30 ans après sa disparition, les peintures de Jijé sont exposées à Bruxelles.

19 juin 2010 34 commentaires

Il y a trente ans exactement, le 19 juin 1980, s’éteignait Joseph Gillain (Jijé), le créateur de Jerry Spring et de Jean Valhardi. François Deneyer, le patron de « La Maison de la Bande Dessinée » a voulu célébrer l’événement en organisant une exposition consacrée à l’un des aspects les moins connus de son œuvre : sa peinture et sa sculpture.

Joseph Gillain aurait peint 450 tableaux. François Deneyer en expose un bon nombre dans la galerie de La Maison de la BD.

Il a édité pour l’occasion un livre regroupant quelques-unes des peintures et sculptures dont il a retrouvé la trace. Nous reviendrons prochainement sur cet événement.

30 ans après sa disparition, les peintures de Jijé sont exposées à Bruxelles.
"Annie et la Jupe rayée"
(c) Succession Joseph Gillain - Courtesy "La Maison de la BD".

Le galeriste avait également rassemblé,ce jour-là plusieurs dizaines de membres de la famille du peintre. Quelque soixante-dix membres de la famille avaient fait le déplacement à Bruxelles, certains venant des États-Unis (dont une fille de Jijé), du Canada ou de France. Tous les enfants de Joseph et Annie Gillain étaient présents.

Claude Derib, Thomas Legrain et Jean-Claude Mézières
(c) Nicolas Anspach

Jean-Claude Mézières et Claude Derib, amis de Jijé, s’étaient joints à eux pour témoigner leur affection et de leur respect pour leur père et pour son œuvre. Le dessinateur Thomas Legrain (Sisco) était également présent. Il l’était plus pour une raison familiale : c’est un petit-neveu de Joseph Gillain.

Derib & Dominique Gillain (l’une des enfants de Jijé)
(c) Nicolas Anspach

Nous vous proposerons dans les prochaines semaines différentes interviews de Derib, Jean-Claude Mézières et deux des enfants Gillain sur l’homme qui aimait se faire appeler Joseph (y compris par ses enfants). Nous reviendrons également sur l’exposition et les peintures de Gillain prochainement.

NA

Joseph Gillain – Peintures et sculptures
à la Maison de la Bande Dessinée
Jusqu’au 17 octobre 2010
La Maison de la Bande Dessinée
Boulevard de l’Impératrice, 1
1000 Bruxelles
Tel : 02/502.94.68
info@jije.org
www.jije.org

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34 Messages :
  • Extraordinaire ! Fabuleux ! Je suis passé un peu par hasard et je suis resté presque 3 heures à contempler des toiles toutes plus lumineuses les unes que les autres. Mais comment ce modeste musée a-t-il pu réunir un ensemble d’une telle qualité ? C’est une évidence que jusqu’ici j’ignorais : Jijé est un grand peintre et cette exposition en est la démonstration. La bande dessinée, c’est bien, mais la peinture, c’est pas mal non plus !

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  • Amusante cette toile d’Annie avec sa jupe rayée. La référence à Matisse est évidente. Mais les yeux dessinés de façon réaliste rendent le tout naïf. Comme si le dessinateur de BD ne pouvait pas s’extraire complètement de ses codes figuratifs habituels.

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    • Répondu par Sergio SALMA le 24 juin 2010 à  11:51 :

      J’imagine qu’il est très malvenu de laisser filtrer quelques bémols concernant ce grand bonhomme mais sans vouloir être grinçant, essayons tout de même de ne pas tout mélanger. Ces peintures (j’en ai vu quelques-unes) sont sans doute agréables, Jijé ayant la palette efficace et décorative et sans étaler comme une confiture light ma culture, il m’apparaît tout de même au premier coup d’oeil que ses travaux exécutés dans les années (?) 50 à 70( je ne sais pas quand il a peint ces images ) relèvent quand même d’un gentil amateurisme . Sympa mais très limité. Retirez Matisse, Braque, Monet , Valadon et la plupart des peintres moyens , impressionnistes ou suiveurs et il ne reste pas grand-chose. Il s’agit ici de mettre en lumière le violon d’Ingres de notre auteur BD et non pas de lui reconnaître un quelconque talent dans cette discipline. Il peint comme un post-impressionniste ( et rejoint aussi les fauvistes brabançons, Rik Wouters en tête et des artistes comme Devos ( non pas le Devos de Génial Olivier) tous faisant partie( je schématise volontairement) d’une école très colorée dont le berceau est la Belgique( consultez vos encyclopédies ). Il me semble qu’il ne s’agisse là que d’un travail de pur plaisir, j’utiliserais volontiers la formule "peintre du dimanche" en sachant bien qu’on risque de me tomber dessus. Mais peindre dans ce style dans les années 50 à 70 c’est simplement avoir 50 ou 60 ans de retard. Comme si les films des années 70 nous refaisaient le coup du cinéma muet. En 1950 , 1960, il se passe des choses dans le domaine artistique( sans vouloir ramener tout au conceptuel ni aux radicaux démolisseurs) qui sont à des millions de kilomètres de ces petits tableaux (agréables certes). J’ai notamment observé un tableau de la place Royale peint par Joseph Gillain, qui est ni plus ni moins qu’une caricature-hommage à Sisley and co. Tout n’est que geste copié, manière adoptée, presqu’un plagiat . L’expo est intéressante puisqu’elle elle met en lumière ce que Jijé avait grand plaisir à mettre en scène (souvent sans s’appesantir) dans ses bandes dessinées : la nature, la figure humaine.

