Arleston met en garde les éditeurs contre leur inertie face au numérique

Dans un entretien publié sur le site du groupement des auteurs de bande dessinée du SNAC (Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs), dont il est l’un des membres fondateurs, le scénariste à succès explique le sens de son engagement syndical et donne son sentiment sur l’avenir de l’édition BD.

Selon lui, l’édition numérique va révolutionner le rapport entre auteurs et éditeurs, et ces derniers, "s’ils refusent de prendre en compte les réalités d’aujourd’hui, (…) se retrouveront un jour largués et désemparés, comme les majors du disque qui se croyaient invulnérables il y a dix ans". Il se prononce par ailleurs contre la loi Hadopi, "une totale absurdité", et appelle les auteurs à "se battre pour conserver au maximum tous [leurs] droits dérivés, audio-visuels et autres".

AC

Voir en ligne : L’interview d’Arleston sur le site du groupement BD du SNAC

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39 Messages :
  • Comment ne pas être d’accord ?
    Il est éffarant de voir que les Japonais sortent en grande pompes leurs BD sur les téléphones en France, alors que l’hésitation bloque encore nos propres productions.
    ICi comem dans le monde, il n’y aura bientôt plus que des mangas dans les téléphones, aucune conccurence de nos productions.
    Je le dis avec d’autant plus de réalisme que j’ailme beaucoup les mangas... Mais pkoi ne fait on que sio peu de choses pour notre BD ? Car les téléphones sont sûrement la meilleure voie pour sortir nos histoires en couleur, au même prix qu’un manga.
    Bref... C’est bien dommage.

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  • Je ne suis pas d’accord avec vos raisonnements.
    Plus je gamberge sur les manières de monétiser la BD numérique et plus je me dis que les éditeurs vont devenir plus indispensables que jamais. tout simplement parce qu’aujourd’hui, des structures comme Amazon ou ITunes font les plus gros gains sur les petites niches...

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    • Répondu par peter07 le 27 juin 2009 à  14:31 :

      quel démago cet Arleston, ces propos contre la loi Hadopi sont lamentables, encore une fois il nous ressort l’argument facile et primaire sur les méchantes majors, ceux qui souffrent du téléchargement sont avant tout les ARTISTES, et je suis pour la répression en matière de téléchargements illégaux (d’ailleurs la répression marche voir l’Australie et les USA). Quant à la bd numérique : aucun intérêt, tous les essais jusqu’alors sont nuls, c’est juste du pan & scan d’albums, si les éditeurs veulent se lancer dans le numérique, qu’ils proposent donc des histoires spécialement conçues pour ce format, et surtout gare au piratage.

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      • Répondu le 27 juin 2009 à  23:19 :

        Je m’insurge. Les grands éditeurs sont plutôt ouverts pour publier des projets novateurs. Ils sont parfaitement conscients que ces projets viendront des auteurs et pas d’eux. Le vrai problème et le seul est : quelle économie pour le net ?
        Si j’analyse le fonctionnement des machines ITunes, Amazon, Twitter, Myspace, Deezer... je comprends très vite qu’ils développent les mêmes logiques et qu’ils se heurtent aussi aux mêmes limites. Donc, le vrai problème n’est pas que les éditeurs ne font pas leur travail ou qu’ils sont dépassés. C’est de la mauvaise foi et de la démagogie. Le vrai problème est que c’est un nouveau modèle économique qui s’invente et que pour l’instant, personne n’a encore trouvé LA solution pour rendre les choses rentables à court et moyen terme. À long terme, il est évident que le livre numérique est le futur et s’imposera naturellement. Tout simplement parce qu’on ne va pouvoir continuer éternellement à couper des arbres pour fabriquer des livres.

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      • Répondu par Fred Boot le 29 juin 2009 à  14:17 :

        Lu dans l’interview

        De plus cette loi évite soigneusement le sujet de la responsabilité des fournisseurs d’accès, qui sont pourtant financièrement les grands gagnants du système actuel.

        Un point qu’il est utile de rappeler.

        Les fournisseurs de tuyaux profitent tranquillement de la situation. Les internautes leur paient un accès à du contenu produit par des artistes mais aussi par les internautes eux-même. Cela va de fait loin puisqu’on évoquait dans Hadopi la possibilité pour l’internaute "coupable" de continuer de payer son abonnement sans avoir d’accès internet !

        Vous commencez à voir les véritables vainqueurs de cette loi ? Certainement pas les artistes.

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        • Répondu le 29 juin 2009 à  17:19 :

          En France, oui... mais pas partout dans le monde. Regardez aux USA, les opérateurs ne se partagent pas le WI FI de la même manière... Donc, ça va encore évoluer.

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  • Arleston met en garde les éditeurs contre leur inertie face au numérique
    27 juin 2009 13:37, par Auteur talentueux en devenir.

    Arleston est un des auteurs vedettes des éditions Soleil, qu’attend il pour secouer les puces aux responsables éditoriaux ? C’est aux auteurs appréciés (= ceux qui rapportent !!) qu’il revient d’exiger. Aux Etats-Unis, de nombreux combats ont été gagnés par des auteurs célèbres (Neal Adams, Jack Kirby, Will Eisner), ce qui a permis aux membres plus jeunes et moins vendeurs de profiter de ces avantages.
    Si un jeune auteur rale, on va d’abord lui expliquer qu’on ne peut pas faire autrement. Puis lui montrer où se situe la porte. Compte tenu des millions d’albums qu’il a fait vendre à Soleil, Arleston peut exiger.

