Décès de Toshio Saeki, maître de l’ "ero guro"

14 janvier 2020 0 commentaire

DÉCÈS. Nous avons appris ce mardi 14 janvier la disparition du dessinateur japonais Toshio Saeki, connu pour ses illustrations mêlant érotisme et horreur. Édité en France par Cornélius et exposé notamment à Paris à la Galerie Arts Factory, cet homme humble et discret avait élaboré une œuvre étrange et fascinante.

Né en 1945 à Miyazaki, au Japon, Toshio Saeki avait percé dès les années 1970 grâce à un style très personnel employé dans un genre existant presque exclusivement au Japon, l’ero guro. Dans de grands dessins à l’encre ou des estampes colorées, il mettait en scène des personnages dans des positions suggestives et aux prises avec des démons. Violence sourde, pointe d’humour et surréalisme léger s’y côtoyaient pour créer le trouble, entre dégoût et fantasme, rejet et attirance.

Décès de Toshio Saeki, maître de l' "ero guro"
Rêve écarlate © Toshio Saeki / Cornélius 2016

Nous vous présentions Toshio Saeki l’été dernier, quelques semaines avant son décès, à l’occasion de la parution de Red Box, suivant celle de Rêve écarlate en 2016 chez Cornélius :

« Outre les personnages et les ambiances, l’étrangeté réside également dans le style de Toshio Saeki. Il emploie une ligne claire et des aplats de couleurs d’une simplicité contrastant vivement avec l’ero guro qu’il cultive. Il mélange une finesse de représentation et la précision de certains détails à des décors presque abstraits voire inexistants. Tout - sujet et graphisme - contribue donc à semer le trouble, faisant osciller la raison : nous savons que ce n’est pas réel, mais un doute subsiste.

En accord avec la législation japonaise, Toshio Saeki ne représente jamais les sexes de ses personnages. La plupart des scènes n’en sont pas moins explicites, mais il évite ainsi la pornographie tout en inventant d’ingénieuses solutions pour faire passer un érotisme qui n’est pas de pacotille. La contrainte sociale et l’imagination de l’artiste s’associent dans ce cas pour créer des images apparemment absurdes, mais qui finalement reflètent une partie des fantasmes de leur auteur et de son pays, voire au-delà. »

Toshio Saeki est décédé le 21 novembre 2019, à l’âge de 74 ans, mais les médias japonais n’en ont été informés par sa famille et ses proches que ce 14 janvier.

FH

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Red Box page 63 © Toshio Saeki / Cornélius 2019

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