      Mais pitié, s’il est un excellent narrateur, fût-il un peu brouillon dans la gestion de "sa petite entreprise", merveilleux homme de compagnie et ami , maître tout ce qu’on veut, replaçons quand même les choses à un niveau raisonnable. Ou alors les touristes qui ramènent quelques clichés honorables de leurs vacances sont des photographes.

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      • Répondu le 24 juin 2010 à  16:27 :

        Je suis d’accord. On peut s’intéresser à ses toiles parce qu’il est Jijé. Mais c’est tout. On n’en tire rien de plus. Certainement pas un grand peintre... sinon, ça se saurait.

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        • Répondu le 25 juin 2010 à  08:07 :

          Je suis d’accord. On peut s’intéresser à ses toiles parce qu’il est Jijé. Mais c’est tout. On n’en tire rien de plus. Certainement pas un grand peintre... sinon, ça se saurait.

          Mais ça se sait ! Rappelez-vous ces peintures exposées au Centre Wallonie Bruxelles de Paris dans les années 80 (dont le catalogue Vous avez dit BD...Jijé), la grande expo Jijé au Centre belge de la bande dessinée au début des années 90 et une expo Jijé-Gillain au musée de Louvain-la-Neuve fin des années 90. Ses toiles ont déjà été exposées à quelques reprises pour le plus grand bonheur de tous !

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          • Répondu le 25 juin 2010 à  09:35 :

            Un grand peintre ? Alors pourquoi on n’en parle dans aucun cours ni dans aucun livre d’Histoire de l’Art du XXème siècle. Le petit monde de la BD avec ses complexes toujours pas digérés. C’est en se trouvant elle-même qu’elle peut se construire comme 9ème Art pas en essayant de se trouver une légitimité ailleurs.

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            • Répondu par Francois D le 25 juin 2010 à  11:33 :

              Un grand peintre ? Alors pourquoi on n’en parle dans aucun cours ni dans aucun livre d’Histoire de l’Art du XXème siècle. Le petit monde de la BD avec ses complexes toujours pas digérés. C’est en se trouvant elle-même qu’elle peut se construire comme 9ème Art pas en essayant de se trouver une légitimité ailleurs.

              Si vous me lisez plus bas, vous constaterez que notre démarche est de mieux faire connaître au public son oeuvre peint dont on dénombre quand même près de 500 pièces. Comment pourrait-on l’évoquer dans des ouvrages consacrés à l’art si quasi personne ne connaît son oeuvre ? Peut-être que cela se fera un jour, laissons-ça aux professionnels de la profession.... Pour l’anecdote, en préparant cette exposition et le catalogue raisonné, j’ai longuement discuté avec un historien de l’art de nationalité belge qui a, entre autres, participé à la rédaction d’un ouvrage sur les grands artistes wallons du XXe siècle. Il m’a avoué regretter de ne pas avoir eu connaissance des peintures de Gillain plus tôt car il méritait amplement sa place dans l’ouvrage en question. Ce sont ses propres termes. Il a émis ce jugement APRES avoir vu toutes les peintures de Gillain et a donc parlé en connaissance de cause.
              Je regrette un peu que sur ce forum des jugements catégoriques soient pris SANS connaître l’oeuvre, ce qui n’est pas une démarche très honnête.

              Pour ce qui est de la légitimité de Jijé, il l’a eu de son vivant en recevant le Grand Prix Saint-Michel en 1975 et le Grand Prix d’Angoulême en 1977. Nous ne cherchons rien d’autre que de faire connaître son travail au grand public. Et chacun appréciera en fonction de ses goûts. Merci.

              fd

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              • Répondu le 25 juin 2010 à  15:27 :

                Il est reconnu comme un Grand de la BD pas comme un Grand de la Peinture. Le XXème siècle aura été le siècle du développement des médias. Même internet est né au XXème. Difficile dans ce siècle et dans celui qui commence de passer inaperçu si on a un immense talent dans un Art. Je ne crois pas que le Jijé peintre soit maudit ou oublié. Il n’a pas apporté de pierre à l’édifice de cet Art mais par contre, à celui de la BD, oui. Et c’est déjà beaucoup.
                Vous parlez de 500 pièces. Mais on s’en fiche du nombre de pièces. Ce n’est pas un argument de valeur. Klee n’a pas peint des masses et en plus, quasiment que de petits formats, mais la plupart de ces pièces sont incontournables et fondamentales.
                La BD a un complexe parce qu’elle est née de la presse et s’adressait surtout au début aux enfants. Mais on s’en fiche. C’est un Art. Aujourd’hui encore, pour lui trouver des lettres de noblesse, on voudrait rendre cet Art exclusivement adulte. Ainsi, vous ne verrez pas de BD pour enfant primée à Angoulème. Blasphème ! Lorsqu’un auteur de BD fait du cinéma ou de la peinture, on a l’impression que cela apporte aussi des lettres de noblesse à la BD et tout le monde en parle. La belle mousse !. Mais on s’en fiche ! La force de la BD, c’est de s’inventer toute seule. Les gammes de Jijé sont accessoires.
                Ce que je préfère chez Jijé, ce sont ces splendides pages de Spirou, Jerry Spring... C’est ça qui restera et qui est entré dans l’Histoire de l’Art. C’est ça qu’il faut défendre, montrer, publier, redécouvrir et faire redécouvrir ! Pas s’extasier sur son violon d’Ingres.

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        • Répondu par Jean V P le 25 juin 2010 à  12:30 :

          "Ca se saurait"... euh, mais ça se sait ! Jijé est un grand peintre, et ça se sait, les happy few le savent.
          (Les autres non, mais ça n’est pas bien grave).

          Pendant presque un siècle, Maupassant était considéré comme un "auteur mineur"... sauf par quelques esprits éclairés.