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    • Répondu le 27 juin 2009 à  15:47 :

      Faux problème.
      La vraie question, c’est comment monétiser des œuvres créées et diffusées pour et par le net ?
      Si les auteurs conservent leurs droits, comment vont-ils pouvoir se rémunérer ? À part la minorité des auteurs riches, je ne vois pas comment la majorité pourra trouver un équilibre sain. À part créer une maison d’édition en ligne, une plateforme type amazon ou ITunes, je ne vois pas comment. Faire des blogs et vivre de la pub ?
      Le vrai problème n’est pas les éditeurs vs les auteurs. Le vrai problème est : quel sera le modèle économiquement viable ? Et vous verrez que si vous creusez et que vous tournez le problème dans tous les sens, si vous voulez dégager des avances suffisantes pour financer de nouvelles œuvres et de nouveaux auteurs, les éditeurs seront encore plus incontournables que dans l’économie de l’édition traditionnelle.
      Pour des auteurs fortunés, l’équation ne se pose pas de la même façon... et là où vous vous trompez, c’est que ces auteurs fortunés se montreront plus libéraux et capitalistes que les éditeurs qu’ils désignent comme tels. Ils ne s’en rendront pas compte immédiatement, mais avec le temps, cela apparaîtra comme une évidence.

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      • Répondu par Fred Boot le 29 juin 2009 à  14:55 :

        c’est que ces auteurs fortunés se montreront plus libéraux et capitalistes que les éditeurs qu’ils désignent comme tels. Ils ne s’en rendront pas compte immédiatement, mais avec le temps, cela apparaîtra comme une évidence.

        La logique même de la libre circulation de l’info sur internet va en effet pousser les auteurs dans des retranchements libéraux et capitalistes. Les lecteurs ne paieront en effet pas pour une bd numérique mais plutôt pour tous les services et les produits émergeant autour. S’attacher uniquement à la production de contenu, c’est être battu d’avance, devenir une espèce de prolétaire du numérique : cela veut dire produire pour rien, avec en plus la dépossession hautement probable de l’œuvre au jour ou l’autre (duplication, piratage, transformation, etc). De fait, si les auteurs souhaitent survivre, il faut qu’ils se prennent en main dès maintenant en prévision d’un avenir qui n’a rien d’une utopie. Ils devront etre de véritables micro-entrepreneurs dans un systême bien plus brutal que ce que l’on connait. C’est une course contre la montre qui se déroule actuellement, et je n’ai pas l’impression que les auteurs de bd ont compris que le signal de départ est donné.

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        • Répondu le 29 juin 2009 à  17:18 :

          mmmh... je ne comprends pas pourquoi les éditeurs ne pourraient pas s’entendre avec des éditeurs et pourquoi les œuvres numériques ne pourraient pas se commercialiser. Vous ne croyez que le piratage aura toujours un train d’avance ? Personnellement, je n’en suis pas convaincu. Les lois et les systèmes de cryptage évoluent.
          Pourquoi les produits émergeants autour des œuvres seraient-ils plus rentables ?

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          • Répondu le 29 juin 2009 à  17:48 :

            rectification :

            les éditeurs ne pourraient pas s’entendre avec des auteurs et inversement.

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          • Répondu par Fred Boot le 29 juin 2009 à  19:01 :

            La copie aura en effet toujours un train d’avance. D’abord de manière "passive" : je vais sur un site qui contient une image jpg, mon navigateur copie l’image automatiquement dans mon ordinateur pour éviter de la recharger plus tard. Mais aussi bien entendu de manière active : du copier-coller en passant par une simple impression d’écran, rien n’empêchera la copie ni la circulation des bd numériques à l’insu ou non des auteurs.

            C’est l’essence même des fichiers numériques de pouvoir être duplicables à l’identique, et c’est l’essence du web de faire circuler l’information.

            Bref, une bd numérique n’aura jamais de valeur marchande en soi car elle n’aura jamais de rareté, de tirage limité, d’unicité, de collector et j’en passe. Par contre, ce qui donnera cette valeur marchande c’est son nombre de lecteurs, chiffre capable d’interesser des annonceurs, des lecteurs susceptibles aussi d’acheter des produits dérivés "tactiles" (impressions, originaux, t-shirts, et autres broutilles, bref tout ce qui peut se faire à la demande par des services en ligne déjà existants).

            La sensibilisation et la fidélisation du lectorat seront les clés du succès, et ce ne sera possible qu’en utilisant au maximum les moyens de propagation de l’information via notamment les réseaux sociaux, au lieu justement de crypter et de fermer les écoutilles.

            Voir en ligne : Exemple : Lisez Shaobaibai !!! Publication 100% numérique ! ;)

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            • Répondu le 30 juin 2009 à  08:54 :

              "une bd numérique n’aura jamais de valeur marchande en soi car elle n’aura jamais de rareté, de tirage limité, d’unicité, de collector et j’en passe."

              Mais à l’origine, la valeur de la bande dessinée a été sa très grande diffusion dans les journaux. Les collectors et tirages limités sont venus bien après. C’est un art populaire par essence. La valeur artistique et économique de Tintin vient du nombre gigantesque d’exemplaires vendus (que ce soit les albums ou les pages dans les journaux). Ce ne sont pas les produits dérivés d’aujourd’hui qui ont fait sa gloire. Si le succès n’avait pas été au rendez-vous dès le départ, Hergé n’aurait pas pu développer son Art. Donc, je ne suis pas convaincu qu’il faille compter sur les tirages spéciaux et objets pour financer la création. Je pencherais plutôt pour d’autres couloirs.

