Le manga en Afrique : le soft-power japonais supplante la tradition européenne

26 juin 2020 0 commentaire

CULTURE. Si en Afrique, l’importance de la bande dessinée grandit de jour en jours notamment à travers l’édition indépendante, il semblerait que la déferlante du manga n’épargne pas le continent. C’est ce phénomène pour le moins singuliers que décrit le spécialiste de la bande dessinée africaine Christophe Cassiau-Haurie pour Africulture dans un riche article en deux parties.

La prédominance du manga sur le continent africain aboutit au constat suivant : il y a à ce jour en Afrique plus d’éditeurs spécialisés en manga qu’en bande dessinée traditionnelle. Pourtant, cette dernière, issue de l’école franco-belge, a longtemps occupé le devant de la scène, jusqu’à ce que dans les années 1990 la déferlante manga traverse le monde par l’essor notamment des animés.

Ainsi en Afrique de l’Ouest par exemple, des chaînes de TV diffusant des dessins animés en français touchaient largement ce territoire, propageant ainsi une culture manga comparable à celle se développant dans le même temps en Europe.

Ce que cette tendance démontre indéniablement, c’est la réussite du soft-power japonais depuis la fin des années 1980. Aucun continent n’a été épargné par la culture manga, et dans de nombreuses zones géographiques, comme en Afrique ou en France, le manga occupe une place plus ou moins importante.

Mais il est aussi intéressant de noter que dans ces territoires, en Afrique comme en France, cette culture a fini par être absorbée jusqu’à produire des créations locales hybrides se revendiquant du manga. On sait que le manga français a pris ces derniers années un essor considérable, mais on sait moins qu’en Afrique, de nombreux auteurs et éditeurs adoptent eux aussi les codes graphiques nippons comme narratifs.

Le manque de points de vente sur le continent africain est néanmoins un réel frein au développement du 9e art (manga comme bande dessinée traditionnelle) et limite notamment l’exportation de maisons d’édition étrangères sur le territoire, comme le déplore Ahmed Agne, l’un des fondateurs de Ki-Oon dans un article de 2006 pour Jeune Afrique (N°2381), un manager français talentueux lui-même d’origine africaine. Le numérique compense largement, pas nécessairement dans la consultation des sites officiels...

JBDP

En médaillon : La couverture du manga Sardar © Amine Ben Ali.

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