          Face aux artistes de talent, il y a toujours peu ou prou des voix discordantes, mais cela ne gâche pas le plaisir d’apprécier un grand écrivain ou un grand peintre.

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      • Répondu par Francois Deneyer le 24 juin 2010 à  16:31 :

        Ne vous ayant croisé dans ma galerie d’exposition, je suppose que vous vous basez sur l’illustration publiée sur Actuabd ou celles dans la galerie peinture sur notre site www.jije.org pour juger du travail de peintre de Gillain (soit même pas 8% de son oeuvre connue à ce jour). La peinture est une question d’émotions vis-à-vis du sujet et des couleurs utilisées par l’artiste et ce que l’on ressent également face à une toile par rapport à son histoire, ce qu’elle raconte, les circonstances dans lesquelles elle a été peinte, le vécu de l’artiste etc. Pour avoir dans ma collection un bon nombre d’ouvrages consacrés à des artistes peintres, je peux vous affirmer que rien ne vaut le plaisir de voir ces peintures "en vrai" et c’est pour cela que, quelle que soit la ville où je me rends, je ne manque jamais d’aller visiter ses musées qui exposent des peintures. Je ne puis donc que vous conseiller de visiter l’exposition (et de lire l’ouvrage publié en complément) avant de porter un jugement aussi catégorique sur l’oeuvre. Après cette démarche, libre à vous d’aimer ou ne pas aimer, cela me semble évident. Mais quand vous affirmez "de ne lui reconnaître un quelconque talent dans cette discipline (la peinture)", vous allez quand même fort dans la provocation, non ?

        Notre démarche n’est certainement pas de crier au génie de Gillain, le but de l’exposition et de l’ouvrage est de faire mieux connaître l’oeuvre peint de Gillain car, sous cet aspect il est tout simplement méconnu. toutes ses peintures sont dans des collections privées, il n’y en a que trois dans des collections publiques (Bruxelles, Namur et Liège), c’est vous dire de l’accessibilité de l’oeuvre ! Vous devriez certainement apprécier puisqu’en tant qu’amateur, vous aimez les ovnis, les découvertes, les méconnus...

        Gillain a peint de 1925 à 1980, sa carrière ne se limite pas aux années 50-60. Qu’il y ait quelques toiles qui font penser à Matisse, Duffy ou d’autres, pourquoi pas, mais cela ne catégorise pas l’oeuvre entière "à la manière de..."’. Vous avez écrit un jour souligner l’importance des génies, connus ou méconnus, et paraphraser Billy Wilder ("Comment aurait fait Lubitsch ?") en avouant qu’il ne se passait pas un jour de votre travail d’auteur en vous posant la question "Comment aurait fait Goscinny ?". Vu sous cet angle, peut être que vous pourriez admettre que Gillain ait réalisé une toile en se disant "Comment aurait fait Matisse ?", non ? Tout en tenant compte que l’histoire de l’art est truffée d’influences en tous genres, mais ça vous le savez très bien.

        A propos, à quelle oeuvre de Sisley pensez-vous lorsque vous qualifiez Gillain de plagiaire ??

        Pour conclure, je vous invite à (re)découvrir un commentaire de Gillain sur sa propre production et publiée dans B.D. Bulle en janvier 1976 : "Peinture dégagée d’école ou tendance. Adversaire de la peinture constipée, triste, cafardeuse, intellectuelle, engagée, porteuse de message, etc...". Qui d’autre que l’artiste lui-même pour juger honnêtement de son travail ?

        fd

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        • Répondu par Oncle Francois le 24 juin 2010 à  19:06 :

          Vous avez bien raison. Je pense que Jijé faisait de la peinture pour se détendre (et pas pour vendre !!). Cela le changeait des petites cases faites pour le journal de Spirou ou Pilote ; de plus, il y a un contact sensuel, olfactif et parfois tactile, avec la peinture, la rencontre avec la couleur. Cela peut permettre aussi de rencontrer de jolies modèles. Je crois que Jijé sculptait aussi. Tout ce qui permet une meilleure appréhension de l’oeuvre de ce grand auteur reste bienvenu.

          Pour ma part, j’essaie de tenter une carrière d’artiste, sans aucune formation préalable ni même aucun talent. J’ai donc été obligé de me forger un style graphique minimaliste et épuré, c’est pratique car cela permet de travailler rapidement sans s’arracher les cheveux avec les problèmes de perspectives, d’anatomie et de décors. Je mettrai mes planches en ligne quand je serai satisfait de mon travail, puis je proposerai à des éditeurs de les reprendre en livre (style Blog BD).

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        • Répondu par Sergio SALMA le 24 juin 2010 à  21:38 :

          Je poursuis le débat volontiers mais d’abord croyez bien, Monsieur Deneyer qu’il ne s’agit pas de détestation ou de mépris. C’est simplement que souvent ici et là on relève des observations et des jugements à propos de toutes sortes de choses (cantonnons-nous au domaine artistique bien sûr ) qui sont curieusement déraisonnables.

          Donc je voudrais aussi insister sur le fait que cet échange est plus placé sous le signe du respect que d’une quelconque volonté de flinguer . L’écrit porte en lui ce ton catégorique que je pensais avoir atténué en précisant que l’on sentait bien cette notion de plaisir.