              Je ne suis pas non plus certain qu’on n’achète pas quelque chose parce qu’il est copiable facilement et à l’infini.
              Une chanson, on commence par l’entendre à la radio, la TV, sur son ordi... avant de l’acheter. On achète généralement une chanson qu’on connaît déjà. Plus on l’entend, plus on s’y attache et plus on a envie de la posséder. On achète ce qu’on a déjà consommé. Il y a une addiction. Combien de gens ont acheté Billie Jean cette semaine ?
              Avec le texte et l’image, l’addiction est peut-être différente ? Mais le fait de vouloir copier une image pour la conserver dans son ordinateur est déjà la preuve qu’on veut s’en emparer... même si on l’a connaît déjà et qu’on peut la voirailleurs sur le net. Donc, si on veut la posséder en la copiant, je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas payer ce droit de copie. Les machines évolueront et les systèmes pour copier aussi. Ensuite, il ya aura toujours des gens pour pirater et faire de la contrefaçon. Mais on ne peut pas créditer ça au nom de je ne sais quelle liberté qui nuit à autrui. La Culture a un prix. La liberté de créer passe par l’acceptation par tous de payer ce prix.

              Si on veut arriver à dégager des bénéfices pour financer la création, l’édition numérique devra peut-être plus s’inspirer de l’économie audiovisuelle que de l’économie de l’édition traditionnelle ?
              Si on compare à la TV. Il y a des chaînes accessibles par tous et qui sont financées par de la publicité, de la redevance. Les auteurs perçoivent des droits de diffusion. Pourquoi pas des droits de diffusion pour les œuvres diffusées via le net ? Il y a des chaînes cryptées auxquelles on s’abonne. Pourquoi pas des abonnements pour rémunérer éditeurs et auteurs ? Il existe aussi des droits de reproduction mécanique. Pourquoi pas des taxes sur les machines pour rémunérer les éditeurs et les auteurs ?

              PS : Shaobaibai me fait penser à Samuraï Jack, Mulan et Elektra... Encore très hybride. Pourrait très bien être publié sur papier. N’exploite pas assez les possibilités que permet le numérique. Vous devriez créer votre propre typo. Parce qu’il y a une dichotomie entre votre graphie et la typo utilisée. Du coup, le texte semble plaqué et pas assez incarné.

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              • Répondu par Fred Boot le 30 juin 2009 à  11:44 :

                Merci pour les remarques concernant mon travail.

                > N’exploite pas assez les possibilités que permet le numérique.

                Mais pourtant cela peut être lu sur tout support numérique sans nécessiter autre chose qu’un navigateur web, ce qui répond à une grosse partie du cahier des charges fictif que je m’impose pour ce travail. (Cela va jusqu’à tester la lisibilité de ces strips équivalent à des demi-planches sur téléphonie mobile en m’imposant une taille particulière ainsi qu’une typo qui "fonctionne" dans cet environnement sans être trop froide).

                J’utilise l’air de rien pas mal de possibilités du numérique : il existe quatre hébergements différents de cette bd touchant quatre réseaux sociaux différents (dont Facebook), je multiplie donc à mon humble niveau l’impact de cette bd dans un environnement 100% numérique. Le processus de publication propre aux hébergements qui reçoivent les planches est impossible à reproduire dans l’édition classique, ce qui me permet de pouvoir faire un choix éditorial tel que de raconter une histoire longue aux lecteurs à raison d’un strip par semaine (par exemple). La manière de composer mon histoire est donc influencée par ce contexte de publication numérique et aussi par certains "comportements" d’internautes (pour fidéliser un lectorat, il vaut mieux publier un peu durant longtemps que tout en une seule fois).

                Certes l’utilisation dans la bd d’interactions, d’hypertextualité voire de multimedia, toutes les choses impossibles à reproduire sur papier, serait plus "voyant". Mais le numérique dans la bd en ligne c’est aussi la partie invisible, je pense, une partie que l’on pourrait appeler finalement des fondamentaux, des choses communes à toutes publication en ligne actuellement.

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                • Répondu le 30 juin 2009 à  19:01 :

                  Je ne parlais pas de forme mais de fond... le lien hypertexrte devrait permettre de développer les manières de raconter autrement et de dire des choses impossibles avant s’en embrouiller l’esprit du lecteur.

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    • Répondu par Fred Boot le 29 juin 2009 à  14:24 :

      Eh oui. Pour l’instant, Arleston en matière de bd numérique c’est le méga-succès Lanfeust scanné et vendu à 5 euros. Entre les propos et les faits... :)

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  • Je souscris évidemment aux conseils de Arleston et de Morvan. Il y a vraiment de quoi être inquiet puisque le reflux général et la baisse des tirages correspond de surcroît aux effets imminents de la crise générale. C’est parfaitement le moment de chercher des nouvelles voies de diffusion, relancer l’intérêt. Peut-être pas dans un premier temps pour toutes les bandes dessinées mais en tout cas, beaucoup plus que les quelques timides essais concernant la lecture en ligne de succès confirmés !

