lire que d’une main ?

Ceux qui seraient tentés de reprocher à ce genre de série son côté un peu mièvre, trop politiquement correct trouveront (peut-être) une consolation avec les deux hors-série que publient presque simultanément en ce début 2015, la revue de Frédéric Bosser.

Le premier, intitulé BD et érotisme, tout comme l’héroïne de Manara en couverture, annonce clairement la couleur : à dBD l’hiver sera chaud !

L’inventaire proposé par l’équipe de dBD fait place aux classiques comme Manara , Varenne ou même Zep  ! On découvrira à cette occasion les premières pages d’une histoire dont le papa de Titeuf a écrit le scénario. Cet état des lieux invite aussi le lecteur à découvrir d’autres auteurs, sans doute moins connus comme Eddy Simon, Olivier Ledroit ou Guillaume Ledroit mais qui méritent le détour.

Entre un reportage consacré à la fameuse collection bdcul des Requins Marteaux , une table ronde sur le sujet, les amateurs apprécieront les illustrations et les bonnes feuilles publiées dans ce numéro.

Le sexe a-t-il bonne presse ? La question posée par les rédacteurs de la revue trouve en partie, des réponses dans ce numéro spécial que l’on joindra aux nombreux exemplaires de la revue cousine l’Immanquable dont les hors série Sexe et BD ne se comptent plus sur les doigts... d’une seule main, évidemment !

Un dossier riche et documenté sous une couverture on ne peut plus classique et convenue !

Le dBD Histoire consacré à la BD peplum propose un tour d’horizon sur le thème, Rome dans la BD. Du comic au Manga, sans oublier la franco-belge, Henri Filippini nous rappelle, fort opportunément, que ce genre n’est pas nouveau dans le monde des bulles. Remis au goût du jour grâce à des séries comme Murena, mais aussi dans la lignée de films comme Gladiator, le peplum occupe de plus en plus de place dans les bacs de nos libraires. Au-delà de l’effet de mode, le phénomène s’inscrit de manière durable dans le paysage éditorial.

Ce numéro spécial rassemble donc les grands noms de ce type d’albums. Autour des incontournables du genre comme Gilles Chaillet, Jacques Martin ou le duo Dufaux-Delaby, on croisera les représentants des principales séries du moment de Enrico Marini (les Aigles de Rome, Dargaud) à Romain Sardou (Maxence, le Lombard) en passant par les créateurs de Roma (Glénat), Christian Gine, Régis Penet ou la dessinatrice Annabel.

Les universitaires spécialisés dans le domaine comme Claude Aziza pour l’incendie Rome ou Bertrand Lançon (sur une certaine vision de la capitale Romaine) viennent apporter leur caution scientifique à un numéro plutôt bien documenté, riche en extraits d’albums.

Malgré une couverture reprenant assez maladroitement le style des revues spécialisées en histoire en jouant sur d’antiques clichés, ce hors-série offre plusieurs pistes pour découvrir, décrypter un phénomène d’édition qui ne manque pas d’intérêt.

À travers ces deux numéros spéciaux, dBD délaisse un temps les dossiers centrés sur un auteur pour s’intéresser de plus près aux nouvelles tendances. Un éclairage qui ne peut que réjouir les amateurs et dont on espère d’autres prolongements.

Voir en ligne : dBD sur internet

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

dBD n°90, en vente partout, € 8.90

dBD Histoire, Rome dans la bande dessinée, disponible dès février, €10

dbd Hors série n°12, BD et érotisme, états des lieux, dans les kiosques depuis décembre, €10

 
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