          Mais ça ne m’empêchera de ne pas être d’accord avec votre appréciation même si bien entendu je comprends votre position. D’accord, je viendrai revoir les oeuvres et on pourra même pourquoi pas en discuter . Je me permets toutefois de vous reprendre puisque vous me faites l’honneur( je suis épaté et presque gêné) de me citer en parlant de la filiation, des influences, de l’héritage. Vous savez donc bien que ce genre de réflexion fait partie de mon quotidien non seulement d’artiste, d’auteur mais aussi de "consommateur", auditeur, spectateur. Je ne suis pas du tout un spécialiste et je ne me fie qu’à mon pauvre petit vécu, mes sentences ne valent donc que ce qu’on veut bien en retirer entre les lignes. Le rapport que vous établissez avec Goscinny et Lubitsch est intéressant mais vous me donnez du grain à moudre et ça ne fait que confirmer mon impression première.

          Car , oui , il est important de se nourrir de nos passions, impossible même d’y échapper et ce serait idiot. On aime , on observe et tout ça percole dans nos esprits. Après, on crée à son tour et resurgiront dans la plupart des cas des stigmates, des restes de ces passions ; la filiation, le cousinage quand on est contemporains , tout cela fait partie du jeu, nous sommes faits des mêmes sentiments en définitive, l’ovni absolu est rare et ce n’est pas un but en soi que de s’extraire de tout et de tous pour exister.

          Gillain reprend les tics et les manières de plusieurs écoles bien codifiées et clairement circonscrites. Il ne s’agit pas de mauvaises influences évidemment et il a certainement pris du plaisir( sans doute dans une espèce de désinvolture) à s’adonner à cet art si complexe.

          Reprenons l’exemple de Wilder... Il a effectivement de par ses origines, son parcours, été amené à écrire des scénarios et à travailler à ses débuts sur des films qui étaient dans la même "mouvance" (pour une partie en tout cas) que Lubitsch. On peut aussi citer Capra évidemment. Comédies aux apparences légères, écritures au cordeau, comédiens enjoués, thèmes graves mais traités avec recul et humour bref des bijoux. On avait eu des potaches et des rigolos, on avait eu des génies austères, on avait là des auteurs qui maîtrisaient l’écriture et qui mettaient leur savoir-faire et leur talent aux services du rire( mais pas que). Mais qu’a fait notre cher Billy Wilder ? Il s’est très vite éloigné du style Lubitsch( sans jamais l’oublier toutefois, pourquoi renier ?) pour faire du...Wilder. Idem pour un auteur de bandes dessinées d’aujourd’hui. Un auteur pour la jeunesse a forcément devant (ou derrière ? ) lui tout l’Œuvre de René Goscinny et il est intéressant de se demander comment il aurait fait". Mais cette démarche intellectuelle a ses limites car le marché d’aujourd’hui n’est pas celui des années passées et il faut pratiquer une espèce de translation dans le temps pour se dire " mais comment aurait-il fait...AUJOURD’HUI ?" ça change tout.

          Si vous décidez que les artistes du passé font partie du paysage et qu’il est normal de s’en nourrir, je suis d’accord avec vous. Mais le travail( au sens de travail sur la forme et pas seulement sur le fond) est obligatoirement lié à la recherche et à la négation, voire l’anéantissement du passé culturel. Il faut à la fois faire table rase tout en portant en soi les traces évidentes de ceux qui nous ont précédé. En appuyant Gillain dans sa démarche post-impressionniste ( pardon encore une fois de schématiser) vous acceptez qu’un artiste soit dans le mimétisme et la "reproduction" ad vitam de la manière d’un ou plusieurs de ses prédécesseurs. ça voudrait dire si on applique votre formule qu’un auteur aujourd’hui n’en resterait pas seulement à imiter ou à singer la technique de Goscinny mais vous trouveriez normal qu’un gars en 2010 invente des histoires de Gaulois ! Avec un petit gars moustachu et un ami gros tombé dans la potion magique quand il était petit ! C’est là que le bât blesse. Car l’influence de Matisse sur la "peinture" présentée sur l’affiche, ne rend pas un service à votre thèse. Passerait encore qu’il aie emprunté la technique, une peinture parfois très aquarelle parfois grosse pâte au couteau , façon Utrillo ou VanGogh, mais il place son "modèle" devant la même fenêtre, avec les mêmes vêtements, tord la perspective de la même manière, place la lumière et les motifs comme l’ont fait des centaines de faiseurs avant et en même temps que lui. Ce petit plus je veux bien le chercher avec vous. Ce travail de distance qui fait qu’un jour Picasso casse son modèle pour trouver son plaisir autre que dans le plaisir de savoir refaire ce qu’il sait déjà faire. C’est tout le contraire de la démarche de Gillain qui lui ne fait que reproduire (mais ce n’est pas bien grave dans le sens où sa démarche est détachée de toute ambition artistique, c’est le plaisir qui le motive). Sans tomber dans le cliché de l’homme torturé devant son chevalet , acceptons quand même l’idée que c’est une obligation pour un artiste, un auteur toutes disciplines confondues d’ailleurs d’apporter autre chose que sa faculté à savoir (re)faire ce qui a déjà été fait. Car il ne s’agit ici que de ça. Le travail ,même produit dans cette torpeur, peut certainement être agréable à l’oeil, je le rapprocherais volontiers de l’illustration même s’ il ne s’agit pas ici d’établir une hiérarchie mais de simplement reconnaître l’évidence.
          Le mot talent est ambigu, je vous le concède. Oui il a du talent pour peindre de jolies oeuvres ultra-classiques, gentiment démodées, tranquillement décoratives mais non il n’a pas de talent de peintre . Non pas qu’il ne sache pas placer une ombre ou une perspective, il sait même trop bien le faire, mais son ambition est ailleurs. La notion historique a aussi son importance. Un artiste que l’on découvre tardivement est à contextualiser pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. C’est en tout cas comme ça que j’approche certains travaux. Si on me présente un objet artistique( nous dirons donc une peinture ) je vais demander où et quand elle a été produite. Si le travail présente une série de caractères particuliers, je ne pourrai pas m’empêcher de replacer ce travail dans l’histoire. En voyant les tableaux de Turner, c’est aussi de savoir qu’ils ont été produits au début du 19è siècle qui leur donne une immense valeur. Sans même en arriver à cette extrémité( si c’est novateur c’est bon) il faut a contrario se méfier de l’effet inverse et comprendre que faire du Mozart ou du Lubitsch aujourd’hui, avec les mêmes contours, les mêmes harmonies est une absurdité. On vire dans le gentil chromo, on propose une recette qui est dans la mémoire collective et cette acceptation d’ailleurs fait bien des ravages dans beaucoup de domaines.