    Voyons ce qui se passe au cinéma. Puisque presque tout le monde a maintenant la possibilité de visionner chez soi des films dans des conditions optimales, les majors réfléchissent et proposent des produits nouveaux. Les moyens de diffusion et de projection ont ainsi donné des impulsions créatives.

    Il restera toujours une bande dessinée qui n’aura pas besoin de ces artifices technologiques mais tout le monde s’accorde à dire que Pixar( pour citer le plus célèbre studio) est issu de ces révolutions technologiques. Révolutions qui en ont amené d’autres et qui ont obligé les artistes à penser différemment. Ils ont créé un genre nouveau techniquement époustouflant et destiné en plus à tous les publics.

    Il ne s’agit pas d’écarter les éditeurs évidemment ; quelle folie ! Ce sont au contraire les éditeurs qui doivent entrer dans la danse( sûr qu’ils tentent de se mobiliser ). Ils doivent changer leur manière d’être puisque cette donnée numérique n’est pas anecdotique, juste un support parallèle. Si tous les réticents auront du mal à s’en convaincre, il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte que toute une génération de consommateurs potentiels( désolé de réduire ainsi les lecteurs mais les faits sont là) risque de faire l’impasse sur des centaines de livres puisque n’allant plus en librairie, ils n’en auront même pas pris connaissance !

    Le numérique pour la bande dessinée ne sera peut-être jamais
    aussi puissant que dans le domaine musical ; la musique étant naturellement virtuelle. L’objet-livre n’est pas près de disparaître mais la transition est en train d’avoir lieu dans tous les domaines ; et ce que nous qualifions de gadget pour l’instant risque de rafler une grande proportion du lectorat attiré par ces innovations .

    Les auteurs aussi, tous genres confondus , devraient y réfléchir (Gabrion est pour moi l’exemple à suivre parfait). Ne pourrait-on pas imaginer une revue gérée de la même manière ? La mise en ligne ne serait pas un produit dérivé mais le but en soi. Tout pourrait être revu. L’éditorial, le créatif doivent absorber ces nouvelles données. Les contrats qui régissent les droits d’auteur (qui datent dans leur formulation de plusieurs siècles) doivent aussi être repensés.

    On peut aussi se recroqueviller en attendant que ça passe.

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    • Répondu le 27 juin 2009 à  23:03 :

      Pas d’idée nouvelle dans ce que tu dis. On est tous d’accord. Que ce soit les auteurs ou les éditeurs. Mais bon, pour monétiser la bande dessinée numérique diffusée sur internet, qu’est-ce que tu proposes ? Parce que le vrai et le seul problème est là.

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      • Répondu par Sergio Salma le 28 juin 2009 à  15:10 :

        C’est malin. Si j’avais l’idée simple et géniale, je la proposerais à mon éditeur justement. Ou bien je mettrais en chantier un projet cohérent et novateur qui attirerait clients, publicité, auteurs et éditeurs.

        Je reste un simple auteur qui ressent confusément que la diffusion risque de prendre de nouvelles formes .
        Le passage à l’album direct a mine de rien tout changé. On a oublié qu’en quelques années, on est passé de la bande dessinée prépubliée et ensuite réunie en album au livre comme unique objet pour la grande majorité .

        Mais non, je n’ai pas une solution toute prête. Mon post émettait des réserves à propos d’une intervention qui semblait indiquer que l’avenir risquait d’aboutir au rapport direct entre l’auteur et le lecteur-acheteur. Certains sans doute iront vers cette possibilité.
        Je pense que le binôme auteur-éditeur restera.

        Un élément important me fait aussi réfléchir (sans paniquer encore). Quand les mangas sont arrivés timidement, tout le monde a dit :"Bah, ça passera, effet de mode." Puis quand ils sont devenus des acteurs majeurs, beaucoup ont dit : "C’était couru."
        Je me tourne par curiosité vers le Japon ou la Corée et je vois que des millions de jeunes lecteurs consomment la bande dessinée sur leurs petits écrans. ça m’interpelle sans affirmer que l’avenir est là et uniquement là. Il me semble que ces lecteurs-là ne sont pas passés du papier au numérique. C’est leur première manière de lire la bande dessinée entre jeux vidéos, musiques et films acquis par le même canal.

        Arleston à mon avis ne dit que cela. Comment se fait-il qu’aujourd’hui, ce potentiel ne soit pas étudié ?! Comme si cette mutation n’était pas prise au sérieux.

        N’y a-t-il pas des leçons à tirer de notre lieu de discussion par exemple ? Les revues BD en ligne et les sites dédiés ne sont-ils pas la voie à suivre ? Puisque des dizaines de milliers de visiteurs les consultent, le sponsoring va certainement venir y mettre son nez . Il ne faut peut-être pas imaginer une simple translation qui amènera à acheter une oeuvre en ligne comme on achetait un livre dans une librairie. L’acte lui-même ainsi que toute la structure sont à inventer.

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        • Répondu le 28 juin 2009 à  22:52 :

          Bin voilà, je savais bien qu’en te provocant tu dirais un truc intéressant :

          "Les revues BD en ligne et les sites dédiés ne sont-ils pas la voie à suivre ? Puisque des dizaines de milliers de visiteurs les consultent, le sponsoring va certainement venir y mettre son nez ."

          Voilà une piste : une revue de BD en ligne. Pourquoi pas un quotidien de BD en ligne financé par des annonceurs et des abonnés ?
          Si le contenu est riche et qu’il s’y passe des choses intéressantes tous les jours, cela pourrait -être le point de départ pour ensuite créer des plateformes pour commercialiser des BD crées spécialement pour le numérique...

