les crayons - Par Frédéric Bihel - Ed. Futuropolis

Par Philippe LEBAS Excellent 8 juillet 2024 
Les souvenirs, mode d'emploi ! Frédéric Bihel, dans ce bel ouvrage autobiographique, plonge dans son passé, et ose le "Je". C'est le plus bel hommage qu'il pouvait rendre à sa famille, notamment à sa sœur, et à l'art consommé du dessin au... crayon. Quand le fond et la forme sont réunis, on s'incline !

De retour sur les lieux de sa jeunesse, Frédéric Bihel, en compagnie de sa mère âgée, reconstitue son passé, dont les souvenirs ressurgissent progressivement. Rien de nostalgique dans cette opération, car, au fil des pages, on découvre que l’enfance n’est pas forcément uniquement un paradis perdu, notamment pour F. Bihel, gamin marqué par la séparation de ses parents, moqué pour ses cheveux blonds, son côté peu sportif, son bégaiement, sa gaucherie. De fait, il est gaucher, et pour écrire au stylo de plume, il lui est difficile de ne pas faire de tâches sur son cahier, surtout à une époque où l’encrier est systématiquement placé à droite de la place occupée sur la table !

Heureusement, F. Bihel trouve vite refuge dans la lecture des illustrés (Pif Gadget, Mickey), dans le dessin et dans l’amitié avec quelques camarades dont Michel et une jeune fille avec il fit un peu l’école buissonnière.

les crayons - Par Frédéric Bihel - Ed. Futuropolis

Néanmoins, il pèse sur ce récit comme une chape de plomb, un mystère qui ne sera éclairci qu’à la toute fin de l’ouvrage. Mystère qui, évidemment, ne sera pas révélé ici, tout comme on taira le rôle qu’ont pu y jouer les crayons, qui donnent le titre à cet ouvrage (avec un "l" miniscule, comme on l’écrit dans l’enfance).

Néanmoins, il pèse sur ce récit comme une chape de plomb, un mystère, qui ne sera éclairci qu’à la toute fin de l’ouvrage. Mystère qui, évidemment, ne sera pas révélé ici"

Peu de dialogues et de bulles dans cet ouvrage, qui laisse donc la plus grande part au dessin au crayon de bois et recourt donc très peu à la couleur. Peu de cases aussi, au profit de planches très libres, souvent pleines-pages, où le crayonné peut s’exprimer pleinement. On pense parfois à Sempé et ses petits personnages un peu perdus dans de larges plans.

On pense aussi et surtout à tous ces artistes, écrivains, réalisateurs, dessinateurs, qui ont fait de la mémoire leur territoire, que ce soit Robert Bober (remercié en exergue), Edmond Baudoin (remercié à la fin pour avoir permis à F. Bihel d’écrire à la première personne) et bien sûr Georges Perec, la grande référence en la matière, auteur de La disparition, de W ou le souvenir d’enfance ainsi que de La vie mode d’emploi. F. Bihel en reprend d’ailleurs la célèbre vue en coupe d’un immeuble, tirée de gravures du XIXème siècle, qui fait toujours la couverture de l’édition de poche.

Voilà donc un très bel ouvrage, remarquablement dessiné et très pudique sur le fond. Suivez donc F. Bihel, les yeux... bien ouverts.

(par Philippe LEBAS)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782754834711

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