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          • Répondu le 25 juin 2010 à  07:23 :

            Sergio,

            tu vois juste. Mais juste une précision : Wilder a été un des scénaristes de Lubitsch. Donc, pour lui, la question de la filiation ne se pose comme pour un auteur qui se refère à un maître qu’il n’a pas connu.

            L’artiste est celui qui invente une façon de faire. L’artisan est celui qui répète une façon de faire. En BD, Jijé est un artiste, en peinture, c’est un simple artisan.

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            • Répondu par Sergio Salma le 25 juin 2010 à  22:25 :

              Il y a une phrase de Pierre Soulages qui est pas mal et qui tempère un peu cette vision hiérarchique que je trouve déplacée qui envisage l’artiste au-dessus de l’artisan. Surtout pas. Il y a magnifiques artisans et des artistes médiocres.
              Sa formule est (approximativement ) : " l’artiste ne sait pas où il va. L’artisan lui a un but précis" . Je trouve ça particulièrement pertinent. Un auteur de bédé se cherche, tâtonne perpétuellement. L’artisan a un savoir -faire qu’il met au service d’un objet défini. Il répétera les mêmes gestes ou bien en trouvera de plus simples, de plus beaux parfois pour atteindre son but. L’artiste est un peu plus paumé( je sais, il y en a qui le sont moins que d’autres). Puis viendront les subtilités. Quelqu’un comme Hermann essaie de se convaincre qu’il est plus un artisan qu’un artiste. Pour sans doute s’éloigner d’une certaine pédanterie dont il est peu friand et se rapprocher de l’humain simple, terre-à-terre , nature qu’il se vante d’être dans sa frénétique envie de dessiner. Chaque individu est un cas particulier mais qu’on le veuille ou non, on n’échappe pas à un classement naturel ; il ne faut pas fuir l’évidence.
              C’est pour cela que Gillain peintre est beaucoup moins aventurier que Jijé auteur. D’autant que nous prenons des gants pour formuler notre scepticisme( nous sommes quelques-uns donc) pourtant lui ne se gêna pas avec sa définition à lui, son "autocritique" qui ressemble d’ailleurs à une gentille auto-proclamation.

              "Cafardeuse, avec message etc..." c’est une terrible manière de mépriser ce qui fait la spécificité d’ autres artistes. Je trouve ça très obtus voire rétrograde. Egon Schiele en tête , ils sont des dizaines à être géniaux sans être franchement guillerets. Les suicidés, les overdosés, les malheureux, les marginaux ont fourni à l’histoire de l’art un nombre incroyable de tableaux, concertos, romans, films, chansons etc... Message ?! Ouh ! le vilain mot.. Car alors son grand ami Franquin dans ses idées noires avait un message. A bannir ? Guernica . Poubelle ? Les films de dizaines d’auteurs contiennent oui des messages, des idées, des visions, des opinions. D’autres individus se contenteront d’ œuvres moins ouvertement explicites mais au bout du compte , il y a forcément toujours un message. Son credo à lui était sans doute le plaisir ou la recherche d’un délassement. Sans doute comme souvent pour s’abstraire du rythme soutenu, répétitif de la bande dessinée qui ne convient pas à tout le monde, il a prouvé plusieurs fois qu’il se lassait vite. Il pratiqua donc sans doute la peinture pour tenter d’autres choses, emprunter d’autres voies. Il fit aussi de la sculpture. Ingres lui c’était le violon .

              On pourrait aborder plein d’autres sujets encore. Picasso encore lui qui crée dans la jubilation loin de la noirceur d’un Pollock. Puis aussi des artistes qui alignent des créations sans discontinuer. D’autres qui créent un temps et puis arrêtent net. Il y a aussi (et ça viendrait nourrir notre petit débat Gillain-Jijé) les artistes multi-cartes. Cocteau ou Gainsbourg , dessinateurs, écrivains , poètes, cinéastes...Puis récemment Sfar, Satrapi, Sattouf . Chroniqueurs, illustrateurs, éditeurs, hommes de radios, animation, scène...Chomet, Dupontel, François Morel...

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        • Répondu le 24 juin 2010 à  23:17 :

          Qui d’autre que l’artiste lui-même pour juger honnêtement de son travail ?

          N’importe qui d’autre, l’artiste n’ayant aucun recul sur son œuvre.

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          • Répondu le 25 juin 2010 à  07:24 :

            Vous croyez franchement que les grands artistes n’ont aucun recul sur leur œuvre ?

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        • Répondu par Oncle Francois le 25 juin 2010 à  07:47 :

          "constipée, triste, cafardeuse, intellectuelle, engagée, porteuse de message", voila des adjectifs qui caractérisent assez bien quelques-unes des BD à la mode actuellement, c’est indéniable !