          Quelqu’un a une autre idée ? Que les commentaires servent à imaginer plutôt qu’à râler inutilement.

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          • Répondu le 29 juin 2009 à  11:01 :

            Bah, à mon avis ceux qui se posent encore la question de savoir comment vendre un titre se trompent...ce n’est pas un titre qu’il faut vendre, c’est un monde dans lequel ce titre va trouver une place. Ce n’est pas une façon mais toutes les façons qu’il faut exploiter, tel titre correspondant mieux à tel support...il faut qu’il se passe toujours quelque chose...il faut créer du flux où l’amateur trouvera toujours quelque chose à se mettre sous la dent... quelque chose qui lui convienne à lui et à sa façon de "consommer".
            Il me semble qu’il faut mettre les choses à disposition sous le plus de formes possibles et laisser de la place aux lecteurs et aux auteurs pour enrichir le truc, s’amuser avec et de là, que l’éditeur soit suffisamment attentif pour faire quelque chose avec ce qui se passe de meilleur ou de plus attractif...mais pour ça faut du jus, de l’envie !!

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            • Répondu le 29 juin 2009 à  14:31 :

              "ce n’est pas un titre qu’il faut vendre, c’est un monde dans lequel ce titre va trouver une place."

              Ce qui confirme ce que je pesne : les éditeurs vont avoir un rôle important à jouer.

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        • Répondu par marcel le 29 juin 2009 à  17:13 :

          j’ai contacté une maison d’éditions qui publie uniquement sur le net, j’en avais entendu parler sur ce site.
          Il propose 50 euros nets à la planche pour le scénario, le dessin, la couleur.Voilà, tu comprends qu’a un prix pareil moi je ne bouge pas le moindre crayon.

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          • Répondu le 29 juin 2009 à  17:46 :

            D’où le problème numéro 1 : la monétisation. Si les éditeurs ne peuvent pas proposer plus pour l’instant, c’est que le marché s’invente. Comment arriver à fixer un prix si on ne sait pas combien de lecteurs et à quel prix on peut placer la barre.
            Je ne suis pas pour opposer éditeurs, auteurs, distributeurs, fabricants et libraires. Au contraire, il faut rassembler tous les acteurs et imaginer des solutions.

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  • Outre les évidents problèmes économiques dont la question se pose à très court terme, j’ai la sensation que le passage au numérique comme vecteur principal de lecture de la bande dessinée - s’il se confirme - annonce justement la mort de la bande dessinée telle que nous la connaissons.

    Par la mort des auteurs, ni celle de la créativité évidemment, mais je ne crois pas à un marché à long terme d’une bande dessinée "comme sur papier" lisible case à case sur un écran de poche. C’est peut-être ce qui se développera dans l’urgence pour créer le marché et satisfaire la demande des utilisateurs de ces supports pour lesquels il sont parfaitement naturels.

    Mais les supports numériques appellent par nature l’interactivité, le multimedia, le son, le mouvement (et sans doute encore plus au fur et à mesure du développement technologique)... autant de composantes qui sont étrangères voires antinomiques avec ce qui fait aujourd’hui la "bande dessinée" (art de l’elipse, de l’évocation statique du mouvement, de la transcription silencieuse du son...).

    Les utilisateurs d’écrans technologiques se satisfairont-ils longtemps de l’inertie inhérente à la planche de bande dessinée ? Les créateurs eux-mêmes ne seront-ils pas naturellement tentés par l’exploration des nouvelles possibilités offertes par ces supports modernes ?

    Une nouvelle forme de "bande dessinée", comme discipline narrative et artistique distincte et identifiable, vera-t-elle le jour ? Conservera-t-elle ce nom ou restera-t-il celui de la bande dessinée sur support inerte qui survivra parallèlement ? La "narration graphique" disparaitra-t-elle sous cette forme avec le livre papier et se diluera-t-elle dans quelque chose qui se rapprochera inexorablement de l’animation ou du jeu vidéo ?

    Il va de soi que je n’ai pas les réponses à ces questions, mais elle méritent - je crois - d’être posées plutôt que benoitement évoquer la transposition de la "bande dessinée sur support numérique" qui me semble être une monstruosité, sinon morte-née, du moins à la viabilité compromise.

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  • Intéressant de voir que dans toute cette discussion, le libraire n’apparait jamais dans la chaine commerciale du livre. A croire que notre profession est d’ors et déjà oubliée...

    Ce n’est pas étonnant, le jour ou le numérique remplacera le papier, nous disparaitrons.
    Restera à voir si le média conservera tout son dynamisme sans un relais commercial qualitatif...

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    • Répondu le 29 juin 2009 à  17:11 :

      Enfin, j’attendais cette réaction.
      Les œuvres dématérialisées impliquent de repenser complètement les logiques de distribution.
      Il me semble que le travail du libraire va se fondre à celui de l’éditeur. L’équation est simple.

      Auteur -> Intermédiaire(s) -> Lecteur
      Auteur -> Éditeur -> Distributeur -> Libraire -> Lecteur
      Auteur -> Ordinateur/net -> Lecteur

      Ordinateur/net = Éditeur + Distributeur + Libraire

      Mais son rôle de prescripteur et de conseiller sera plus important que jamais. Parce qu’on va se retrouver avec tellement d’œuvres disponibles pour tellement longtemps qu’il va bien falloir faire des tris, orienter... exploiter au maximum les bases de données.

