Je crois que "Moulin à fric" tient à se démarquer sciemment de l’ancien lectorat de Tintin et mise tout sur la prochaine production hollywoodienne. Soyons clair, la survie de cette entreprise ne peut résider sur la vente seule des albums de Tintin.
Mais on peut toujours comparer... Je vis à l’étranger. Dans ce pays fut créé aussi une superbe bd, Moumine- largement méconnue en francophonie mais terriblement populaire dans les pays anglo-saxons et au Japon (nb : cette bd reçue le prix du patrimoine cette année à Angoulême)
Il est clair que ce genre d’entreprise est toujours en train de protéger son image. Seule différence, Moumine produit toujours des erzats de l’oeuvre originale (principalement des adaptations de la série d’animation japonaise tirées de l’oeuvre originale). Tout ça est bien sur très, très edulcoré par rapport à l’oeuvre originale. Moomin Characters TM a choisi depuis longtemps la voie de la commercialisation plein-pot.
Mais le public est présent, un parent avec son image empreinte de nostalgie de sa bd d’enfance peut en parler à ses rejetons : il suffit d’allumer la télé et pof ! tous les jours depuis 20 ans cette série tourne en boucle à 18h30.
Alors, d’où vient la "faute" si faute il y a. Non, Hergé malgré les apparences n’était pas humble -c’est le moins que l’on puisse dire...
Tintin est mort et enterré et ne peut vivre que du bouche à oreille, ou sur la force -incontestable- de son graphisme. Moumine et les ayants-droits on choisit une autre voie car Tove Jansonn -la créatrice de la série- délégua depuis longtemps ses pouvoirs ( ce fut son frêre, Lars, qui assuma la continuité de la série). Je veux dire, on parle ici moins de personnages de bd que de profils de chefs d’entreprise.
Bien entendu Moomin Characters TM ne sont pas des anges de compassion, ils ont fait fermer aussi des sites où les auteurs -notamment- avaient remplacé les dialogues de la série animée japonaise par des propos pornographiques et scandaleux. Hilarant ! (Ces 2 lascars sont maintenant 2 profils incontournables de la vie culturelle)
Une disgression sur le thème, Tove Jansonn -peintre, romancière, dessinatrice maudissait le jour où elle créa ce personnage de bd qui lui assura pourtant une vie en dehors de toute contrainte financière. Elle passa le plus clair de sa vie isolée sur une île avec sa compagne.
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Répondu par Sergio Salma le 31 août 2008 à 17:02 :
Je suis tout à fait d’accord avec Alex. Il ne faut pas blâmer les ayant-droits pour une supposée mauvaise gestion. Avec un musée qui s’annonce impressionnant et des projets avec Spielberg notamment, il faut avouer que la barque est bien menée !
On peut être exaspéré ; en réalité, ce ne sont pas nos affaires. Le problème avec Tintin , ou avec tout oeuvre artistique, c’est qu’on y est intimement attachés et qu’on se sent le droit de donner son avis.
Cette volonté de tout contrôler est étonnante, l’action est excessive mais son but je crois est simple ; ils se sont donné un mot d’ordre pour éviter la dérive des images utilisées à tort et à travers. Plutôt que de tolérer certaines utilisations et en interdire d’autres, c’est un blocus total plus facile à gérer malgré le nombre d’interventions.
On reproche aux ayant-droits de risquer de faire tomber Tintin dans l’oubli. Quelle méprise. Un site de passionnés , un livre pointu, une exégèse ...tout cela pourrait continuer à être fait mais ne touchera que quelques centaines de personnes. L’ambition est tout autre : en espérant que les films soient réussis, bien distribués , bien produits, ce sont des millions de personnes qui seront touchées. Cette simple franchise aura un impact mondial.
Sur un site d’amateurs de bandes dessinées, c’est l’oeuvre de bande dessinée qui nous importe. Personnellement je ne voue aucun culte à l’oeuvre. Je la considère comme géniale mais ce qu’elle risque de devenir m’indiffère. On a bien accepté d’avoir des chaussettes et des polos avec toutes sortes de personnages de fiction.
Je pense toutefois que derrière tout ça, il y a aussi une passion ; celle de faire vivre l’univers de Tintin. Evidemment on sera bien loin des pages, des séquences, des albums qui nous ont fait vibrer . Les souvenirs de notre lecture doivent rester intacts mais il faut s’ouvrir à de nouvelles options.
On a aimé des dizaines de films qui à la base étaient des romans. On a purement et simplement oublié le livre qui était pourtant la source, le matériau initial même quand ce livre était réussi et qu’il se suffisait à lui-même.
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