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          • Répondu le 25 juin 2010 à  09:29 :

            "Intellectuelle" à ne pas confondre avec pseudo-intellectuelle... De la BD intellectuelle, je n’en vois pas trop. De la BD pseudo-intellectuelle, il y en a trop. Mais c’est aussi la faute de la critique bien incapable de parler de bande dessinée et se contentant de commenter des histoires. Les critiques ne savent pas dessiner et comment bien parler d’un moyen d’expression dont on ne connait que la surface ? Donc, à l’arrivée, pas étonnant devant ce vide sidéral qu’on prenne les peintures de Jijé pour des œuvres d’art. Elles n’en sont pas. Ce sont de simples exercices de style.

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  • Pour moi, Jijé est tout sauf un "peintre du dimanche". Mais il n’y a que 35 ans que je m’intéresse de (très) près à la peinture. Ceci dit je me contrefiche que d’autres aiment ou non sa peinture. A mes yeux, le talent est là, et cela suffit à mon bonheur.

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    • Répondu par Sergio SALMA le 25 juin 2010 à  12:31 :

      Cher L.M. 
      vous ne m’avez pas compris du tout. J’aime bien sa peinture.

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      • Répondu le 25 juin 2010 à  14:42 :

        Sergio Salma,le schtroumpf a lunette d’actua bd...

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        • Répondu par Oui le 26 juin 2010 à  22:35 :

          Comme à l’accoutumée, Mr Salma pontifie... je ne l’ai jamais entendu, mais je suis sûr qu’il a une voix qui porte..
          Plus "sérieusement", qui décrète que tel peintre est un "grand" peintre, et que tel autre est un peintre "du dimanche" ?
          Dans le "Lagarde et Michard", ouvrage scolaire qui a endormi des générations, édition de 1969, Péguy a droit à 32 pages, Claudel à 41 pages, et Céline à.... 1,5 page !
          Jah merci ! la suite a remis les choses à leur place, mais pour tous ces écrivains, peintres, musiciens et autres artistes que le pouvoir (intellectuel ou autre) nous a depuis toujours imposés comme références (et continue à le faire, c’est frappant pour la BD), combien de "peintres ou musiciens du dimanche, de "vacanciers photographes" ?

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          • Répondu le 27 juin 2010 à  10:42 :

            À vous suivre, le temps remettra Jijé à sa place et on se rendra compte un jour que sa peinture est plus importante que celle de Matisse, Picasso... Et pourquoi ?
            Développez votre théorie, elle est drôle, on dirait un sujet pour un note de Boulet !

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            • Répondu par jacques dutrey le 29 juin 2010 à  06:06 :

              J’ai vaguement l’impression qu’une confusion s’est produite dès le le départ entre trois catégories distinctes à savoir :
              - peintre (qui peint)
              - peintre de talent (qui maitrise les techniques et fait partager son plaisir)
              - peintre de génie (qui invente une nouvelle façon de voir)

              A mon avis Jijé faisait partie de la deuxième catégorie

              Tout l’étalage de pseudo culture artistique et cinématographque n’a servi qu’à obscurcir un débat qui n’avait pas lieu d’exister.

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              • Répondu par Sergio Salma le 29 juin 2010 à  13:01 :

                Pourquoi alors alimentez-vous le débat ? Ah non, c’est un point final, vous êtes là pour arrêter les effusions. Hop. Du balai. Votre conclusion et puis les autres c’est que du blabla.

                Si vous saviez, Dutrey ...
                Tous les débats sont vains, chacun son opinion, au bout du compte on lit quand même l’opinion de l’autre, qu’elle soit tempérée , énervante, stupide ou croquignolesque et puis on s’en retourne à ses certitudes. Il s’agit là de choses futiles, il n’y a pas mort d’homme. Si vous êtes fâché qu’on échange quelques idées ,c’est bien dommage. Dans vos catégories vous oubliez le peintre en bâtiment. Puis aussi le sens figuré , un écrivain peut être le peintre des illusions perdues. Mais il y a aussi les peintres-écrivains ce qui complique encore et obligerait à pontifier et à déballer pseudo-culturellement. Vaut mieux classer dans des armoires et brûler tout ce qui dépasse. Malheureux, on deviendrait des animaux sociaux quelle horreur.

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                • Répondu par jacques dutrey le 29 juin 2010 à  20:31 :

                  ah mais pas du tout ! J’adore les débats. J’aime bien la peinture de Joseph Gillain aussi.

                  Les peintres en batiments peignent des batiments et entrent donc dans la première catégorie. Les peintres-écrivains, écrivains-peintres, peintres-musiciens, musiciens peintres, peintres-danseurs et danseurs-peintres, peintres-sculpteurs et sculpteurs-peintres, etc ... entrent dans les trois catégorie déjà données. Vous n’en donnez pas de nouvelles, Salma, en fait.

                  J’essayai simplement d’éclaicir le débat. Pas de "tout enfermer dans une armoire et découper tout ce qui dépasse". Vous n’avez pas donné de nouveau classement de peintres, en fait, simplement des catégories, certaines un peu tirées par les cheveux ou les poils du pinceau, pour le simple plaisir de vous relire, et m’avez prêté des intentions que je me fais un plaisir de vous rendre.

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                  • Répondu par Sergio Salma le 30 juin 2010 à  10:54 :

                    D’accord, redevenons sympa et pas agressif. Je ne vous appellerai plus par votre nom de famille . Votre intervention sentait tellement le ras-le-bol et votre conclusion définitive donnait l’impression que pour toute forme de sujet, il n’y a jamais lieu d’échanger des idées . Si je suis barbant et long dans mes posts c’est justement parce que tout ça est tellement complexe qu’il faut se méfier de vouloir tout réduire, tout compacter. Dans nos cerveaux les idées cheminent et évoluent sans cesse et il est peut-être intéressant d’échanger ces variations pour comprendre ce qui se fait, s’est fait, se fera. Certains appellent ça "pontifier" alors que ce n’est qu’ être le moins possible réducteur, schématique. Et ce n’est pas pseudo-culturel que d’exposer des souvenirs, des noms qui semble-t-il ont eu de l’importance. C’est culturel. En revanche les pseudos c’est fréquent sur le web quand on veut dire les choses sans oser être soi-même mais bref.