      Vous avez une autre proposition ?

      PS : je vous conseille d’écouter Kraftwerk, ça donne des idées.

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    • Répondu par Michel Dartoche le 30 juin 2009 à  00:20 :

      Les libraires n’ont qu’à faire correctement leur travail, essayer notamment de se différencier de la grande distribution (Leclerc Auchan Carrefour et cie, Virgin et Fnac compris), en proposant notamment une offre complémentaire de qualité.

      Je suis passé cet aprés-midi boulevard Saint Germain et St Michel et rue Dante (Paris 5). D’accord on voit bien le dernier IRS (il crève même les yeux, hélas,un pouvoir redoutable pour l’amateur de bonne BD) mais je n’ai pas trouvé les livres que je cherchais (le Uderzo-Charlier récemment evoqué sur actua BD, et la reprise d’Ange Signe de Tillieux, editions de l’Elan).

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      • Répondu le 30 juin 2009 à  09:01 :

        Euh... Monsieur Dartoche. Vous ne parlez pas des libraires en ligne mais des libraires traditionnels qui vendent des livres en papier et des statuettes.
        Ils ne vont pas disparaître parce qu’ils ne font pas bien leur travail en ne mettant pas en vitrine les livres qui vous intéressent. Les deux formes d’édition vont cohabiter et se développer dans des voies différentes.
        La question qui nous intéresse est quelle va être le rôle du libraire dans le monde de la BD 100% numérique, introuvable sur papier ?

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  • Pardonnez-moi de commencer un nouveau ”trhead”, mais tant de gens auxquels je voulais répondre.

    Pour Mr Fred Boot, je voudrais soutenir le point de vue de l’Anonyme qui vous répondit . Je ne pense pas que la vente par internet de produits dérivés liés à votre production soit un choix intelligent. La « révolution numérique » ayant beaucoup plus à voir avec votre capacité à produire un flot continu de productions immatérielles. Dans cet esprit, je viens de comprendre avec qq années de retard l’importance des blogs de dessinateurs : il s’agit de créer une demande et de vous imposer comme « brand ».
    Dans cette perspective de production il devient clair que le distributeur, le libraire et l’éditeur doivent collaborer avec vous à un niveau autre que celui proposé généralement aux auteurs. Mais combien de dessinateurs sonts prêt à se convertir en chef d’entreprise ?

    Mr Salma, toujours lyrique et d’un optimisme remarquable, nous présente les challenges de ce nouveau défi. Toutefois, il faudrait mentionner aussi que la profession journalistique se pose les mêmes questions : à l’heure de Twitter et Google News, comment produire un contenu de qualité duquel nous pourrons vivre ? Ou une information fiable, ou une critique du pouvoir non assujettie au nombre de « clicks » par jour ?

    Ceci dit cela n’a pas vraiment d’importance majeure sur mon comportement de consommateur. Je fréquente ce site par amour du genre. Pour moi il est clair que je ne dépenserai pas le moindre euro pour lire une bd sur mon téléphone. Mes intérêt liés à ce genre se trouvent ailleurs. Certainement pas dans la consommation effrénée ou indistincte.

    Mr Dartoche, si je puis me permettre, tant que vous êtes rue Dante...pourquoi ne pas continuer 5 ou 700 mètres. Pour aller au « Regard Moderne ». Y’a peut-être pas du Tillieux –encore que..., mais si on veut rencontrer un libraire...

    Cordialement à vous tous.

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    • Répondu le 1er juillet 2009 à  08:16 :

      "our moi il est clair que je ne dépenserai pas le moindre euro pour lire une bd sur mon téléphone."

      Fontaine, je ne boirai pas de ton eau. Combien de gens disaient il y a un peu plus de 10 qu’ils n’auraient jamais de téléphone portable ? Tout dépend de l’offre. Si l’offre se rend incontournable, vous y viendrez comme tout le monde.

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      • Répondu le 1er juillet 2009 à  11:39 :

        Combien de gens disaient il y a un peu plus de 10 qu’ils n’auraient jamais de téléphone portable ?

        Je ne crois pas avoir dit ça un jour, mais je n’ai jamais eu de portable, et ce n’est pas la bd sur portable qui pourrait me faire changer de position pour le moment.

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        • Répondu par Sergio Salma le 1er juillet 2009 à  13:50 :

          Il me semble que ces marchés nouveaux s’adresseront en priorité à de nouveaux lecteurs. Il y aura une partie du lectorat qui ira du papier au numérique (comme ils ont été du vinyle au cd etc...)mais la roue tourne. Les mangas justement n’ont pas détourné les jeunes lecteurs d’autre chose ; ils n’ont jamais lu que ça .

          Il faut segmenter évidemment et multiplier les raisonnements selon les différents publics potentiels. Nous lisons ce site sur écran sans penser une seconde qu’il aurait pu un jour être sur papier. Et payant.
          Ses fonctionnalités ont été inventées à sa naissance sans copier quoi que ce soit.

