dBD n° 147 : Reprise ou relance ?

7 octobre 2020 0 commentaire
  • À la sortie de cette période de confinement, chaque secteur de l’économie regarde du côté d’une reprise de l’activité que chacun espère ou redoute selon les cas. Comme les autres, la BD n’est pas exclue de ce phénomène économique et culturel, mais peut-être se manifeste-t-il sous d’autres formes ?

La reprise dans le monde des bulles se traduit d’abord par le retour de personnages ou d’auteurs restés parfois éloignés des radars.

Parmi ces revenants, la rédaction de dBD choisit de se pencher sur La Bête, dernier opus du tandem Zidrou et Frank Pé avec pour héros, le marsupilami ! La bestiole emblématique de l’univers franquinesque fait donc l’objet d’une reprise originale, créative mais qui risque de faire jaser quelques aficionados de la franco-belge. Joli coup éditorial, après Blueberry, Lucky Luke, Tif et Tondu ou Spirou  ! On ne compte plus les ouvrages reprenant les grands succès de librairie en les accommodant, en les adaptant. Frédéric Bosser insiste en se demandant si cette stratégie n’est pas surtout guidée par une volonté d’aller dans le sens d’un public vieillissant . La question mérite d’être posée et pas seulement pour ce livre. On appréciera la réponse futée et argumentée de Frank Pé qui a su mettre son talent au service d’une autre adaptation, Little Nemo sous forme de ce qu’il nomme une relecture personnelle.

La reprise cela peut consister également à se réapproprier un style ou un genre au risque de se trouver à un endroit où l’on ne vous attend pas forcément. C’est par exemple, le cas de Benoît du Peloux. Autodidacte, cet auteur arpente les planches depuis de nombreuses années mais le succès public est dû notamment à travers la série d’humour Triple galop publiée chez Bamboo. Changement radical d’univers et de style graphique avec Tracnar et Faribol une BD animalière, théâtrale qui a pour cadre un Moyen Age déjà fréquenté avec De Cape et de crocs (de Ayrolles et Masbou -Delcourt) ou le Roman de Renard. Une manière de relancer un style narratif et graphique un peu oublié et qui trouve là, une illustration de qualité avec ce bel album, publié sous le label Grand Angle.

La reprise, c’est aussi le retour de Baru qui nous présente une histoire revenant dans la Lorraine, terre de son enfance. Avec ce premier tome de Bella Ciao (Futuropolis), le Grand Prix d’Angoulême de 2010 revient non seulement sur ses origines, son histoire, mais éprouve aussi d’autres techniques de narration qu’il détaille dans cet interview. Une démarche pour le moins singulière dans le long entretien accordé à Philippe Peter.

Et même si, à juste titre, dBD s’inquiète de la menace qui pèse sur les festivals pour les raison que l’on sait, la chronique de près de 70 albums dans ce numéro d’octobre témoigne encore de la vitalité d’un secteur malmené ces dernières semaines.

Vive la (les) reprise(s) !

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(par Patrice Gentilhomme)

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