                    Disons quand même pour revenir à Gillain-Jijé que parler de 3 catégories est un peu réducteur non ?! Je dirais qu’il y a presque autant de catégories qu’il y a d’artistes. On emprunte un peu aux uns et aux autres et puis on est soi-même mais les références même(et surtout) inconscientes ressortent parfois plus clairement. La personnalité de Jijé était déjà multiple. Quand on compare les pages de Jerry Spring avec cette science du noir et blanc et les cases humoristiques et délirantes de Blondin et Cirage, rien à voir !

                    Quand il aborde la couleur frontalement, sur un chevalet il s’applique selon moi à refaire, à adopter des manières, des trucs. Et son grand plaisir est justement de retrouver la patte des grands maîtres. Je ne suis pas un jijéphile absolu mais je me rends compte de son importance formidable. Dans l’histoire même de la bande dessinée, chez Dupuis mais aussi dans ses influences sur d’autres, ses rapports plus que familiaux avec des collègues, et semble-t-il avec les inconnus qui devenaient des élèves, des élèves qui profitaient de son expérience etc...
                    Il suffit de lire sa biographie pour comprendre à quel point il se nourrit de tout et comment sa vie d’artiste se mêle à sa vie d’homme, de copain, de père de famille. Je l’imagine très volontiers volubile, emporté. Souvent les personnes généreuses sont aussi très injustes. Il a distribué ses créations, les a reprises, a partagé tout cela comme dans une communauté. Il me semble donc que ce partage des idées, des ambitions fasse aussi partie de sa démarche quand il devient peintre. Il picore à droite et à gauche et là il n’est plus question ( d’après ce qu’on en sait)de devoir en vivre, c’est du pur loisir. Même fait très sérieusement, c’est un à-côté. Donc bien entendu il ne va pas se prendre la tête( même si sans doute, il sera concentré, ambitieux à son niveau) et restera bien loin du milieu de la peinture. Quand on lui demande il répond d’ailleurs qu’il la trouve cafardeuse etc... c’est vraiment paradoxal et un peu tristounet de sa part mais chacun est libre.

                    Aujourd’hui ils sont nombreux les auteurs multicartes. On peut prendre du plaisir et être doué dans plusieurs voies. Gillain n’aurait peut-être pas fait pâle figure dans une expo à côté de fauvistes brabançons qui étaient ses contemporains, de peintres des années 30 ,40 ou 50 c’est probable. Mais ces peintres justement viennent déjà clairement d’une école et dans cette mouvance il y a d’évidents talents et puis d’habiles artisans( je reprends sciemment le mot). On peut avoir un immense plaisir à regarder tout ça ; être critique ce n’est pas démolir, écraser ce qu’on regarde ; c’est je pense établir des petites échelles de valeur et s’amuser des correspondances, des réminiscences, de tous ces plaisirs intellectuels mêlés à des plaisir sensuels. On apprécie même les travaux que l’on trouve médiocres( sauf ceux qui nous font mal aux yeux !). Personnellement la visite d’un musée ou d’une expo n’est plus une activité régulière( mais l’a été) mais il m’en reste des souvenirs d’une incroyable force.
                    Ma conclusion à moi sera d’ailleurs très ouverte. Puisque les moments que l’on vit sont tous précieux ; ceux que l’on passe à déambuler paisiblement dans une expo ou plongé dans un livre sont de purs moments de bonheur malgré nos goûts souvent tranchés. On prend ce temps-là et c’est magnifique.

                    Après on peut énoncer nos points de vue, faire la fine bouche ou crier notre enthousiasme. Le plus idiot, je m’en rends compte, est de se friter entre spectateurs sur les qualités ou les défauts des uns et des autres.

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                    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 30 juin 2010 à  12:07 :

                      J’abonde dans le sens de Sergio Salma. A l’époque, la référence est le Fauvisme brabançon (que les Frères Hasaert opposaient aux Fauves flamands comme Gustave Van de Woestijne ou Valerius De Saedeleer — Comme dirait l’autre il n’y a pas de Hasaert !), je pense en particulier à Rik Wouters, contemporain de Matisse et Dufy et dont la courte carrière influença pas mal de monde dont Jijé, dont les débuts (voir sa fresque dans l’église de Corbion) font penser à Puvis de Chavanne.

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                      • Répondu par jacques dutrey le 2 juillet 2010 à  07:43 :

                        Si on prend la peine de vraiment comparer les oeuvres des nombreux peintres cités pour "prouver" que Jijé n’était qu’un peintre du dimanche (tout en étalant une confiture de culture de plus en plus "light" au fur et à mesure que s’agrandit la tartine) à celles de Joseph Gillain dans leur totalité, on se rend compte aisément aisément que tout cela relève d’une observation plus que superficielle, ou d’une mémoire graphique assez myope.