          Pour calmer le jeu, même si urgence il y a, je ne pense pas que les libraires et les réseaux actuels vont disparaître( ah ! ce catastrophisme si plaisant, on aime se faire peur décidément. On a annoncé la mort du cinéma depuis 1930 quand il est devenu parlant !) ; il s’agira simplement de ne pas négliger ces mutations. Notre manière de consommer la bande dessinée" à l’ancienne" nous joue des tours. N’oublions pas que le monde entier consomme autrement. Nous sommes les seuls en France et en Belgique, Suisse et un peu Québec (excepté pour Astérix ou Tintin et quelques blockbusters universels) à acheter des albums ! Voilà toute la différence. Ce qui nous semble être un objet contre-nature est dû encore une fois à une habitude culturelle. On envisage le livre (et l’édition en général) dans notre petite francophonie avec un respect quasi-religieux.

          Toute l’économie de ce futur support doit être inventée ; et ce sera sur des bases évidentes. Aujourd’hui, l’économie de l’édition est bien trop précaire ; les nouveaux bouquins qui sont en train d’être faits sont calculés au plus juste. Les auteurs sont d’ailleurs en train de financer en partie ce reflux général en étant rétribués moins qu’il y a une dizaine d’années. D’où la tentation et l’évidence de recherches d’alternatives pour tout le monde.

          Le numérique s’imposera aussi à cause d’une autre donnée essentielle : l’écologie. Aujourd’hui le livre (tous genres confondus ) est un gouffre écologique. Entre les camions qui tournent et les stocks , ce sont des millions envolés en fumée. Personne ne trouve aberrant de faire un tirage de 50000 exemplaires pour espérer en vendre 20000. Les retours, les pilons, la gestion de ces tonnes de papier finiront pas ne plus être tolérables. Tout ceci a un coût monstrueux.

          Le numérique ne sera pas qu’un gadget. Même si au départ il en a l’apparence.

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          • Répondu par Alex le 3 juillet 2009 à  00:37 :

            Bon, ce discours je l’ai beaucoup entendu –quasiment mots pour mots- et en toutes langues que je maîtrise-depuis ces derniers mois. L’impact écologique du monde de l’édition est indéniable. Mais, allons... quels sont les composants de votre ordinateur, et pour parler d’éthique... de quel continent viennent ces composants ? ...Silence de mort, c’est le cas de le dire. Alors que l’industrie du papier est régit en Europe par des lois très strictes (allons, avez-vous la moindre idée de comment on prend soin d’une forêt, même en la rasant et en la replantant ?)

            Je ne suis pas non plus aveugle sur le fait que l’album cartonné est une particularité européenne –mais en quoi le comix ou le manga se différencie de cette forme ?

            Faire concurrence au Japon en matière de propagation de bd numérique ? Bonne chance ! Puisque que leur téléphonie mobile est basée sur les satellites, une technique beaucoup plus rapide que nos relais.

            Le problème est structurel et il incorpore tous les acteurs du monde de l’édition. Le message de Charleston me semble un coup d’épée dans l’eau- les droits dérivés et autres n’intéressent plus l´éditeur –qui a aussi
            recentré son activité. Tout est négociable, c’est un combat d’arrière-garde.

            En résumé, je crois sincèrement qu’avec l’aide de la crise èconomique nous assistons à une main-mise sauvage et quasiment maffieuse de la production.

            Tout un chacun étant supposé produire au maximum de ses capacités pour nourrir un marché. lIl ya qq chose foncièrement anti-artistique dans cette démarche.

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            • Répondu le 3 juillet 2009 à  09:18 :

              "les droits dérivés et autres n’intéressent plus l´éditeur"

              Houla ! Céder ses droits ou ne pas les céder. Tout dépend des capacités de son éditeur. Ne les mettez pas tous dans le même panier. Il y a des éditeurs qui ont ou se donnent les moyens de d’exploiter les droits annexes et ceux qui stagnent dans l’amateurisme ou sont trop petits pour. Ensuite, vous pouvez céder vos droits en négociant des conditions pour obliger l’éditeur à en faire quelque chose et discuter des pourcentages en fonction du potentiel de votre œuvre. Mais n’oubliez pas que si votre éditeur n’a pas les droits audiovisuels et dérivés et que votre œuvre est adaptée, il ne fera aucun effort pour défendre votre livre et créer des synergies. Ce qui pourra freiner le développement des ventes de votre livre. Il n’est pas si facile de trouver un producteur par ses propres moyens, de le convaincre et de négocier un contrat solide sans agent. Si vous avez une certaine notoriété et déjà eu un ou plusieurs succès, oui, c’est plus aisé... et je connais bien les coulisses parce que j’ai testé pour vous.

              L’argument du papier qui va disparaître progressivement reste à vérifier. Quelle est la part de papier recyclé ? Combien de tonnes de papier proviennent d’arbres spécialement plantés pour ?
              La première et vraie raison qui pousse tout le monde à aller vers le numérique :
              la rapidité de diffusion, le nomadisme des nouveaux appareils, et ce côté instantané tellement magique et fascinant.

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            • Répondu par Sergio Salma le 4 juillet 2009 à  12:13 :

              Cher Alex, vous êtes d’habitude plus tempéré. Pourquoi vouloir à tout prix considérer que les questionnements des autres aillent dans la direction opposée à celle qui semble être la vôtre ? Le discours sur l’écologie amène toujours le même flot de controverses. Si on connaît par cœur ce qui est énoncé dans mon post, on connaît tout autant votre antithèse sur les composants des ordinateurs. C’est à peu de choses près ce qu’on dit sur les éoliennes quand on ne veut pas qu’elles envahissent le paysage.

