dBD n°20 : Sois belge et tais-toi ?

30 janvier 2008 0 commentaire
  • Avec ce vingtième numéro, dBD a décidé de nous surprendre. On aurait pu s’attendre à un spécial Angoulême (c’est de saison !), mais en recueillant l’avis d’une dizaine d’auteurs à propos de la crise qui secoue la Belgique depuis plusieurs mois le magazine a choisi de sortir des sentiers battus.

Connaissant la nature des liens qui unissent les bédéphiles à la patrie des gaufres et du Manneken Piss, on ne saurait s’étonner de l’intérêt que suscite le sujet. La rivalité entre Wallons et Flamands ayant éclaté au grand jour, donner la parole à des gens aussi différents que Rodolphe , Van Hamme ou Morvan conserve tout son intérêt. Se prêtant au jeu de la politique (fiction ?) ou cédant aux vertus d’un imaginaire débridé ces auteurs nous livrent leurs impressions et leurs états d’âme.

A force de lire un peu partout l’avis de certains « people » plus ou moins autorisés (et plus ou moins compétents !) on serait presque surpris de découvrir que les auteurs de BD soient capables d’avoir une opinion et de l’exprimer à leur façon ! Même si on cherchera en vain des révélations fracassantes, le résultat est d’autant plus réjouissant qu’il est varié et surtout illustré de manière irrévérencieuse et toujours provocatrice par un expert...le chat de Philippe Geluck ! Cette enquête (illustrée aussi par Johan De Moor) aurait d’ailleurs gagné à développer les aspects visuels en permettant aussi à plus de dessinateurs de s’exprimer sur le sujet !

Du visuel, on en retrouvera disséminé à travers une série d’entretiens avec les auteurs du moment comme Makyo à l’occasion de la sortie de sa nouvelle série Je suis cathare ; Delitte pour Tanatos ou encore Corbeyran à propos de son nouveau projet Uchronie(s). Comme toujours des illustrations soignées et de qualité accompagnent fort opportunément les propos de ces auteurs.
Le magazine renoue avec la prépublication sous une forme modeste mais en relation directe avec son contenu éditorial, puisqu’il s’agit là d’un inédit de Christophe Dubois et Nicolas Pona, auteurs du cycle d’Ostruce dont le second tome sort ces jours-ci.

Comme à son habitude, le magazine de Frédéric Bosser ne néglige pas les découvertes de nouveaux talents. On peut notamment le constater avec une présentation du remarquable Borderline d’Alexis Robin et Nathalie Berr ou du fameux Quand j’étais star de Peyraud et Villard . Côté « redécouverte » on appréciera le beau portrait de Vink tracé au cours d’un entretien au long cours. L’auteur du Moine Fou y présente son travail avec humilité, illustré des couleurs subtiles et des lumières douces qui ont fait le succès de ce personnage simple et attachant. Une interview à déguster en position du lotus.

Un peu plus loin, ce sont les critiques de BD qui dégustent… dans l’indispensable chronique d’Henri Filippini. Bonne ou mauvaise la critique ? La BD, comme d’autres médium n’échappe pas au travers du genre ; vaste sujet qui mériterait sans doute plus que ce billet d’humeur acide et tonique !

Enfin saluons nos confrères qui ont eu le bon goût d’anticiper en consacrant une longue et belle interview au couple gagnant du festival d’Angoulême. Dupuy et Berberian présentent dans ces pages leur dernier opus : Un peu avant la fortune en compagnie de Jean-Claude Denis dans un article consistant et titré "ticket gagnant" ! Il n’y a pas de hasard !
On savait que la revue avait du goût et du style , on sait maintenant que ses rédacteurs ont…du nez !

Le site de dBD

(par Patrice Gentilhomme)

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