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                        • Répondu par Sergio Salma le 3 juillet 2010 à  00:12 :

                          Bon, Monsieur Dutrey, on va arrêter là. Sachez que la dernière chose à laquelle je pense est de vous convaincre. Vous semblez être en attente de l’argument -massue mais vous ne trouvez que des futilités, soit, ça doit être vrai. Même si vous non plus vous ne me donnez aucun exemple ni aucune raison de continuer ce petit débat extrêmement dispensable, on va pas perdre notre temps. Juste vous faire comprendre que je tenais simplement, puisque c’est un forum ouvert,à exposer mon point de vue .Ma petite confiture elle me tient debout et vous revoilà avec une phrase bien violente pour dire que le monde entier (et surtout moi) ne peut que se tromper puisque vous et vous seul avez tout compris. Je suis très heureux pour vous et de mon côté je m’en retourne à ma myopie.

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                          • Répondu par jacques dutrey le 5 juillet 2010 à  21:43 :

                            J’ai pris la peine de rafraichir ma mémoire graphique en cherchant ,dans la multitude de peintres que vous avez cités, les soi-disant tableaux "copiés" par Gillain, "peintre du dimanche" qui ne "fait que reproduire", avec "geste copié", "manière adoptée", etc... et je dois être nul car je n’en ai pas trouvé un seul !

                            Mes "futilités" ne cherchaient qu’à éclaircir un débat qui n’avait pas lieu d’être, vos prémisses étant ridiculement exagérées, et même pas originales : les influences de Matisse et de Van Gogh étaient reconnues par Gillain dès le début des années ’70 et par des critiques d’art dans le catalogue de l’exposition de Liège en 1975).

                            Pour moi une culture est quelque chose qui se doit d’être à chaque fois remise en question, et tout ce que je crois savoir dit pouvoir être frotté à la réalité. Ce ne peut être en aucun cas une leçon apprise par coeur jadis, devenue depuis un souvenir de plus en plus flou, et ce n’est pas non plus un tuteur qui me tient debout : j’y arrive maintenant tout seul, à la longue...

                            Je ne me prend pas non plus pour le monde entier, ni n’aurais la prétention de ma dresser contre, mais je pense avoir le droit d’affirmer une opinion plus nuancée que la votre, et de souligner le fait que vous vous laissez parfois emporter par les mots bien au delà de votre pensée. C’est traitre, les mots.

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                            • Répondu par Sergio Salma le 10 juillet 2010 à  13:04 :

                              Oh oui c’est traître, on est d’accord. Tout le problème vient du fait que nous avons tous une approche différente des mots et des concepts qui vont avec.
                              Par exemple, vous n’acceptez pas, Monsieur Dutrey, que je taxe Gillain de peintre du dimanche. Parce que cela voudrait dire selon vous que j’affirme qu’ un peintre du dimanche c’est littéralement un nul, un faiseur de croûtes chez qui le talent ne peut être qu’ absent.
                              Alors que pour moi , peintre du dimanche veut aussi dire peintre dont la motivation n’est pas vitale. De plus il l’était littéralement puisque ce n’était pas sa profession première, il peignait le dimanche. Il y a aussi sans doute un souci de mots quand on aborde ces domaines, la peinture, les arts majeurs. Tout devient plus important, plus sacré.
                              Alors qu’à mon avis, ce sont juste des gens qui travaillent et qui au bout montrent (ou pas, la preuve) leurs oeuvres. On peut alors les apprécier ou pas. Ou s’amuser à les replacer dans notre environnement , selon notre culture qu’elle soit formidable ou limitée. Parce qu’à ce compte-là, vu que vous avez l’air d’être un puits de connaissance et de culture, vous sous-entendez que celui qui n’a pas votre niveau de culture (c’est marrant pour un puits) n’est pas apte, ni à j(a)uger ni à déprécier un travail. Ce serait un peu fort, non ?!

                              Même les artistes qui me plaisent beaucoup( et dont ce n’est de toute façon pas la vocation première, plaire) peuvent être influencés par d’autres. Par exemple , j’aime beaucoup Larcenet qui a été impressionné sans doute par Goossens qui sans Gotlib qui lui sans Kurtzmann ou bien d’autres etc... donc l’influence n’est pas un élément rédhibitoire. Juste qu’après la digestion des influences majeures ou souterraines, un artiste va apporter son petit plus.
                              Ou pas.

                              Et ce petit plus certains vont le déceler . Et d’autres pas. Donc quand deux personnes ne sont pas d’accord ça ne veut pas dire qu’il y a une personne qui se trompe et l’autre qui a raison. Pour terminer , vous devez savoir que ne pas être d’accord avec quelqu’un sur un sujet ne veut pas dire non plus qu’on attaque sa philosophie de vie, sa morale ni son intégrité. Donc, peut-être serait-ce sympathique dans un quelconque débat de ne pas renvoyer à la gueule de votre interlocuteur que son premier défaut est de ne pas penser comme vous.

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                      • Répondu par Philippe Gillain le 26 juillet 2010 à  21:23 :

                        Je trouve très pompeux et très loin de la réalité vos commentaires sur la peinture de mon père. En particulier votre commentaire sur le tableau de l’Eglise de Corbion me paraisse tout à fait gratuit.
                        Il serait bien de connaître mieux son sujet avant de donner des opinions aussi péremptoires.

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                        • Répondu par Krestchan le 8 juillet 2013 à  22:14 :

                          Cher Philippe, j’adore les dessins de votre père depuis près 45 ans (j’en ai 57). Je défendrai TOUJOURS son oeuvre. Je suis allé à Draveil, j’ai VU la cave (la crypte) dont l’entrée était protégée par une armoire. Je me suis assis dans les divans, qu’il avait réalisés lui-même, dans le salon. Je suis allé à l’étage et j’ai touché les tableaux rangés verticalement, sur le palier... J’ai VU et c’était magnifique ! J’y pense encore et j’y penserai toujours. Merci à Jijé pour tous ces rêves !! ...Alors, se fermeront mes yeux qui avaient vu !!

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