              Bon. Je ne suis pas écolo fanatique, je suis juste conscient du fait qu’ éditer 50000 exemplaires pour en vendre 20000 est un gâchis. Je pense moins à la forêt(que je sais gérée intelligemment, hm...) qu’aux reins des libraires et au fioul bouffé par les camions de distribution qui réchauffent la planète, empuantent la ville et provoquent des embouteillages.

              Quand aujourd’hui on a réussi à culpabiliser les gens qui laissent couler leur robinet quand ils se brossent les dents, ne puis-je pas me poser la petite question quant au papier tant pour la presse que pour l’édition ? Des millions de tonnes produites quotidiennement et une très grosse proportion uniquement pour être visible. C’est choquant avant même qu’on en arrive à parler de mutations technologiques.

              Ma comparaison mangas-comics-albums n’était là que pour insister sur le fait que beaucoup de lecteurs francophones tiennent tiennent autant au livre qu’à son contenu. C’est pourquoi , comme vous, je crois que ceux qui sont simples lecteurs, sans être bibliophiles iront vers le numérique sans rechigner.
              Question de générations mais aussi question de culture. L’amateur de mangas ou de comics , il me semble, est plus détaché de l’objet. Et n’est-il pas un peu précurseur en quelque sorte dans ce discours écologique ? Comparons un beau gros album Futuropolis ou Quadrants de 60 ou 80 pages avec un récit de même longueur format comics ou manga. On a en main des objets fondamentalement différents quant au papier et l’impression. D’un côté un papier épais , un objet luxueux de 500 grammes parfois et de l’autre un papier cheap et une impression juste correcte. Je ne fais de reproche à personne ; je suis moi-même attiré par les beaux livres mais il y a là des questions à se poser quant aux normes qui sont en train d’être édictées dans tous les domaines de la consommation à l’image des ampoules de 100 watts qui ont disparu ces jours derniers.

              Les questions sur le numérique ne doivent pas vous faire penser que l’apocalypse est à nos portes. On va pas refaire le coup non plus de la crise qui profitent aux margoulins ; ça nous ramène une fois de plus à la fumeuse et simpliste théorie du grand complot perpétré pour entuber les masses populaires. Vous rendez-vous compte de l’énormité de votre utilisation du mot mafieux ?!

              On est toujours dans une époque-charnière et l’évolution technologique est une donnée quotidienne dans toutes les activités. Que ça fasse des dégâts est une certitude ; que ça fasse peur est une réalité aussi.
              Tout ça me fait penser à un ami qui il y a une quinzaine d’années râlait sur tous ces gens qui achetaient un ordinateur ; on parlait encore d’informatique. Et puis quelques années plus tard, il s’est équipé et est devenu un geek de première catégorie.

              C’est le même qui achète moins de bandes dessinées parce qu’elles coûtent trop cher et qui se rend compte qu’on peut les compulser gratuitement sur le web. Un jour, il lira un gag de son strip favori sur son téléphone portable parce qu’il s’ennuiera en attendant le métro.

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        • Répondu le 1er juillet 2009 à  13:52 :

          Mais vous avez internet. Donc, vous n’êtes pas fermé à la modernité. Si demain une nouvelle forme de bande dessinée numérique naît sur le net. Une forme de bande dessinée pas possible à éditer autrement, peut-être changerez vous d’avis ?

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          • Répondu le 1er juillet 2009 à  21:04 :

            C’est déja le cas en fait, j’ai lu avec plaisir le blog de Frantico, les petits Riens de encore Lewis ou le blog de Boulet, mais les lire en livre ne me dit rien.

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            • Répondu le 2 juillet 2009 à  08:26 :

              Lire les Petits Riens de Lewis en livre n’a aucun intérêt. C’est une BD éphémère qui a trouvé sa forme sur le net. Les pages disparaissent avec le temps qui passe. Comme la mémoire qui s’efface. Ce qui oblige le lecteur à venir régulièrement visiter le blog.
              Le blog de boulet est une suite de billets d’humeur, de notes. L’auteur s’exprime le plus souvent de façon débridée.
              Le blog Frantico fonctionne est un canular pour rire des blogs souvent médiocres et auto-centrés.

              Ce sont des blogs qui ne rapportent rien. Ils ne peuvent se financer qu’en passant par l’édition traditionnelle. Et je ne crois pas que ce soit des exemples à suivre pour monétiser la BD numérique. Financer une économie avec une autre n’est ni sain, ni durable. Pour amorcer, oui, certainement. Mais pour pérenniser les choses, non.
              La BD numérique doit pouvoir se financer avec ses lecteurs en ligne. Je suis un auteur qui ne croit pas que la gratuité des œuvres sur le net soit une liberté parce que c’est une liberté qui nuit à autrui. Ainsi, je ne m’oppose pas radicalement au projet de loi Hadopi. Elle est certes imparfaite et il faudra la réformer, la discuter, la confronter à la réalité pour la préciser et l’améliorer. Le net évolue vite et les lois évolueront en conséquence. Il faut bien commencer par établir une règle du jeu si on veut que la création et l’expression des artistes, intellectuels et journalistes puissent être rémunérés. Tout travail mérite salaire et quand il est question de produire de la qualité, il faut aussi de l’argent. Je ne connais pas de Culture florissante dans l’Historie que se soit construite et développée sans argent.
              Le code de la route n’a jamais interdit aux gens de circuler sur les routes. Le code de la route est une question de respect des autres. Bin, pour le net, c’est pareil.

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