Sur le même plateau TV : Goscinny, Uderzo, Franquin, Hergé et Saint-Ogan

21 août 2008 6 commentaires

On n’explore pas assez les trésors de l’INA, l’Institut National de la Télévision, qui archive les émissions de l’ORTF et d’autres chaînes.

On peut y visionner cette émission intitulée « L’invité du dimanche », une espèce d’ancêtre de l’émission de Drucker, animée par Pierre Tchernia. Le 28 décembre 1969, il invitait Hergé qui a demandé à voir autour de lui René Goscinny, Albert Uderzo, André Franquin, et Alain Saint-Ogan.

On y voit un Goscinny pétillant d’esprit, comme à l’habitude, expliquant qu’étant mauvais dessinateur à l’origine et Uderzo mauvais scénariste, Astérix, dit-il, était né « de l’union de [leurs] médiocrités ». Rebondissant sur l’anecdote de sa rencontre à New York avec Morris et Jijé, « la fameuse école de Charleroi  », dont on apprend qu’elle habitait alors le quartier de Bowery, Uderzo signale que les auteurs d’Astérix ressortaient plutôt de « L’école de la muette » voire de « L’école de Neuilly », du nom de ces quartiers de Paris, soulignant non sans un certain humour que Neuilly où il habitait était « plus à gauche » que le quartier de la Muette où résidait Goscinny…

Hergé, interrogé sur la différence entre Tintin et Astérix émet l’hypothèse un peu embarrassée que « Les histoires de Tintin sont plus ingénues que les histoires d’Astérix » tentant de faire dire à Goscinny que son personnage était moins réaliste que le sien, hypothèse contestable. Ne voulant pas humilier le dessinateur belge, le scénariste s’en sort par une pirouette humoristique.

Il y a cette intervention assez lunaire d’un Alain Saint Ogan, le créateur de Zig et Puce, la première BD française « moderne » créée en 1925, qui s’étonne de ce que « ce soient aujourd’hui les adultes qui lisent les bandes dessinées »

Et Franquin me direz-vous ? Toujours aussi à l’aise face aux caméras, il ne pipe pas un mot, faisant place à un Claude Nougaro tout jeunot invité par Hergé. Ce sont les aléas du direct, ça, mon bon monsieur.

DP


Discussion entre Hergé, Goscinny,Uderzo et... par quiestce88

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6 Messages :
  • En cherchant bien egalement sur le meme site, je crois qu’il serait possible de denicher une emission que j’ai vu lorsque j’etais adolescent dans les annees 70 et qui a reuni Robert Velter, Jije, Franquin et Fournier, alors le dessinateur de Spirou et Fantasio. La seule chose dont je me souviens est qu’ils disaient que c’etait la premiere fois qu’ils se reunissaient.

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    • Répondu par SAFIR le 11 novembre 2008 à  18:35 :

      j ai acheter une maison a bruxelle et j ai trouver 1 disque o grenier de la bande original du premier film ASTERIX LE GAVLOIS DE GOSCINNY ET UDERZO MUSIQUE CONPOSER ET DIRIGER PAR GERARD CALVI ET J AIMERAI SAVOIR COMBIEN POURAI JE LE VENDRE A VOTRE AVI

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  • Ce n’est qu’un extrait,peut-être Franquin a-t’il parlé à un autre moment dans l’émission ?
    En tout cas,c’est incroyable de voir réuni un tel plateau !Ce serait formidable s’il était possible de voir cette émission dans son intégralité.

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  • Merci, mille fois merci, c’est un rêve de bédéphile cette émission, de ceux qu’on fait dans des moments de fièvre dans un demi-sommeil, nous n’avons là ni plus ni moins que les génies de la bande dessinée réunis.

    Pardonnez mon ignorance, mais on nous propose sur le site de l’INA d’ajouter à notre panier pour 1 euro 50, est-ce l’émission entière qu’on peut ainsi acheter ?

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  • Emission extraordinaire, en effet ! Merci de nous l’avoir dénichée !

    Pour autant, je n’ai pas du tout la même impression concernant l’opposition Hergé/Goscinny que vous citez : le mot "ingénu" est peut-être un peu malheureux (issu de l’image de marque déplorable de la BD à cette époque et donc d’une humilité exacerbée d’Hergé), mais l’auteur de Tintin a parfaitement précisé son propos par la suite : TINTIN est du type de ces histoires dans lesquelles on se plonge entièrement corps et âme, ASTERIX est plutôt une suite de réflexions mises en images autour d’une histoire, et dont l’objectif est de mettre en exergue ces gags et parallèles sociaux ou psychologiques (construire un synopsis sur la simple expression "la peur donne des ailes", il fallait le faire !). Tous les deux exprimant également une profonde humanité qui fait de leurs BD des chefs-d’oeuvre.

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  • Quel dommage que l’INA se "Moulinsartise" : ces précieuses archives étaient gratuites à l’origine : elles sont presque toutes payantes aujourd’hui ! Quelle époque...

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